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GRAPHIC LIGHT THEORY - Endless Exodus (2014)
Par HAPLO le 27 Mars 2021          Consultée 596 fois

Il y a des jours… Il y a des jours où les ahuris se surpassent en se regroupant dans un vol faussement léger, mais tragiquement dense, dont le volume leur donne du poids et de l’assurance au point qu’ils se permettent de venir moucheter tes jolies lunettes d’un écran compact de petites crottes filandreuses nées de l’acidité de leurs médiocrités indigestes : nappage qui parvient à obscurcir la journée la plus ensoleillée comme à salir la lumière la plus délectable… sur la forme comme sur le fond, c’est consternant !

Les amis Sean Thompson et Steven Pierce ne font indéniablement pas partie de cette engeance. Les pieds solidement plantés dans leur terre natale de Tacoma (côte nord ouest des US à un pet de mouche de Seattle et deux de Vancouver), les mains cornées à force de manipuler tous leur instruments / tables de mixage et leurs esprits imprégnés des univers musicaux de RUSH, KING’S X, QUEENSRŸCHE (hey, on est tout près de Seattle tout de même !), FATES WARNING et autres KANSAS, ces deux talentueux et besogneux cogneurs du terroir prog-riffé-mélodique ne sont en effet pas de parfaits inconnus.

Le premier n’est autre que le môssieur "un groupe-à-moi-tout-seul" à l’origine et toujours à la manœuvre du très prolifique ODD LOGIC qui compte aujourd’hui huit albums studio et dans lequel il tient presque à lui seul l’ensemble des instruments et la quasi-totalité des voix des personnages qui habitent les concept-stories de ces opus. "Presque", vous avez dit "presque" ? Oui, car la seule exception notable à cette règle intangible semble constituée par le "Effigy" de 2016 qui voit le Maestro enrôler de (bons) zicos du cru qui l’entourent et l’accompagnent pour cette nouvelle aventure conceptuelle basée sur une musique complexe, changeante et très mélodique (chroniquée sur NIME, ben voui !). Parmi ces compagnons, un certain Steven Pierce, guitariste adepte de rythmiques rugueuses et d’ambiances épaisses tout en étant l’heureux propriétaire d’un joli studio d’enregistrement (le SubTrainOnion) avec lequel notre talentueux mentor d’ODD LOGIC a vécu une belle aventure musicale mais qui n’a pas abouti : celle de GRAPHIC LIGHT THEORY.

Car quelques années en arrière, nous sommes alors en 2014, Sean Thompson vient d’achever son faux Live ("If We Were Live") et, comme le révèle cette gentille imposture, doit commencer un tantinet à s’ennuyer seul au sein de son mono-groupe sans scènes. Il intègre alors une formation locale animée par Steven, au style Prog qui rabote dur, ce qui lui permet, tout en restant dans un style proche de celui d’ODD LOGIC, de voir quand même des potes et même de s’éclater en concert ! Le combo se trouve et s’attelle à la composition d’une vingtaine de titres ou la voix mélodique et puissante de Thompson se mêle aux rythmiques tarabiscotées mais sachant rester accrocheuses de Pierce. Les deux hommes copilotent ainsi les arrangements, Pierce utilisant à fond l’immense talent et la sensibilité artistique indéniable de son auguste invité pour créer une musique unique, technique tout en restant sauvagement rentre-dedans, emportant l’auditeur dans un univers profond, dense, où des textes relativement sombres maintiennent une tension à fleur de peau. GRAPHIC LIGHT THEORY est avant tout un produit brut, radical, qui ne se prend pas la tête avec les grandes philosophies mathématico-musicales mais qui pose les choses comme les musiciens les ressentent : simples et directes.

Les mois passant, huit titres semblent émerger, tant au niveau des zicos que de leur public, qui seraient susceptibles d’armer un premier album studio dont rien que le nom nous prépare à un programme chargé en musicalité comme en belles émotions : "Endless Exodus". Une pochette est trouvée, quelques annonces de sortie sont faites çà et là…. Et plouf ! Plus rien. L’ami Thompson retourne dans son mausolée d’ODD LOGIC pour composer et préparer en solo l’album concept multi-personnages "Penny For Your Thoughts" (2016) et du côté de GRAPHIC LIGHT THEORY, la fumée retombe doucement sur un opus qui ne sortira finalement jamais comme prévu. Pas revanchard et sûrement séduit comme je pourrais l’être par la personnalité hors-norme de Thompson, Pierce ira jusqu’à le retrouver sur "Effigy" et les sessions live qui s’ensuivent… "Endless Exodus" dort ainsi paisiblement dans les cartons du studio de Pierce durant un certain nombre d’années jusqu’à l’arrivée d’un mail envoyé par un ridicule et insignifiant petit chroniqueur frenchie utilisant l’ hideux sobriquet de "Haplo" ; ce dernier posant moult questions sur cet album, son existence, sa sortie, son line-up… Bref, c’est un Steven Pierce d’abord intrigué puis amusé, qui se replonge dans ce projet en retrouvant finalement toute son énergie de l’époque, décidant de finaliser son mix et de publier sur Soundcloud puis Bandcamp l’intégralité de l’album d’origine dont la parution était initialement prévue en 2014. Nous sommes alors en novembre 2020 ! GRAPHIC LIGHT THEORY offre enfin sa musique généreuse aux metalleux de l’univers connu et plus loin encore. Le monde est fait de longueurs… comme de raccourcis !

Et que nous servent donc nos kids de Tacoma sur cet "Endless Exodus" reconstruit de ses cendres ? Se sont tout d’abord deux très belles pièces d’ouverture dont les savantes alternances entre des riffs puissants et des séquences d’arpèges ou de nappes claviers sont magnifiées par la voix si charismatique de Sean Thompson : Le compact et doux-amer "Master Of Brutality" ouvre la danse en s’appuyant sur ses rythmiques lourdes là ou "The Renaissance" amorce avec de légers arpèges un joli crescendo aux variations de plus en plus entraînantes… L’escalade culminant avec une boucle hypnotique langoureuse à souhait qui nous fait passer ses dix minutes pour une petite balade de santé. Il semble ainsi indiscutable que l’on ressente une très sincère complicité, une expérience palpable, entre ces musiciens qui nous font goûter les différentes facettes de leur art. Les mélodies à fleur de peau, bridges acrobatiques, accélérations surprises et autres montée en puissance tournoyantes se succèdent avec, à l’image de ce "Discovery" au tempo plus marqué et légèrement syncopé, une appétence à jouer, à donner sans compter et à ne pas hésiter à quitter ponctuellement sa jolie petite zone de confiance…

Mais pour être tout à fait franc, et ceci malgré la puissante accélération qu’offre un "Desert Of The Stars" chargé de feelings ou de la fausse sérénité d’un "Golgatha" où de jolies séquences riffées succèdent à des passages aux résonances très jazzy, "Endless Exodus" ne manque pas de certaines fragilités sans doute inhérentes aux moyens techniques d’enregistrement mis en œuvre (on est loin d’une explosion power-3D à la Jacob Hansen !) comme au niveau d’un projet artistique global pour des titres à la qualité créative inégale. Sans parler grossièrement de remplissage, on peut réellement se poser la question, au vu de la richesse musicale déployée par GRAPHIC LIGHT THEORY, de la présence de titres comme "Set Me Free", morceau un tantinet fouillis sur lequel la voix de Thompson est quelque peu gâchée par l’abus d’effets ou encore du très moyen "Waiting The Tides Of Death" dont la place de clôture indique peut être qu’il aurait fallu s’arrêter avant… Comme dirait mon cher beau-papa pour le bricolage (où il excelle) : le mieux est parfois l’ennemi du bien !

Une mention toute particulière pour ce qui constitue néanmoins à mes yeux la pièce-maîtresse de cet album paru près de six ans après sa composition, avec le très puissant et envoûtant "A Whisper Of Fate" ; titre réellement inspiré dont la rythmique profonde se place en osmose totale avec la voix habitée de Thompson, délivrant une harmonie d’ensemble à faire toucher les étoiles par l’esprit pendant que les pieds s’enfoncent dans la terre comme des racines vivantes pour ne faire plus qu’un avec elle… On frise ici la perfection.

Alimenté par cette belle dose de vie que m’insuffle GRAPHIC LIGHT THEORY au travers d"Endless Exodus" en général et de cette dernière compo en particulier, je m’éloigne le sourire aux lèvres de ce léger nuage d’ahuris nauséabonds qui ne vivent plus que dans mes souvenirs… et la glace de mon rétroviseur… sur laquelle j’ai d’ailleurs dessiné un joli et très mérité 3/5 pour saluer cette sortie inattendue tout en souhaitant qu’on entende reparler de ce surprenant combo un de ces quatre...

- pour l’ouverture punchy et riffée :"Master Of Brutality",
- pour fermer les yeux et s’envoler :"A Whisper Of Fate",
- pour l’ambiance et les variations : "The Renaissance".

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   HAPLO

 
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- Sean Thompson (voix, claviers, arrangements,)
- Steven Pierce (guitares, arrangements, textes, mix & mastering,)
- John Mayhan (basse et co writing,)
- Rene Monjares (batterie.)


1. Masters Of Brutality
2. The Renaissance
3. Desert Of The Stars
4. Golgatha
5. Set Them Free
6. A Whisper Of Fate
7. Discovery
8. Wading The Tides Of Deth



             



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