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SAINT VITUS - Saint Vitus (1984)
Par DARK SCHNEIDER le 27 Octobre 2020          Consultée 680 fois

Le Metal underground dans les années 80, c'est un peu comme le cinéma bis italien. Y a ceux qui essayent de faire comme les grands mais avec beaucoup moins de moyens et de talents, ça donne au mieux des albums artisanaux mais très attachants, au pire des nanars. Et il y a ceux qui ne manquaient pas de talent (du style, de l'originalité), mais, même s'ils avaient eu de grands moyens, leur approche artistique non-consensuelle ne pouvait pas par définition toucher le grand public, ils ne pouvaient être mis entre toutes les mains. Un film de Fulci, avec ses énucléations biens cradingues et autres outrances gore avait de quoi heurter certaines sensibilités, et ce même chez les amateurs d'horreur. Il n'empêche qu'il était souvent génial, car il nimbait ses récits d'une atmosphère fantasmagorique qui les rendaient uniques. Il y a de ça chez tous les précurseurs du Doom Metal, quand le Doom ne s'appelait pas encore Doom.

SAINT VITUS détonne dans le paysage métallique de 1984. Difficile de comprendre qui sont ces hippies de Los Angeles, et où ils veulent en venir musicalement. Leur mixture musicale est improbable : un guitariste qui a trop bouffé du Rock Psychédélique au point de nous vomir de la wah-wah à chaque solo, un chanteur qui semble a priori incapable de la moindre prouesse, et surtout une section rythmique d'une rare lourdeur, étrangement proche de ce que faisait un BLACK FLAG à la même époque, qui pourtant jouait dans la cour du Punk Hardcore (mais c'étaient des potes, Dez Cadena participant même à certains chœurs sur ce premier essai). Mais les deux groupes avaient une influence commune : BLACK SABBATH.

Il n'aura pas échappé aux connaisseurs de l'institution britannique qu'un morceau intitulé "Saint Vitus Dance" figure sur l'album "Vol 4". Et c'est bien de là que tire son nom le combo californien, initialement baptisé d'un patronyme un peu trop banal, TYRANT (faut-il y voir une inspiration JUDAS PRIESTienne ?). S'agit-il donc d'un simple pastiche des géniteurs du Heavy ? WITCHFINDER GENERAL nous avait déjà fait le coup, pas sûr qu'il y avait la place pour un autre. Fort heureusement, non.

Damant le pion à un ancestral PENTAGRAM qui peinait à trouver le chemin du studio, SAINT VITUS est finalement le premier des grands du Doom américain à dégainer. La pochette noir de jais, se contentant de faire figurer le logo du groupe (bien foutu par ailleurs) se veut loin d'être tape à l'œil mais sa sobriété suscite finalement tout autant la curiosité. Le contenu peut paraitre famélique avec ses cinq titres, cependant avec une durée de trente-cinq minutes on se doute bien qu'il va y avoir de longs morceaux, ce qui n'est, cela dit, pas le cas des deux premiers titres qui demeurent tout à fait raisonnables dans leur durée. Si le titre éponyme nous accueille avec une trille démoniaque, si le son est d'une lourdeur mammouthesque, plus que ne l'a jamais été BLACK SABBATH, les tempos démentent le raccourci habituel qui veut que Doom = lent. Bien loin de jouer la carte d'une musique plaintive et désespérée (ce qu'ils auront cependant tendance à faire quelques années plus tard), SAINT VITUS se complait d'abord à raconter des histoires fantastiques et lugubres. Les titres des morceaux ne mentent pas. On raconte la vie légendaire d'un Saint, ce qui permet de causer du divin, on parle de magie noire... Le contenu littéraire est tout ce qu'il y a de plus pulp en fait.

Néanmoins, SAINT VITUS se montre plus inquiétant sur "Zombie Hunger". Les paroles prennent alors toute leur dimension grâce à l'usage de la première personne : en prenant le point de vue d'un zombie, nos gars vont plus loin narrativement que les cinéastes italiens amateur de chair mortes-vivantes. Scott Reagers s'avère finalement être un grand conteur, avec sa voix proche de celle d'Ozzy mais sans jamais se montrer rugueux comme celui-ci pouvait l'être parfois (et comme le sera plus tard un certain Wino). Il sert en tout cas totalement le récit. "Zombie Hunger" est un modèle du genre. C'est à partir de ce titre que les morceaux se rallongent, que les tempos ralentissent. "The Psychopath" et ses 9 min 30 de Doom crépusculaire, se veut encore plus impressionnant. Guitare et basse vrombissent, les soli insaisissables et bourrés de wah accentuent la folie de l'ensemble. Et l'album ne cède rien lorsqu'on arrive sur le titre final, "Burial At Sea" et son récit d'horreur maritime. C'est simple, plus l'album progresse, plus il se fait sombre, inquiétant, dérangeant. C'est un voyage, mais un voyage vers un abysse sans fond. N'espérez pas voir la lumière au bout du chemin.

C'est un sans-faute pour SAINT VITUS qui accouche d'une oeuvre totalement originale même si tout cela ne part pas de rien. Cinq titres d'un Doom que l'on qualifiera rétrospectivement de traditionnel, mais qui a toujours autant de personnalité plusieurs décennies plus tard. Car SAINT VITUS était dès ses débuts à part, hors du temps, atemporel. Alors qu'à la même époque un BLACK SABBATH se rapprochait des standards du Heavy contemporain. Et au final, l'album n'a pas pris une ride.

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- Scott Reagers (chant)
- Dave Chandler (guitares)
- Mark Adams (basse)
- Armando Acosta (batterie)


1. Saint Vitus
2. White Magic/black Magic
3. Zombie Hunger
4. The Psychopath
5. Burial At Sea



             



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