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ROCK (HARD) FM  |  STUDIO

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1982 Asia
 

1982 Asia
1983 Alpha
1985 Astra
1986 Aurora
1990 Then & Now
1992 Aqua
1994 Aria
1996 Arena
  Archiva
1999 Rare
2000 Aura
2004 Silent Nation
2007 Extended Versions
  Fantasia
  Fantasia Live In Tokyo (...
2008 Phoenix
2010 Omega
  Spirit Of The Night
2011 The Omega Tour Live
2012 Xxx
  Resonance
2014 Gravitas
  High Voltage Live
2015 Axis Xxx Live
 

- Style : Toto, Touch
- Membre : Ac/dc, Megadeth, Psycho Motel, Joe Satriani, Savatage, Sons Of Apollo, Trans-siberian Orchestra, Unisonic, Uriah Heep, Steven Wilson, Wishbone Ash, Meat Loaf, Krokus, Alice Cooper, Bumblefoot, Cobra, Danger Danger, Emerson, Lake & Palmer, The Firm, Gotthard, Guns N' Roses, Hughes/thrall, King Crimson
- Style + Membre : Yoso

ASIA - Asia (1982)
Par DARK BEAGLE le 14 Juillet 2020          Consultée 1275 fois

Nous avons tous nos préférences un peu honteuses. Celles qui font rire notre entourage quand nous leur en parlons ou – pire – quand il le découvre de lui-même. Je l’avoue, j’ai un gros faible pour la série "Supernatural" et je l’assume parfaitement. Les frères Winchester, je les kiffe. Puis il y a une bande-son d’enfer, avec plein de références à KANSAS, AC/DC, UFO, LED ZEPPELIN, BLUE ÖYSTER CULT. Bref, pour l’amateur de Classic Rock que je suis, c’est nickel. Puis surtout, cette série a eu le mérite de me rappeler l’existence d’ASIA, au détour d’un épisode inspiré d’Un Jour Sans Fin, où Sam devait assister, impuissant, à la mort de son frère Dean tous les jours. Et chaque journée commençait par "Heat Of The Moment", tiré de ce premier album d’ASIA.

ASIA, ce n’est pas un groupe honteux, du moins pas sur ses premiers efforts. La formation était alors composée de musiciens talentueux, ayant largement fait leurs preuves durant les années 70. À la basse et au chant, nous retrouvons l’ex URIAH HEEP John Wetton, qui avait également fait une pige remarquée au sein de WISHBONE ASH au début des années 80. C’est Steve Howe de YES qui est à la guitare, le clavier est tenu par Geoff Downes qui s’est fait connaître avec The BUGGLES et chez YES, en prenant la suite de Rick Wakeman (rien que ça !). Et à la batterie, nous retrouvons avec plaisir Carl Palmer de EMERSON, LAKE & PALMER. Bref, pas mal de légendes du Rock Progressif anglais des années 70.

Or, ce genre n’est plus à la mode et difficile de se dire que ces quatre musiciens vont nous balancer un disque dans le style en forme de suicide commercial. ASIA, c’est du Rock FM, avec quelques petites tendances Hard Rock, quand Howe se lâche sur les soli. Nous sommes en 1982 et les temps ne sont pas à la complexité, et cela les musiciens l’ont très bien compris. ASIA est très axé sur les synthétiseurs, qui prennent une grande place dans la construction ("Only Time Will Tell", en forme de trompettes synthétiques), mais qui sont subtilement accompagnés par Howe, qui trouve tout de même de la place pour s’exprimer (l’ego des guitaristes, etc…).

L’erreur la plus commune face à ce premier album est de penser qu’il s’agisse d’une vieille Pop délavée, destinée à être matraquée en radio. Sans le succès surprise de "Heat Of The Moment", ASIA aurait très certainement connu un succès très mineur et son histoire aurait pu être différente – moins de batailles d’ego, comme nous le verrons par la suite – et certainement moins critiquée. ASIA, comme cela a déjà été mentionné, c’est du Rock FM qui a de la gueule. Avec les musiciens qui composent le groupe, le contraire aurait été très étonnant. Mais surtout, c’est loin d’être facile, l’ensemble est bien plus subtil qu’il n’y paraît.

Déjà, le jeu de batterie de Palmer est loin d’être minimaliste, malgré ce qui devenait le standard de l’époque dans le genre après l’exubérance rythmique des années 70. Carl joue avec finesse, mais il remplit très bien l’espace sonore qui lui est alloué avec des patterns bien construits, mais qui sont loin d’être de la démonstration à l’état pur. Les années EMERSON LAKE & PALMER sont loin derrière lui et s’il s’adapte à son époque, il ne tait pas sa technique pour autant et propose donc des parties de batterie plus riches qu’il n’y paraît.

C’est pareil pour Howe, qui est en arrière-plan par rapport aux claviers de Downes. Pourtant, l’ancien guitariste de YES se fait beaucoup remarquer, avec des interventions pertinentes, des soli qui jaillissent d’on ne sait où et qui sont fluides, loin d’une quelconque démonstration. Pourtant, il a son jeu, bien présent, lié aux synthés, soigneusement mêlé à celui-ci, comme un mariage contre-nature pour certains, mais tellement efficace, et beau ici. Son travail de fond est appréciable et certains morceaux gagnent en puissance, comme ce "Sole Survivor" incandescent.

Après, c’est du pain béni pour Wetton qui n’a plus qu’à poser son chant et ses mélodies vocales avec soin, se faisant moins agressif qu’il ne l’a été par le passé, mais toujours capable de balancer des refrains solides, qui font mouche. C’est ici, que se joue l’apparente facilité de l’album : les chœurs et les refrains sont souvent bien acidulés et fonctionnent très bien en la matière. Sans tout à fait être du QUEEN seconde période, il y a quelque chose de similaire dans l’approche, la grandiloquence propre à Freddie Mercury en moins.

Et cela permet au groupe de tenir un langage plutôt franc. Certes, il y a des ballades, mais franchement, "Without You" et "Here Comes The Feeling" ne sont pas non plus honteuses. Elles se fondent très bien parmi les autres compositions propulsées par des claviers héroïques qui délivrent des mélodies qui font mouche. Le reste, c’est un travail d’équilibriste entre les autres musiciens. Et franchement, des morceaux comme "Sole Survivor" ou "Only Time Will Tell" et toute son emphase font leur job avec ce qu’il faut de talent pour être parfaitement mémorable.

Mais ASIA, c’est également un logo très connu et un style graphique très marqué, signé Roger Dean, qui aura bossé avec GUN et surtout avec YES. Il y a une espèce de filiation donc entre ces deux formations, allant des musiciens à un esprit graphique que l’on retrouve, plus dans une idée asiatique avec ce dragon marin, mais qui vieillit un peu mal dans ce contexte. Là, ça sent littéralement les années 80, jusqu’au pastel des couleurs. Et ce qui nous ramène au véritable point faible de ce disque : ça a abominablement vieilli, au point où aujourd’hui, ça semble bien kitsch. Bien sûr, si ce disque a été connu à sa sortie, il conserve une véritable aura, il est toujours aussi plaisant. Mais pour quelqu’un qui découvre le groupe de nos jours avec ce disque, la pilule est plus difficile à avaler. Témoin malheureux, ce "One Step Closer" aux claviers définitivement ancrés dans une époque sans espoir de rédemption.

Il n’empêche, la plupart des musiciens évoluant sur ce premier album ont été des légendes lors des années 70 où cet honneur leur a échappé de très peu. L’espace d’un album, ils se propulsent tous au Panthéon des stars du Rock en offrant un disque aux allures de classique d’une scène en pleine mutation, tournant le dos à la folie des années 70. À présent, tout doit être plus direct, tout devait être plus simple. Et pour des types qui venaient de formations complexes, l’exploit n’est pas des plus minces ; ils se sont adaptés à l’air du temps et la facilité avec laquelle ils y sont parvenus est presque écœurante ! La naissance d’un grand aux chevilles d’argile…

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   DARK BEAGLE

 
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- John Wetton (chant, basse)
- Steve Howe (guitare, chant)
- Carl Palmer (batterie)
- Geoff Downes (claviers, chant)


1. Heart Of The Moment
2. Only Time Will Tell
3. Sole Survivor
4. One Step Closer
5. Time Again
6. Wildest Dreams
7. Without You
8. Cutting In Fine
9. Here Comes The Feeling



             



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