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TEMPLE OF VOID - The World That Was (2020)
Par MEFISTO le 17 Juin 2020          Consultée 1013 fois

Je l'écris ad nauseam à qui veut bien le lire : il est ardu de se tailler une part du lion au XXIème siècle, tellement on a l'impression que le même film ne cesse de jouer en boucle ! Ce cruel constat nous frappe de plein fouet, même si on a un talent fou comme TEMPLE OF VOID. On dirait que l'offre a largement dépassé la demande, soit la capacité pour les amateurs de gérer le bassin impressionnant de sorties de qualité procréées par nos chers artistes métalliques. Est-ce la montée en flèche des médias numériques, est-ce le star système qui a entraîné une telle vague de fécondité ?

Perdons-nous en conjectures, c'est ainsi que nous évoluons, paraît-il…

Nous sommes en 2020 et le Death/Doom a déjà ses pointures, comme ASPHYX, HOODED MENACE et les défunts EYE OF SOLITUDE. Il possède aussi ses étiquettes, ses standards : de la lourdeur, un climat opprimant voire dépressif, des riffs accrocheurs et boueux, une voix d'outre-tombe et des rythmiques lentes, au mieux mid-tempo. Le reste, comme les nappes de synthé, les soli, les accélérations, les bidouillages, bref tout ce qui contribue à différencier les Américains de TEMPLE OF VOID du lot des croque-morts de formation classique, est de la crème fouettée à disposer sur le gâteau selon votre inspiration et vos goûts.

Chez TEMPLE OF VOID, dont "The World That Was" est le troisième album depuis 2013, ce crémage est onctueux, sucré, pétillant, épicé, et généreusement étalé sur un gâteau respectant et haussant les standards d'un bon Death/Doom rendant accro.

Les Jordaniens de BILOCATE m'ont foutu une sacrée claque, il y a plusieurs années, avec leur formule misant sur des guitares mélodiques et un synthé brumeux. Plusieurs printemps plus tard, TEMPLE OF VOID me happe de plein fouet grâce à son style irrévérencieux, ses idées géniales et ses bizarreries, sa pesanteur, ses cordes aussi colorées que pétrolifères, ainsi que son gueulard impérial, Michael Erdody, dont la prise de libertés correspond à la teneur en risques absorbée par ses comparses zicos. Écoutez simplement "Self-Schism" et si vous n'êtes pas conquis, rien n'y fera… Bon, "Casket Of Shame" alors ? Putain, ça vibre dans les entrailles…

Si les deux premiers efforts du quintette, "Of Terror And The Supernatural" et "Lords Of Death", ont rapidement prouvé qu'on devait s'attendre à un truc distinct, malgré une fois encore le respect des standards évoqués plus haut, "The World That Was" pousse la note à un autre niveau. Moins violent, plus aéré et dépravé que ses deux grands frères, ce troisième rejeton prend tout son temps – sur trente-six minutes et six titres, dont une courte instru' – pour enfoncer la lame empoisonnée. Les Américains se foutent des conventions et lorgnent vers une douce folie, qui confère à leur Death/Doom une once de psychédélisme qui s'imprègne fortement dans le cortex… Et demeure ancrée dans la stupeur la plus traîtresse.

Si on devait retenir une seule info de cette chro, extirpée de l'ADN pestilentiel de TEMPLE OF VOID, c'est celle-là : la surprise, pimentée de feux d'artifice disséminés ici et là, entre les grattes mastodontiques, les samples de nigaud et les hurlements d'outre-tombe… Pour comprendre d'où viennent ces éléments dérangeants et amusants ("Leave The Light Behind" en est bourré), il faut fouiller du côté des curriculums des membres, dont celui du chanteur, guitariste du non moins fucké roquet ACID WITCH…

TEMPLE OF VOID n'a donc pas froid aux yeux pour nous chauffer les oreilles de ses expérimentations. Il a compris que le Death est vieux et a besoin de renouveau, il a saisi que le Doom se déguise trop souvent en limace et a décidé de l'électrifier ! Le résultat est une bouillabaisse qui régale malgré les nombreux et provocants changements à la recette de base. Les puristes devront se décoincer (ou se contenter des plus bas du front "A Beast Among Us" et la clôture "The World That Was"), au grand plaisir des pourfendeurs de surplace…

Ouverture d'esprit et envie maladive de groover se trouveront aux deux premiers échelons de votre liste de pré-requis au moment d'écouter "The World That Was". Les initiés jureront que les Américains ont trop forcé sur le crack, après deux premiers albums plus facilement assimilables, et les néophytes applaudiront (peut-être) cette demi-douzaine de perles noires à se coller le plus près possible de la gorge.

Une curiosité qui appelle à davantage de libertés, car comme le clamait Wallace, on devient dépendant de cette chance d'accomplir de grandes choses pour renverser l'ordre établi… Jamais on ne voudra s'en départir.

Podium : (or) "Self-Schism", (argent) "Casket Of Shame", (bronze) "The World That Was".

Indice de violence : 3/5.

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- Brent Satterly (basse)
- Jason Pearce (batterie)
- Alex Awn (guitare, synthé)
- Mike Erdody (chant)
- Don Durr (guitare)


1. A Beast Among Us
2. Self-schism
3. A Single Obolus
4. Leave The Light Behind
5. Casket Of Shame
6. The World That Was



             



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