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ROCK PROGRESSIF  |  COFFRET

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1995 The Final Experiment
1996 Actual Fantasy
1998 Into The Electric Cas...
2000 Universal Migrator (v...
2013 The Theory Of Everyth...
2016 The Theatre Equation
2017 The Source
2020 Electric Castle Live And...
 

- Style : Universal Mind Project, The Chronicles Project, Melted Space
- Membre : Vuur, Gorefest, The 11th Hour , Hail Of Bullets, Demiurg, Guilt Machine, Ambeon, Vengeance, Anthony, Stream Of Passion, Bodine
- Style + Membre : Arjen Anthony Lucassen , The Gentle Storm , Arjen Anthony Lucassen's Star One
 

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AYREON - Into The Electric Castle And Other Tales (2020)
Par JEFF KANJI le 21 Mai 2020          Consultée 927 fois

Les concerts donnés au Poppodium de Tillburg pour le "Best Of Ayreon Live" ont été un succès éclatant, couronné par une sortie audio et vidéo qui aura permis de combler ceux qui, comme moi, se sont retrouvés démunis des rares sésames. "Best Of Ayreon Live" aura été l'une des sorties les plus remarquées de 2018 : show lumières soigné, performance vocale et musicale au top du top, setlist unique et magistrale. Que dire de plus ?
Il apparaît évident que cette pleine réussite allait donner des idées à Joost Van Den Broek et même à l'éminence grise Arjen Lucassen. Avec le vingtième anniversaire du culte "Into The Electric Castle" en perspective (remixé par Arjen et désormais accessible en 5.1), il n'a pas fallu attendre longtemps avant que l'idée de porter cette histoire à la scène fasse son chemin.

Il faut dire qu'avec un Fish disponible, les choses se sont vite enchaînées et il était important de réunir un maximum du casting original ; ce qui est le cas à peu de choses près ! En effet, Edwin Balogh, peu actif depuis sa participation à l'album et métamorphosé (il avait le menton glabre et les cheveux très longs), George Oosthoek sont présents, et les autres protagonistes sont des pièces essentielles du collectif. Les deux membres de WITHIN TEMPTATION étant en tournée, c'est Simone Simons qui endosse avec brio le rôle de l'Indienne, pendant que Mark Jansen vient compléter un duo de Mort redoutablement efficace. Si le barbare originel, que l'on avait pu voir et entendre sur le "Best Of Ayreon Live" n'est pas de la partie, c'est un barbare en chair et en os qui investit le rôle avec John Jaycee Cuijpers, qui lui aussi est en train de se faire une belle place médiatique (il est le vocaliste de PRAYING MANTIS depuis 2014), après avoir remplacé un Russell Allen finalement indisponible pour les shows de 2017. Sa popularité auprès des fans parle pour lui en tout cas.

Mais que dire d'Arjen, le Hippie ? Il est celui qui reçoit le plus d'acclamations avec Anneke Van Giersbergen et bien sûr Fish, dont l'entrée en scène vous submerge. Arjen, qui était son cinquième choix pour ce rôle (il a successivement demandé ou échoué à obtenir les participations de Donovan, Ian Anderson, Steven Wilson et le fameux Mouse), rôle qu'il a enregistré intégralement en une soirée. Le voir surmonter son anxiété et assumer le rôle en costume rose, allongé sur des coussins avec une chicha ça n'a pas de prix ! Inutile d'épiloguer sur les prestations de chacun des vocalistes qui sont diablement à la hauteur de l'évènement (et là pour le coup j'y étais, je peux en attester, même si la prestation filmée retenue fut celle du dernier show), en particulier Edwin Balogh et Edward Reekers dont la chaleur des timbres joue énormément dans le rendu organique nécessaire à une telle entreprise.

Car oui, là où en 2017 AYREON a proposé un show Metal où la liberté d'arrangement a permis ce rendu percutant et homogène, "Into The Electric Castle" avec ses nombreux passages dépourvus de batterie, de rythmiques saturées, exigeait un orchestre remanié. Ben Mathot prend désormais les devants, rejoint par le flûtiste de FOCUS – Thijs Van Leer – déjà présent sur l'enregistrement original, et apportant les touches JETHRO TULL chères à Arjen. Et le solide Ferry Duijsens est épaulé par DEUX autres six-cordistes ; Samuel Singor (KAYAK) qui a su s'approprier le jeu lead d'Arjen tout en restant lui-même (il recevra même dans les bonus les félicitations de Fish, qui a vu nombre de très bons guitaristes échouer sur le solo légendaire de Steve Rothery sur "Kayleigh"), ainsi que de Bob Wijtsma, l'émérite compositeur d'EX LIBRIS, qui se charge en sus des parties de mandoline.

Et il n'est pas le seul membre d'EX LIBRIS, puisque Dianne Van Giersbergen vient constituer un trio de charme avec l'inamovible Marcela Bovio (pourtant souffrante, on lui aura diagnostiqué un cancer de l'utérus quelques mois plus tard, bon rétablissement à elle !!!) et la recrue Jan Willem Ketelaers, pas un total inconnu pour l'équipe puisqu'il était la doublure de James Labrie sur les représentations de "The Theater Equation". Les arrangements vocaux, un peu plus riches que les originaux (chantés par la plupart par les interprètes principaux) supervisés par Marcela Bovio sont un succès, contribuant à un rendu global effectivement très nuancé, qui respecte les équilibres et les contrastes de l'œuvre originale. Sur place c'était même encore plus bluffant, renforçant le sentiment d'immersion.

Mais voilà, regarder ce show et y assister sont deux expériences TRÈS différentes. Après je me dis qu'une installation en 5.1 avec un volume sonore plus conséquent aident sûrement, mais je n'ai pu bénéficier que de la stéréo 2.0 de mes Bose et mon bon vieux Denon fatigué mais robuste. Ce qui m'amène directement à parler du bonus conséquent de cette expérience live. Trouvant que proposer "Into the Electric Castle" seul serait un poil insuffisant, c'est à un rappel de quarante-cinq minutes, introduit par Michael Mills que nous sommes invités.

Et chacun des projets d'Arjen va avoir droit à un titre. Et c'est l'excellent "Shores Of India" qui ouvre le bal avec une Anneke fort à son aise, puisqu'à l'exception de Jord Otto, c'est le line-up de VUUR au complet qui l'accompagne derrière ! Un morceau fort où une Anneke rayonnante se montre beaucoup plus charmante et intense que lors du "Best Of Ayreon Live". Ensuite c'est une très belle surprise avec le "Ashes" d'AMBEON, qui va comme un gant à Simone Simons (Arjen a essayé d'obtenir la venue d'Astrid Van Der Veen, en vain), et où les guitares plombées font leur effet. "Out In The Real World" rend forcément un peu nostalgique puisqu'il permet de retrouver Marcela Bovio en frontwoman, comme au temps de STREAM OF PASSION, un hymne dont le refrain est ultra entêtant. On pourrait parler aussi de Damian Wilson, en armure de plate et côte de mailles (empruntées au Royal Theater), qui ici s'approprie en tunique salie le "Twisted Coil" de GUILT MACHINE avec brio ; ce titre aux arrangements des plus sophistiqués est un véritable tour de force live, en particulier pour les musiciens. Et que dire de "Kayleigh" ? Quand il a été proposé à Fish de chanter un titre à lui pour compenser son peu de temps de présence au sein de l'histoire, il aurait répondu : "oui, du moment que ce n'est pas "Kayleigh" ! Il aurait évoqué "Incommunicado", qui en y pensant aurait été un choix tout aussi excellent. Fish tue son auditoire sur place ; il n'a plus sa voix des eighties, mais son charisme et sa façon de conter plus qu'il ne chante ses chansons est une expérience inoubliable. Et quel bonheur de voir Arjen sur scène interpréter "Pink Beatles In A Purple Zeppelin" et péter ces ballons géants qui circulent dans le public et sur scène : un moment de fraîcheur parfait avant de conclure avec l'hymne "Songs Of The Ocean" de STAR ONE, pour lequel Robert Soeterboek s'est fabriqué son propre costume de spationaute ! La liesse est totale, tout le monde est sur scène, devant l'immense Château Électrique construit pour l'évènement, et dont les tours et la plateforme sont très bien utilisés par la mise en scène (la mort de l'Indienne notamment).

Ce qui m'amène à parler de John de Lancie. Le célèbre Q de Star Trek ou Donald Margolis dans Breaking Bad (Anneke peut se vanter auprès de son fils de collaborer avec une telle légende) possède un tel charisme que l'évocation de ses remerciements fait encore pleurer Arjen… Il a réécrit en partie les narrations de Peter Daltrey et changé le caractère détaché du personnage pour lui donner une personnalité plus incisive, et si cette théâtralité exacerbée peut perturber, elle joue au final en faveur de John de Lancie qui devient le narrateur le plus crédible (il faut dire qu'il a de l'expérience dans le domaine, ayant déjà œuvré dans ce rôle pour des orchestres de renommée mondiale). Mais là encore, je dois dire que c'était encore plus impressionnant en direct, et que même si le fameux "You have a task: to release yourselves from this Web of Wisdom, this knotted Maze of Delirium, you must enter the nuclear portals of the Electric Castle!" vous filera encore de sacrés frissons.

Mon expérience live et vidéo me procure des émotions aux antipodes : en live, l'immersion dans "Into The Electric Castle" était telle que j'en frissonnais quasi toutes les deux minutes ; je ressentais les variations avec intensité (la lente et rampante mélopée étouffante de "The Tower Of Hope", les synthés plaintifs et stellaires de "Another Time, Another Space", le face-à-face avec la porte-miroir d'Arjen sur "The Mirror Maze"…) et les rappels étaient sympa sans être ouf (à l'exception du trio final "Kayleigh"-"Pink Beatles…"-"Songs Of The Ocean"). En vidéo ça me ferait presque l'inverse. En effet, on retrouve sur les rappels cette matière sonore et ces sensations que j'ai eu en visionnant "Best Of Ayreon Live". Le mix d'Arjen Lucassen est peut-être un poil gentil, je ne sais pas, mais je ne retrouve pas comme je le disais plus haut ce sentiment d'immersion.

Autre critique que je ferai, et qu'on avait déjà fait au "Theater Equation", c'est le rendu vidéo. Les lumières bavent trop souvent, captent mal le rendu des écrans vidéo, et le montage, parfois assez rapide et peu varié ne rend pas assez justice aux visuels, notamment ceux de l'horizon derrière le Château qui aidaient vraiment à donner la sensation d'être ici devant les deux portails, là dans le jardin des émotions. Après cela donne des plans resserrés forcément sympa sur les artistes, musiciens et chanteurs bien sûr, mais je dois hélas admettre que, malgré un packaging somptueux, façon vieux grimoire fini à la dorure, le produit ne paraît aussi somptueux que "Best Of Ayreon Live" même si on est sur de la bonne came. Je pourrais ajouter que même si les bonus sont copieux, le "Behind The Scenes" reprend de larges pans de l'interview donnée par Arjen Et Joost, ce qui donne un peu l'impression de voir deux fois la même chose, donc un conseil, ne faites pas comme moi et regardez le "Behind The Scenes" en premier, ce qui vous permettra d'apprécier toutes les interventions des acteurs de l'évènement et des coulisses du résultat final, qui reste un très beau produit, mais pas aussi parfait que je l'espérais.

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   JEFF KANJI

 
  N/A



- Fish (highlander)
- Simone Simons (indian)
- Damian Wilson (knight)
- Edwin Balogh (roman)
- Anneke Van Giersbergen (egyptian)
- John Jaycee Cuijpers (barbarian)
- Arjen Lucassen (hippie, guitare sur cd-2 13)
- Edward Reekers (chant)
- George Oosthoek (death)
- Mark Jansen (death)
- -
- Robert Soeterboek (chant sur cd-2 13)
- Marcela Bovio (chant, chœurs)
- Dianne Van Giersbergen (chœurs)
- Jan Willem Ketelaers (chœurs)
- Michael Mills (présentation)
- Ed Warby (batterie, chant)
- Johan Van Stratum (basse)
- Marcel Singor (guitare lead)
- Ferry Duijsens (guitare)
- Bob Wijtsma (guitare, mandoline)
- Joost Van Den Broek (claviers)
- Ben Mathot (violon)
- Jurriaan Westerveld (violoncelle)
- Thijs Van Leer (flûte)
- -
- Robby Valentine (piano sur cd2 1-2)


- Cd 1
- Electric Castle
1. Welcome To The New Dimension
2. Isis And Osiris
3. Amazing Flight
4. Time Beyond Time
5. The Decision Tree (we're Alive)
6. Tunnel Of Light
7. Across The Rainbow Bridge
8. The Garden Of Emotions
9. Valley Of The Queens
10. The Castle Hall
11. Tower Of Hope
12. Cosmic Fusion

- Cd 2
1. Robby Valentine
2. The Mirror Maze
3. Evil Devolution
4. The Two Gates
5. Forever Of The Stars
6. Another Time, Another Space
- other Tales
7. Shores Of India (cover The Gentle Storm)
8. Ashes (cover Ambeon)
9. Out In The Real World (cover Stream Of Passion)
10. Twisted Coil (cover Guilt Machine)
11. Kayleigh (cover Marillion)
12. Pink Beatles In A Purple Zeppelin (cover Arjen A.
13. Songs Of The Ocean (cover Star One)

- Blu-ray
1. Electric Castle Live And Other Tales
2. Behind The Scenes
3. Interviews



             



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