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- Style : Avandra, Lost In Thought

HEMINA - Night Echoes (2019)
Par HAPLO le 17 Février 2020          Consultée 563 fois

En débutant cette chronique sur le dernier album studio d’HEMINA, formation de Metal Prog native de Sydney, le doute m’effleure quant au risque grandissant de me faire étiqueter comme pseudo spécialiste des groupes tant exotiques qu’improbables venus d’Australie…
Car après m’être attaqué aux offrandes musicales de The BUTTERFLY EFFECT, de TERAMAZE ou encore de KARNIVOOL, me voilà aujourd’hui aux prises avec la livraison 2019, toute chaude sortie du four, du gang musical mené par l’éclectique guitariste-chanteur et claviériste Mister Douglas Skene, également connu comme guitariste-second vocaliste au sein du groupe local ANUBIS.
Or, HEMINA se distingue de ses honorables confrères tant par son histoire que par sa musique. Œuvrant depuis 2009-2010 tout en étant armée d’un line-up relativement stable, cette formation se situe assez loin des terres arides du Pop/Rock/Metal alternatif ou même du Prog survitaminé enrichi à la chantilly rythmique proposés respectivement par les groupes cités plus haut.

Traçant tranquillement sa petite route dans le bush, HEMINA enquille sereinement, mais avec une grande régularité les sorties studios qui amènent ses membres à grimper petit à petit la douce pente de la notoriété : "Synthetic" en 2011, suivi de "Nebulae" en 2014 puis finalement de "Venus" en 2016 qui leur permettra de s’exporter sur le vieux continent ; le tout agrémenté de moult singles jalonnant ce joli parcours… Et depuis sa création, le combo propose un Metal Progressif mélodique correctement rythmé aux structures mouvantes et variées, le tout agrémenté de refrains se voulant fédérateurs où la voix principale est généralement accompagnées de chœurs… Pas de quoi effrayer un gentil metalleux en recherche de nouvelles expériences donc…
En outre, les neuf titres composant "Night Echoes" s’attellent également à nous faire suivre l’histoire d’un jeune homme grandissant et devant vivre, hanté par la perte de son père qui s’est malheureusement suicidé : HEMINA ambitionne donc d’ajouter du sens à sa musique, sans pour autant nous claquer un concept-album vertigineux où des extra-terrestres rendus fous par les rayons cosmiques ravagent l’univers au nom du Dieu Chien… Du concret, du simple et de l’humain.

Nous tenons donc sur le papier un opus potentiellement sympathique, livré par un groupe amené à être connu, lui-même mené et inspiré par un personnage multi-instrumentiste, compositeur/arrangeur apparemment talentueux… Sans parler de remporter l’euromillion, cette formule peut laisser espérer le meilleur ! Oui mais voilà, plouf dans l'eau !

Plouf parce qu’HEMINA ne choisit au final pas son camp : pris entre les méandres d’un Power Prog énergique où les riffs puissants sont entrecoupés de soli et où les refrains se voulant catchy sont soutenus par des chœurs enjoués (mais pas toujours inspirés) d’une part, et des relents de Pop Rock AOR qui nous replongent dans la variété Prog lissée/à paillettes des années 70/80, les compos ne cessent d’osciller entre ces deux influences difficilement miscibles et créent ainsi un perpétuel déséquilibre qui rend l’écoute plus qu’incertaine quand elle ne devient pas difficile,

Plouf parce que bien que sympathique et capable de belles variations, la voix de l’ami Skene me semble manquer un tantinet de profondeur/d’accroche et, dans le registre choisi qui est celui de l’émotion, ne parvient que difficilement à plonger l’auditeur dans l’histoire et l’atmosphère qu’aimerait déployer "Night Echoes".

Plouf enfin car l’album semble manquer significativement de rythme avec des titres qui auraient peut être mérités d’être mieux ordonnés au lieu de donner l’impression d’être placés au fil de l’eau comme une palette de couleurs qu’on étale sans réfléchir, mais dont la succession hasardeuse laisse planer un léger mais persistant sentiment de brouillon.

"Night Echoes" s’écoule donc de manière assez linéaire, et, malgré le degré de maîtrise certain des musiciens, avec des morceaux qui manquent globalement de relief comme de cachet, ce qui aurait peut être pu atténuer les ploufs précédents. Ayant trop de respect pour la somme de travail que représente la composition puis l’enregistrement d’un album, je me contenterai seulement ici d’évoquer le surprenant et insipide "One Short" qui n’a selon moi pas vraiment sa place sur un quatrième opus studio, le copié-collé TOTOesque "Nostalgia" ou encore l’anecdotique "Everything Unsaid" aussi court qu’inutile…

Le reste des compos oscille entre le moyen et le moyen-pas-trop-mauvais, ceci malgré des efforts certains tant au niveau de lignes rythmiques pas trop mal pensées ("In Technicolor") que des nombreux soli, forts recommandables d’ailleurs, qui parsèment les titres (jusqu’à trois sur un seul morceau !) : on sent que Mister Skene s’est fait plaisir… Mais quid de l’auditeur ?
Étant d’un irrécupérable optimisme musical, j’irai même jusqu’à recommander l’écoute aux plus aventureux d’entre vous, ô chers lecteurs, des deux titres d’ouverture "The Only Way" puis "What's The Catch?" qui, s'ils n’entreront pas dans les morceaux retenus pour la prochaine exploration spatiale et les témoignages audio transmis aux aliens par l’Humanité, pourront néanmoins faire toucher du doigt le meilleur qu’HEMINA puisse donner sur "Night Echoes". Sans être mauvais, le reste des morceaux que je n’ai pas directement cité ne retient pas particulièrement l’attention et sera selon moi vite oublié au vu du volume significatif de l’offre musicale actuelle dans notre style préféré...

Aussi, après un "Venus" dont la reconnaissance lui avait fait passer pour la première fois les frontières du pays des kangourous, HEMINA livre avec "Night Echoes" un album passe-partout coincé entre un Power Prog mélodique un tantinet platoche et une petite nostalgie avérée des TOTO et autres JOURNEY (pas forcément bien revisités). Il semble évident que le pilote Skene, tout en se faisant plaisir sur le mixage, la prod comme sur les soli, pond finalement une œuvre très personnelle : le cadre très large du Metal Prog lui permettant de zigzaguer sur ses envies (c’est ce qu’il affirme en interview!)… Le fan comme l’auditeur de passage apprécieront… Ou pas.

En espérant qu’HEMINA retrouvera une dynamique ainsi qu’une touche plus personnelle pour le style dans lequel cette formation souhaite évoluer, je claque méchamment un 2/5 sur la nouvelle police de caractère « néon violet » utilisée par le combo sur la pochette nocturne de "Night Echoes".

- pour tester : "The Only Way",
- si il y a des survivants : "What's The Catch?"
- plus jamais ça : "Everything Unsaid"

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   HAPLO

 
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- Douglas Skene (voix, guitares, claviers)
- Mitch Coull (guitares et voix additionnelles)
- Jessica Martin (basses et voix additionnelles)
- Nathan Mcmahon (batterie, percussions et voix additionnelles)
- Guests:
- Reece Denton (xylophone)
- Dean Bennison (slide guitar)
- Anthony Stewart (musical box)


1. The Only Way
2. What's The Catch?
3. We Will
4. One Short
5. Flat
6. Everything Unsaid
7. Nostalgia
8. In Technicolour
9. Flicker



             



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