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BÆST [BAEST] - Venenum (2019)
Par T-RAY le 27 Janvier 2020          Consultée 721 fois

BÆST et baste ont presque tout en commun. Sauf le sens. Là où "baste" signifie "stop", BÆST veut dire "encore". Oui, encore, parce qu'après un premier album remarqué et remarquable - l'un de mes coups de cœur de l'année 2018, assurément - le quintette danois est déjà de retour, tout juste un an après, avec un deuxième opus studio qui porte très bien son nom : "Venenum". « C'est quoi le délire des groupes de Death Metal avec le mot "venin" en 2019 ? », vous demandez-vous peut-être. Après FLESHGOD APOCALYPSE et son "Veleno", en italien dans le texte, voici que BÆST s'y met aussi, quoique dans un style de Death tout-à-fait différent.

Mais au-delà de son titre, c'est parce que la toxine de ce "Venenum" est inoculée discrètement et fait effet progressivement que ce disque peut être qualifié de venimeux : ce n'est pas la morsure de la bête qui fait mal mais la lente progression du poison dans les veines. Il peut également être qualifié d'insidieux, par la même occasion, tant il prend son temps pour placer l'auditeur sous son emprise. De prime abord, l'ouvrage paraît même laborieux, peinant à convaincre ceux que le debut album de BÆST avait convaincu. Parce qu'il souffre de la comparaison avec son aîné, ce deuxième L.P. des gars d'Aarhus.

"Danse Macabre", en effet, était un monument d'Old School Death Metal à la suédoise doté d'une atmosphère occulte captivante et d'un pouvoir d'accroche immédiat. "Venenum" n'est pas doté des mêmes forces. Et pourtant, ses morceaux sont solidement bâtis sur des riffs en béton, mais ils apparaissent unidimensionnels lors des premières écoutes et l'on n'y retrouve pas le souffle malfaisant qui animait "Danse Macabre", d'autant que les différents titres de ce nouveau longue-durée ne sont pas aussi imbriqués que l'étaient ceux du premier opus. On avait, sur celui-ci, l'impression d'avoir affaire à une œuvre d'un seul tenant, taillée dans le même bloc de marbre noir.

"Venenum", lui, est en quelque sorte constitué d'une collection de plusieurs miniatures. Et ce n'est qu'une fois que l'on a compris cette différence fondamentale avec "Danse Macabre" que l'on commence à saisir les qualités de ce deuxième album et à se laisser séduire. Outre la production, carrée et faisant honneur au son des guitares boostées à la pédale HM-2, et les growls impeccablement articulés de l'excellent Simon Olsen, c'est la place laissée au riff, comme je le soulignais plus haut, qui marque les esprits. Tous les morceaux, et je dis bien tous, sont dotés d'une ligne de gratte qui écorche. Non pas que toutes soient originales - celles du morceau-titre et du conclusif "Empty Throne" n'ont rien de notable - mais toutes sont exécutées avec puissance et détermination.

Résultat, même les titres les moins remarquables savent se faire apprécier sur "Venenum", et ce, surtout lorsqu'on les écoute séparément. Reste qu'entre les meilleurs riffs de l'album et les autres, il y a quand même une certaine marge dans le kiff ressenti lorsque l'on laisse tourner la galette de la première à la dernière minute. Là où l'on ne fait que taper du pied sur "Venenum" ou "Empty Throne", donc, l'on peut facilement se déboîter une cervicale à force de headbang sur le violent et vif "Vitriol Lament", sur le lent et sinistre "Nihil" ou sur le puissant mid-tempo "Sodomize", sans doute les trois morceaux les plus immédiats et accrocheurs du disque.

Entre ces deux catégories de morceaux, les poids lourds et les poids légers, l'on retrouve naturellement quelques poids moyens qui disposent eux aussi de coups forts, à l'impact supérieur à celui des seconds mais inférieur à celui des premiers. Côté riffs, en effet, le très gras "Gula", le varié "Heresy" et le presque trop tranquille "As Above So Below", morceau de Death qui démarre presque Blues (!), peuvent faire très mal lorsqu'on les écoute individuellement… Mais une fois replacés dans le flux de l'album tout entier, ils s'avèrent, hélas, moins percutants et parfois redondants avec d'autres titres. Ainsi, "Gula" souffre-t-il quelque peu d'être coincé entre "Vitriol Lament" et "Nihil". Quant à "Heresy", il pâtit de la ressemblance de son refrain et de son riff principal avec ceux du pourtant moins complexe "Sodomize".

Sans compter que la propension de BÆST à abuser de tempi moyens sur la majorité du disque nuit certainement à la dynamique générale de "Venenum". Un peu plus d'accélérations bien senties lui auraient redonné de la vigueur. Heureusement que l'interlude acoustique "Styx" vient séparer le disque en deux et permettre à l'album de trouver un second souffle. Dommage, toutefois, qu'il faille que les Danois s'en remettent à cette bonne vieille feinte pour redonner de l'élan à leur deuxième longue durée. Un album effectivement constitué de morceaux qui sont tous efficaces lorsqu'ils sont pris séparément les uns des autres mais qui, enchaînés sur une quarantaine de minutes, voient leurs qualités propres se diminuer l'une l'autre.

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   T-RAY

 
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- Simon Olsen (vocaux)
- Lasse Revsbech (guitares)
- Svend Karlsson (guitares)
- Mattias Melchiorsen (basse)
- Sebastian Abildsten (batterie)


1. Vitriol Lament
2. Gula
3. Nihil
4. Venenum
5. Styx
6. Heresy
7. As Above So Below
8. Sodomize
9. Empty Throne



             



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