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DEATHCORE/BRUTAL DEATH  |  STUDIO

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- Style : After The Burial

THY ART IS MURDER - The Adversary (2010)
Par T-RAY le 22 Décembre 2019          Consultée 543 fois

Que de chemin parcouru par THY ART IS MURDER durant les deux années qui séparent l'E.P. "Infinite Death" de son premier album studio, "The Adversary". Deux ans, ça n'est pourtant pas bien long mais c'est le temps qu'il a fallu au groupe australien pour se départir, au moins en partie, de plusieurs éléments trop typiques du Deathcore jugés rédhibitoires par le public Metal et en conquérir une partie, lui qui reste bel et bien celui visé par la formation depuis ses tout débuts. Quels sont donc ces éléments stylistiques empêchant tant de Metalleux pur jus d'apprécier pleinement une galette de Deathcore ?

D'abord les vocaux criards, souvent utilisés en alternance avec les growls : ceux de Brendan Van Ryn sur "Infinite Death" avaient hérissé le poil de beaucoup de monde et le gamin, qui n'avait que dix-huit piges au moment de la sortie de l'E.P., faut-il le rappeler, n'a pas poursuivi l'aventure. Secoué par les critiques ou tout simplement pas en phase avec l'évolution musicale à venir de THY ART IS MURDER ? On n'en saura pas plus, mais son départ a ouvert grand les portes du groupe à un vocaliste beaucoup plus en phase avec le visage plus Death Metal, voire Brutal Death, affiché par le groupe sur "The Adversary".

Oui, son remplaçant, CJ McMahon, malgré ses faux-airs de ressemblance avec un Robert Carlyle croisé avec Dani Filth, est un hurleur qui en remontre à des centaines de chanteurs de Death. La variété des vocaux extrêmes du bonhomme est confondante et sa facilité d'exécution est assez déconcertante : du grunt articulé aux éructations en mode débouche-évier, du growl profond à celui plus aigu, rarement utilisé toutefois, le gaillard sait tout faire et le fait proprement. De plus, l'aspect menaçant de son timbre sied parfaitement au son de THY ART IS MURDER sur cet album parce que s'il est un album du quintette séduisant sur le plan de la production, c'est bien celui-là.

Je n'évoque pas ici le son de la batterie et sa double grosse caisse beaucoup trop triggée à mon goût, ce qui dénature un peu le remarquable travail du tout jeune Lee Stanton, surtout lorsqu'il envoie les blast beats, mais du son des guitares, en particulier, pernicieux et sournois comme rarement, qui contribue à générer l'ambiance malfaisante nécessaire à l'expression du contenu plus blasphématoire des textes. Le combo australien a remisé au placard les paroles misogynes d'incel frustré de "Infinite Death" pour un contenu beaucoup plus anticlérical, avec sa bonne grosse dose de clichés, certes, mais qui font partie des attendus du public Death.

Et il faut avouer que lorsque gros riffs sinistres et efficaces et vocaux caverneux à souhait s'acoquinent, comme sur "The False Prophet", l'un des morceaux les plus ouvertement Brutal Death sur l'album malgré son énorme break lorsque McMahon hurle "Fuck your gooooood!", THY ART IS MURDER sait captiver son auditoire. Et captivant, "The Adversary" l'est assez souvent, pour peu que l'on accepte de laisser le groupe exprimer son goût pour le break, cet autre élément stylistique du Deathcore que les purs Death Metalleux réprouvent, parfois juste pour le plaisir de s'opposer, comme un gosse qui apprend à dire "non".

Un élément que THY ART IS MURDER a toutefois légèrement minimisé par rapport à l'E.P. de ses débuts, ce sont ces breaks qui le rattachaient encore trop à la scène Hardcore voire Screamo pour les Deatheux bon teint. Je dis bien légèrement parce que ces fameux breaks sont toujours présents mais la formation aussie en fait meilleur usage, évite de les semer un peu partout et parvient à se rapprocher un peu de ce qu'en faisaient les premiers combos à les employer dans le Brutal Death, comme SUFFOCATION par exemple, même si la musique des Floridiens n'a pas grand-chose à voir avec celle des gars de Sydney.

Ainsi, des breaks comme ceux qui parsèment "Soldiers Of Immortality" - l'un des titres les plus réussis du disque avec son riff simple mais décapant - "Laceration Penetration" et "Furnace Of Hate", qui commence presque comme du (bon) CANNIBAL CORPSE, s'avèrent très efficaces pour faire headbanguer le chevelu et lui donner l'envie de bourriner son voisin de fosse. Cependant, derrière ces breaks tout-à-fait Deathcore et la batterie triggée de Stanton se cachent des riffs et des parties lead qui contribuent à l'atmosphère obscure de l'album. Pour le coup, sur sa toute dernière collaboration avec THY ART IS MURDER, Gary Markowski assure, guitares en mains.

Le meilleur exemple réside sans doute dans l'enchaînement entre l'instrumental "Requiem", particulièrement Heavy, et le terminal "Cowards Throne", point final percutant à ce premier opus studio. Mais il ne faut heureusement pas attendre ces six ou sept dernières minutes pour apprécier les riffs car, bien avant cela, des titres comme le très ambiancé "Flesh Oracle", un "The Adversary" au penchant Slam Death non feint en son milieu, et surtout le survolté "Decrepit Purification" qui multiplie les plans rapides et les riffs bien sentis en mode brutal, auront fait leur office. Bref, il y en a pour beaucoup de goûts sur le debut album de THY ART IS MURDER pour qui apprécie le Death et ne rechigne pas au Deathcore.

Le disque mérite un certain nombre d'écoutes pour saisir tout son attrait et sa diversité. D'autant qu'après lui, le groupe ne sera plus vraiment pareil.

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   T-RAY

 
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- Sean Delander (guitares)
- Gary Markowski (guitares)
- Michael Low (basse)
- Lee Stanton (batterie)
- Cj Mcmahon (vocaux)


1. Unholy Sermons
2. Soldiers Of Immortality
3. Laceration Penetration
4. Furnace Of Hate
5. Flesh Oracle
6. The Adversary
7. Decrepit Purification
8. The False Prophet
9. Engineering The Antichrist
10. Requiem
11. Cowards Throne



             



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