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ORKRIST - Reginae Mysterium (2002)
Par VOLTHORD le 7 Décembre 2019          Consultée 404 fois

Aujourd'hui, on va parler Terre du Milieu et artisanat kitschos. Aujourd'hui, je ressors un projet de chronique de longue date avec le second album des Bratislaviens d'ORKRIST, qui jouaient une sorte de pseudo Black Metal de gentils, dont je garde toujours un souvenir "ludique" au sens très Gary Gigax du terme, comme les claviers Donjons et les guitares Dragons y virevoltent dans un flux de kitscheries à la fois surfaites et respectables.

En moins de temps qu'il n'en faut pour Gaby alias Konal le Guerrier pour jeter 1D8 + 4 et additionner les dégâts de son arme soustrayant la résistance de l'ennemi, ORKRIST nous propulse dans un imaginaire qui fleure bon la sueur du Nerd Alpha : des draperies tissées de l'imaginaire Tolkienien, avec une dominante féminine sur le chant rendant le tout à la fois tempéré et crémeux, mais marquée mais une rugosité un chouïa barbarisante qui aurait aggravé quelque peu l'acné du fan de NIGHTWISH moyen.

Avec son alternance chant clair / chant black bourré du charme de l'amateurisme et son trèèèèès fort abus des claviers dans un Metal un peu vieille cave mais pas méchant, il se rapproche fortement du DARZAMAT des débuts ("In The Flames Of Black Art"), en bien moins belliqueux. Évidemment, on citera forcément l'influence "vampirique" qu'aurait pu avoir CRADLE OF FILTH sur leurs esprits, ce qui les mettrait dans le même panier et dans la même ligue que l'obscur SUNTERRA, SIEBENBURGEN, DISMAL EUPHONY ou EVOL en son temps (en tout aussi déterminé dans sa naïveté, mais avec moins de digressions gênantes, mais en plus anachronique dans sa kitscherie). Ajoutez tout de même à cette dernière liste une pincée de poudre de fées pour conjurer les canines et faire pousser les Ents.

Ce qu'il faut savoir pour les non avertis, c'est qu'ORKRIST dégueule tellement de nappes atmo-épiques que BAL SAGOTH en fait un rêve mouillé ("Nocturnal Rite" et ses trompettes épiques, un début d'érection). Si les références du haut ne vous parlent pas, on pourra en faire une sorte de version féminine du groupe anglais, avec moins de gloubiboulgas martiaux et plus d'arcs en ciel. Car ORKRIST est une photographie vivante de tout ce qui touchait à l'imaginaire Fantasy à la fin des années 90 et au début des années 2000 : "Sword And Sorcery" se rapproche d'un PAZUZU ou du MORTIIS période "The Stargate", avec petites flûtes et mélancolie printanière ; "Justice The Beauty" sans vocalises extrêmes est une chouette ballade à chant clair, qui rappellerait presque le "Angels Fall First" de NIGHTWISH (en plus chargé et aussi en mieux), et il est difficile de ne pas de nouveau penser à la troupe de Tuomas sur l'instrumental "Euthymia" ; "Reginae Mysterium", dramatique instrumental sans distorsion, pas loin des compositions filmiques de DARGAARD avec moins de grosses trompettes et qui manque peut être d'une vraie grosse variation de fin pour être fidèle à son modèle (en cela, il pourrait s'apparenter à du Dungeon Synth). Et il y a aussi "The Ancient War Spirit" ou "Desire In The Grace Of The Nigh", généreux en mélodies de claviers et en ambiances, qui condensent tout ce qu'on pouvait aimer chez les groupes de seconde zone listés plus haut.

En moins de temps qu'il n'en faut à Lunel la Barde pour réussir son jet de séduction sur les gardes de la Forteresse (qui laissera ensuite libre cours à une scène plutôt gênante et forte de propos sur l'homosexualité latente de Lionel, cinquante ans, divorcé, jouant le personnage de la torride elfe sylvaine), ORKRIST a délicatement capturé notre âme. Comme on peut le prévoir sur un disque si artisanal, les guitares manquent souvent de puissance, ni vraiment Heavy, ni vraiment Black, ni vraiment quoi que ce soit, brodant un tapis rouge moelleux pour un clavier exploité sous toutes ses coutures et le chant ensommeillé de Lydia Lacová. L'amateurisme d'ORKRIST est à la fois sa force et sa faiblesse, et l'on perçoit difficilement ses limites, si ce n'est dans sa formule qui ne paraît que bien peu originale.

Dépoussiérer "Reginae Mysterum" constitue donc un chouette souvenir nostalgique, à défaut d'une incroyable redécouverte. On le classe sans aucun souci dans les essais sympho-fantasy pas totalement réussis mais symptomatiques (emblématiques pour moi !) des ces années 2000 qui ont été un vivier d'imaginaire pour le Metal "Extrême" (dans le sens "je fais le méchant" du terme) et "Symphonique" (dans le sens "j'utilise trop de claviers"). À la fois kitsch et mature, naïf et vivant, il respire à pleins poumons une époque riche en trouvailles, à classer quelque part entre DARZAMAT et NAZGUL, dans le coin des oubliés qui méritent malgré tout, et pour un public averti, une réécoute attentive.

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- Grom (chant, synthé)
- Lydia (chant, flûte)
- Khayo (guitare)
- Kabi (basse)
- Pyros (batterie, percus)


1. Apron - Legio Diabolica
2. Nocturnal Rite
3. Orkrist
4. The Ancient War Spirit
5. Sword And Sorcery
6. Euthymia
7. Justice The Beauty (andreuola's Tears)
8. Desire In The Grace Of The Night (symphonie Des Gr
9. Reginae Mysterium
10. Mourning Of A Rose
11. Epilogue



             



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