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1970 Cactus
 

1970 Cactus
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1972 'ot 'n' Sweaty
1973 Son Of Cactus (the Ne...
2004 Fully Unleashed The Live...
 

- Style : The Yardbirds, Rival Sons, Mountain, Led Zeppelin, Greta Van Fleet, Free, The Firm, Cream, Bad Company
- Membre : King Kobra
- Style + Membre : Blue Murder, Ted Nugent & The Amboy Dukes

CACTUS - Cactus (1970)
Par DARK BEAGLE le 27 Novembre 2019          Consultée 827 fois

Dans le microcosme du Rock américain du début des années 70, il y a un groupe, qui, entre 1970 et 1972 pour la période dite classique, avait tout pour réussir. Cependant, le destin en a voulu autrement et CACTUS, puisqu’il s’agit de la formation qui nous intéresse ici, n’aura clairement pas eu la carrière qu'il méritait au vu de ce premier effort magistral. C’était l’époque où tout était à faire et à écrire, pour avancer ses pions avec fougue sur le terrain de jeu déblayé par LED ZEPPELIN un peu plus tôt, un univers qui permettait de jouer plus fort, plus vite, avec plus de distorsion. Et à ce petit jeu, CACTUS était un élève très sérieux, appliqué, et terriblement gourmand. Aujourd’hui, il reste une légende noire du Rock (bon, là je dramatise un peu) et une formation culte, comme de bien entendu.

Il faut dire que le groupe n’était pas composé de manchots. À la base, il était composé de Carmine Appice (batterie) et Tim Bogert (basse), soit la section rythmique de VANILLA FUDGE, qui cherchait à réaliser une musique plus Heavy que ce que proposait la bande à Mark Stein, qui pourtant se posait en précurseur du genre (un jour, il faudrait que je vous parle de VANILLA FUDGE, il y a des trucs à dire dessus également). À la base, le souhait des musiciens était de bosser avec Jeff Beck et Rod Stewart, vu que le Jeff BECK GROUP venait de splitter (un jour, je vous en causerai aussi, parce qu’il s’agit d’un beau chaînon entre le Rock Psyché et le Hard Rock, à ne pas négliger. Puis Jeff Beck, Rod Stewart et Ronnie Wood, ça a quand même de la gueule). Si Jeff accepte, Rod Stewart préfère se consacrer aux FACES.

Rien que là, CACTUS fait rêver. Seulement, pour entendre quelque chose fait par ces trois lascars, il faudra attendre 1973 et BECK, BOGERT & APPICE, pour un unique album éponyme. Cela n’a pas pu se faire avec CACTUS car Beck a eu un terrible accident de voiture qui l’écarta de la scène pendant un an et demi. Le projet aurait pu mourir avant d’être né, mais c’est sans compter sur la détermination des deux rescapés pour le mener à bien. Ils vont dénicher un guitariste de talent en la personne de Jim McCarty (à ne pas confondre avec le batteur des YARDBIRDS !) qui a le jeu lourd et puissant que les deux compères recherchaient. Au chant, nous trouvons le regretté Rusty Day, qui avait fait ses classes au sein des AMBOY DUKES, le groupe d’origine de Ted NUGENT.

Grosso modo, on pourrait avancer, un peu timidement, que CACTUS est une espèce de super groupe. On dira plutôt qu’il s’agit de musiciens qui ont quitté des formations confirmées pour un but artistique commun et c’est franchement très réussi. Souvent le groupe est qualifié de LED ZEPPELIN américain. Là encore, c’est à prendre avec des pincettes. Certes, les deux formations empruntent énormément au Blues, les deux jouent fort et de façon agressive, les deux aiment bien reprendre du Willie DIXON (ce type a été littéralement pillé) et elles partagent la même maison de disques. On pourrait faire un comparatif entre chaque membre, mais là encore, on trouverait énormément de points communs. Mais là où le Dirigeable semble plus réfléchi en termes de composition, CACTUS est bien plus primal et ne se pose pas trop de questions. C’est instinctif, burné et bien souvent vicelard. Et c’est ça qui est bon.

La pochette d’ailleurs ne laisse pas trop de place au doute. Le cactus sur fond de soleil couchant, ça fait un beau symbole phallique et s’il faut comprendre par là (et vous m’excuserez l’expression) que le groupe pose ses couilles sur la table, il y a qu’un pas, que je franchis allègrement. Ce disque éponyme est un véritable défouloir, qui s’ouvre sur une reprise d’un standard Blues complètement allumé. "Parchman Farm" est absolument explosif, emmené par un tempo de fou imprimé par Carmine Appice. Le chant de Rusty Day, complété par un harmonica, fait son petit effet et on s’en prend plein la tête. C’est agressif, lourd, puissant. Et puisqu’on parle de reprise, CACTUS enflamme complètement le "You Can’t Judge A Book By The Cover" de DIXON avec sa version très dynamique, toujours menée tambour battant.

Cette furia n’est cependant pas présente sur tout l’album. Les musiciens s’octroient des pauses et jouant plus lentement, en amenant des Blues réussis, qui restent bien anguleux quand même. Difficile ainsi de passer à côté de "My Lady From South Of Detroit" et surtout de "No Need To Worry", pièce magnifique et ambitieuse, qui permettent d’aérer l’album qui contient son lot de brûlots. "Let Me Swim", qui semble écœurant de facilité, est une belle pépite, "Feel So Good" va nous achever avec son solo de batterie final, qui nous rappelle s’il le fallait à quel point Carmine Appice est un grand batteur. Le Rock, joué à l’instinct par CACTUS n’est pas des plus raffinés, mais il est d’une roublardise terrible. Ça cogne fort, la basse est ultra présente (écoutez l’écrasant "Oleo" pour vous en faire une idée précise), la guitare est savoureuse, le chant parfaitement expressif pour le style abordé. Il est dommage que l’Histoire ne retienne pas les noms des talentueux Jim McCarty et Rusty Day, qui, sur ce pavé, auront marqué du fer rouge le Rock US.

Et effectivement, nous ne sommes pas si loin, mais également pas si proche que cela de LED ZEPPELIN. CACTUS apparaît tout de suite moins maniéré, plus frappadingue et plus viscéral que le Dirigeable Plombé. Mais pourtant, on retrouve cette même approche, près des racines du genre, défrichant le passé musical pour extraire du Blues sa substantifique moelle. Et c’est dans la façon d’exploiter cet or noir que les deux groupes diffèrent ; à la base, c’est la même histoire d’amour qui les unit. Chacun propose sa vision, son adaptation. Chacun raffine la matière brute à sa manière et chez CACTUS, cela se traduit de bien belle façon, pour peu que l’on aime les disques directs, sans fioritures inutiles. Du Rock dépouillé d’aspect, mais qui dévoile toute sa richesse à mesure que l’on use le disque sur sa platine. C’est ça CACTUS et c’est ça qui est jouissif.

Aujourd’hui, il s’agit d’un monument du Rock oublié. Vous aurez très certainement noté que je pose ce mot seul, sans être précédé par Hard. Mais ne vous y trompez pas, CACTUS a entièrement sa place ici. Ne serait-ce que pour son côté fédérateur, sa façon de sonner Heavy tout en arrivant à conserver sa tessiture Bluesy. Et aussi parce que ce disque est un classique à remettre en lumière, que l’on appréciera comme on apprécie le premier opus de MOUNTAIN : sans modération. Alors oui, une question surgit, insidieuse et perverse : qu’aurait donné cet album, voire même le groupe, avec Jeff Beck et Rod Stewart ? Il aurait été certainement très différent, mais cela reste une supposition hypothétique. Cet album s’apprécie pour ce qu’il est, à savoir une ode au Rock.

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   DARK BEAGLE

 
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- Rusty Day (chant)
- Jim Mccarty (guitare)
- Tim Bogert (basse)
- Carmine Appice (batterie)


1. Parchman Farm
2. My Lady From South Of Detroit
3. Bro. Bill
4. You Can't Judge A Book By The Cover
5. Let Me Swim
6. No Need To Worry
7. Oleo
8. Feel So Good



             



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