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CELTIBEERIAN - Keltorevolution (2014)
Par VOLTHORD le 19 Novembre 2019          Consultée 424 fois

Est-ce que c'est pas la MÄGO de Overdo’OZ ? Avec ces petits Espagnols qui nous ressortent dans leur nom le mot Beer et Celtic comme deux hashtags qui font grincer les yeux quand on les lève au ciel ? Y en a plein le cul de vos flutiaux, de vos chansons à boire et de votre fantasy moisie qui se transforme vite en reprises de tubes disco pour mariages de chevelus beaufs.
Il paraît que le Folk Metal est devenu en l’espace de quelques années un repères de "fakes", une sorte de Party Metal pour la pleb de bouseux. Vu les crottes qui flottent à la surface et salissent les affiches des festoches, forcément on peut difficilement contrer l’argument. S’il m’arrive souvent d’être dépité de ce qui émerge pour le "grand public", et de regretter que l’esprit païen et imaginaire qui se dégageait de ce genre dans les années 2000 vienne souvent se soustraire à un étalage de clichés bas-de-gamme, je préfère mille fois ça au silence gentillet, voire au dédain que le genre se traînait il y a quinze ans.

D’ailleurs est-ce que c’est pas aussi ça le Folklore : des connards qui vomissent dans la boue sur fond de paillardises et de chenilles interminables ? À ce stade là, je m’en bats sincèrement les couilles, même quand je me retrouve en plein milieu d’un "pit" d’ALESTORM, suffocant entre des aisselles de Faluchards torse-poil et les épingles à cheveux léthales des collégiennes kawaii, à me prendre les coups de godasses d’un jeune millenial vêtu d’une peau de bête et de rangers renforcées, j’aurais tendance à vouloir brûler tout ce beau monde. Mais ce n’est que temporaire putain ! Quand j’entends des trucs comme CELTIBEERIAN, BOISSON DIVINE ou HELROTH, qui d’un coin ou un autre de l’Europe perpétuent la forme la plus festive et évasive du Metal, je pardonne tout et je deviens Amour.

CELTIBEERIAN perpétue le "Pouet Pouet" avec une certaine répartie, et autant dire qu’il n’y a aucune raison que quiconque qui n’a pas déjà dix grammes de KORPITROLLSTORM dans le sang puisse nous décrocher un sourire à son écoute : toutes les cases sont cochées, de la référence mythique foireuse au violon tralala dévergondé, en passant par la chanson à boire et les passages sous forme de "yéayéhayé". En revanche, les oreilles bien arrosées et les petits culs tremblants qui s’émoustillent à l’approche du pipeau aussi joyeux que l’homme touché à la prostate adopteront les Espagnols tout aussi facilement qu’un Maine Coone qui louche à la SPA de Clermont-Ferrand.

Faites le test avec "The Booze Song", comme il aligne tous les clichés : chant bourru et maladroit (non loin du "Beer Beer" de KORPI, forcément), flûte qui va tellement bien qu’elle juvamine, parties instrumentales à la fois bavardes et savantes, rythmique quasi-Ska et refrain à la mode tralala de chez toi. Tu aimes ou tu quittes, pas plus dur que ça. Sur sa chaîne YouTube, le groupe tente même une justification "historique" pour nous pondre cette délicieuse checklist de clichés ! On est dans le dur, je vous le dis.

Évidemment, si toute la galette était faite de bric et de broc de sonorités déjà entendues, je serai pas là à vous en parler de manière si élogieuse. CELTIBEERIAN a au fond une âme proche du CRUACHAN de "The Middle Kingdom", mais vient chasser sur les terres de KORPIKLAANI en nous rappelant l’existence de ses premiers opus (il y a clairement dans tout ça un relent de "Spirit Of The Forest"). Écoutez "Win Another Battle" et osez me dire que ça transpire pas l’époque perdue du clan de la forêt... Ils se permettent même de voler Jonne Järvelä himself et Tuomas Rounakari (violoniste iconique du groupe) sur un "This Simple Life" qui vient presque faire une leçon aux Finlandais sur leur propre terrain. Et je dis "presque" parce que le titre fait vraiment TROP penser à du KORPIKLAANI.

Si la fête est à l’honneur ("Under Lugh's Sign", instrumental de fifous !), les Espagnols s’en sortent tout aussi bien sur les titres plus voyageurs et solennels, comme ce rêveur "Fiels Of Celtibeeria", ou encore "Ur Keltum Brigubis", autre exemple que la flûte n’est pas juste un tube qui fait couler de la bière, mais un tube qui insuffle de la vie et de l’âme. Et si le chant masculin est globalement poussif (mais nettement moins que chez d’autres groupes du genre), et les quelques essais de chant extrême parfois bons ("Lutiakoi", à rapprocher de formations de l'Est comme BUTTERFLY TEMPLE ou HELROTH), parfois moins bons ("Unbury The Horn"), le chant féminin est quant à lui totalement maîtrisé (si on le rapproche de CRIMFALL, on est dans le vrai ?).

La plume, bien que professionnellement insérée entre les fesses, ne donne pas encore à CELTIBEERIAN la faculté de voler de ses propres ailes. Mais il serait tout de même, si vous aimez tous les groupes mentionnés, bien dommage de passer à côté de "Keltorevoluion", varié, enjoué, dynamique, travail d’équipe, opérationnel à tout moment, flexible… Ergh.

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- Vasco (guitares, backing)
- Gus (basse, chant)
- Dagda (violon, flûte, cornemuse, bouzouki, backing)
- Vity (batterie, percussion, backing)
- Patri (violon, chant)


1. Singing To Our Land
2. Keltorevolution
3. Unbury The Horn
4. The Booze Song
5. Fields Of Celtiberia
6. Under Lug's Sight
7. Win Another Battle
8. Kladimoi (swords)
9. Uer Keltum Brigubis (over The Mountains Of The Cel
10. Blood Of A Guiltless Town
11. This Simple Life
12. Eimos To Katum (we're Marching To War)
13. Lutiakoi (lutians)
14. Eternal Knot



             



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