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CARBON COLOSSAL - Celestial Eels (2019)
Par T-RAY le 26 Août 2019          Consultée 845 fois

Des murènes de l'espace… Moi, il ne m'en faut pas plus pour retenir mon attention ! Je suis un homme simple. L'incongrue apparition de ces poissons anguilliformes au beau milieu de ce qui semble être une nébuleuse, formant une fascinante hydre qui pourrait autant être issue d'un comic book que d'une mythologie indigène, donne une petite idée de ce que l'on peut ressentir à l'écoute de la musique de CARBON COLOSSAL. La sensation malaisante d'entendre la bande-son de créatures venues d'ailleurs, d'un monde qui pourrait être le nôtre – car empli de références similaires – mais qui ne l'est pas.

Le bon goût, par exemple, n'est absolument pas le même chez nous que dans l'univers de CARBON COLOSSAL. C'est ce que l'on pouvait déjà ressentir en entendant le premier E.P. du duo américain, qui était d'ailleurs encore plus otherworldly (comprendre "venu d'ailleurs") que celui-ci. L'intense recours à la dissonance, de façon quasi permanente, couplé à l'aspect cybernétique que peut donner un son très compressé étaient en effet responsables de cette sensation d'écouter l'œuvre d'artistes d'un autre univers, pas si éloigné du nôtre mais évoluant parallèlement à celui-ci. Un monde où, par exemple, les murènes seraient des créatures spatiales.

Bien que moins impressionnant et menaçant que sur l'E.P "The Disassembly Of Earth", CARBON COLOSSAL est de retour avec un premier album studio qui se situe grosso modo dans la lignée de cette courte offrande datée de 2017. Les quatre-vingt dix premières secondes de "Unearthly Procession" – qui porte admirablement son nom avec son tempo lent et son apparence chaotique – fortes de ses lignes de guitares grinçantes et absolument dissonantes qui s'entrelacent, rampantes, témoignent de manière éclatante de la capacité qu'a Galaeth de s'insinuer dans l'esprit de l'auditeur et d'y semer quelques graines de cauchemar en chemin. CARBON COLOSSAL a, en quelque sorte, le chic pour raviver des peurs primales : celles du vide, du noir insondable, de l'anormal...

Pour cela, merci le Black Metal et merci les sonorités dissonantes. Vous me direz pourtant – et vous aurez sûrement raison – qu'il n'y a plus de quoi être surpris, aujourd'hui, qu'un groupe versant totalement ou partiellement dans le Black Metal use et abuse de la dissonance comme outil de composition. Je vous l'accorde, ça n'a plus rien d'original. Sauf qu'à la différence de nombreux autres artistes de Black s'y adonnant, CARBON COLOSSAL privilégie l'emploi de cette dissonance dans un concept plus science-fictionnel, ce qui donne souvent le sentiment d'écouter la transmission radio d'une entité cosmique hostile, chose que les vocaux inhumains de Llysywen parviennent tout-à-fait à retranscrire, d'ailleurs.

Moins Death et moins technique que sur "The Disassembly Of Earth", la musique de CARBON COLOSSAL devient par-là même plus facile d'accès, cependant. C'est un paradoxe qui ne fera peut-être pas plaisir au duo californien mais qui ne rend pas moins intéressante l'écoute de "Celestial Eels". Oui, des titres comme "A Gathering Of Serpents" et "Caustic Phlegm", par exemple, ne sont pas aussi impressionnants ni aussi dérangeants que pouvait l'être la triplette gravée sur l'E.P d'il y a deux ans. Mais dans le fond, ça n'est pas si grave puisque CARBON COLOSSAL parvient à nous emmener loin dans la dimension qui est la sienne et qu'il nous ouvre grand sur cet opus.

Cet album, en effet, est un petit voyage inter-dimensionnel capable de ravir autant que d'effrayer. Mais il est aussi capable d'énerver l'auditeur attentif et habitué aux œuvres de DEATHSPELL OMEGA et autres chantres de la dissonance, car Galaeth donne parfois l'impression d'utiliser une formule prête à l'emploi qui nuit à la durée de vie des morceaux ici gravés. D'autant que plusieurs de ces morceaux sont fort longs : presque dix minutes pour le titre d'ouverture, plus de huit pour "Vomiting Astral Particles" et ses faux-airs de Doom. Heureusement que lesdits morceaux ont tous leurs passages moins convenus, plus prenants et capables de redonner immédiatement l'envie d'écouter l'album.

Car si CARBON COLOSSAL n'a certainement pas l'ambition de créer des compositions accrocheuses, son but est malgré tout de faire entendre son œuvre aux amateurs du genre et, pour le coup, des pièces telles que "An Ethereal Absurdity" et "Unearthly Procession", encore, disposent d'un pouvoir d'attraction certain. L'art de fasciner et de "répulser" (en bon franglais), à tout le moins d'intriguer est inhérent à la musique du duo Llysywen/Galaeth. Ainsi "Celestial Eels" se présente-t-il comme une digne suite de "The Disassembly Of Earth", moins aventureuse, certes, mais pas décevante pour autant. En se recentrant sur le Black tout en insistant toujours sur l'emploi de la dissonance, CARBON COLOSSAL prend le risque d'être plus prévisible mais aussi d'attirer à lui davantage de curieux.

Un bon préalable pour élargir son cercle d'auditeurs et se donner les moyens de viser plus haut encore, un peu plus près des étoiles.

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   T-RAY

 
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- Llysywen (vocaux)
- Galaeth (tout le reste)


1. A Gathering Of Serpents
2. Caustic Phlegm
3. An Ethereal Absurdity
4. Collapse (instrumental)
5. Unearthly Procession
6. Vomiting Astral Particles



             



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