Recherche avancée       Liste groupes



      
METAL INDUS  |  STUDIO

Commentaires (1)
L' auteur
Acheter Cet Album
 

2019 Imploder
 

- Style : Fear Factory

RAGE OF LIGHT - Imploder (2019)
Par DARK BEAGLE le 12 Août 2019          Consultée 754 fois

La Suisse a souvent su nous proposer des groupes différents. Pas différents du genre que l’on regarde tristement en secouant la tête, mais plutôt du genre à susciter bien des interrogations et créer un réel intérêt. Les premiers noms à venir à l’esprit sont bien sûr ceux de CELTIC FROST et de CORONER, mais nous pouvons également citer, dans une moindre mesure, SAMAEL et SCHAMMASCH. Aujourd’hui, une nouvelle formation vient attiser notre curiosité, RAGE OF LIGHT. Sur le papier, le trio helvète propose une formule originale, un mélange des genres qui s’avère pour le moins excitant. Cependant, comme on peut faire dire tout et n’importe quoi à des formules établies par des maisons de disque (en l’occurrence, Napalm Records dans ce cas précis), que nous réserve réellement RAGE OF LIGHT ?

La première constatation réside dans le fait que le trio semble bien décidé à nous mettre à mal. Pas forcément de façon frontale, il sait emprunter des chemins détournés, mais cela n’enlève en rien à sa capacité à tabasser, sans la moindre pitié pour l’auditeur. Pourtant, tout commence de façon plutôt reposante. Une introduction aux allures ambiantes histoire d’aiguiser la curiosité et un certain intérêt parce que c’est plutôt bien fait, constituée de nappes de claviers éthérées et le premier morceau semble emprunter cette voie avant de prendre des allures plus symphoniques. La voix de Melissa Bonny capte bien notre attention, elle est pure, presque cristalline. Ceux qui la connaissent au sein d’EVENMORE ou guest live pour SERENITY acquiesceront. Et puis, subitement, il y a ces growls qui débarquent, toujours assurés par la belle.

En voilà une surprise de taille ! Nous passons de la chanteuse à la voix douce à une émule d’Angela Gossow (ex ARCH ENEMY) d’une crédibilité affolante. Elle assure derrière le micro, alternant les techniques sans le moindre effort. Elle devient alors une véritable locomotive, lancée à vive allure sur des rails solidement rivés au sol. Elle est de temps en temps secondée par le claviériste à l’origine de ce projet musical, Jonathan Pellet, pour des joutes où ils se donnent la réplique de façon plutôt convaincante, rebondissant sur la brutalité intrinsèque des compositions, qui joue continuellement sur plusieurs tableaux.

Si la musique de RAGE OF LIGHT emprunte aussi bien à l’Ambient, au Metal Symphonique qu’au Death Mélodique, elle n’hésite pas à puiser également dans l’Indus et la Trance la plus enlevée qui soit. Avec tous ces éléments, le trio parvient à créer des morceaux percutants, aux mélodies variables, passant de l’agressivité la plus crasse à des moments presque planants dans l’intention. Si la batterie est programmée, Noé Schüpbach a fort à faire pour assurer toutes les guitares de l’album et lui aussi va tendre à rendre l’ensemble le plus incisif possible. Le mot d’ordre de RAGE OF LIGHT semble être l’efficacité à outrance.

Les morceaux se succèdent rapidement, difficile de voir passer la quasi heure de ce disque. Tout semble écrit comme des hymnes en puissance ("I Can, I Will", "Mechanicals", "Fallen"…) même si tous les titres n’ont pas ce que l’on appelle un refrain fédérateur, ils se veulent accrocheurs et en mettent plein la tête, à l’image de la reprise de "Twilight Of The Thunder God" d’AMON AMARTH, pour le coup vraiment surprenante. Nous reconnaissons parfaitement la mélodie de l’originale, mais enveloppée d’atours Transe un brin incongrus, qui fonctionnent plutôt bien pour le coup, amenant une dynamique différente. Une façon de terminer l’opus en apothéose et de se faire une carte de visite plus qu’alléchante.

Cependant, "Imploder" n’est pas dépourvu de défauts, loin de là. Cela commence par cette rythmique, qui a tendance à se répéter de morceaux en morceaux, artificielle mais qui résonne à l’intérieur du crâne de façon assez désagréable à la longue. Ce n’est pas tout à fait du blast beat à répétition, mais écouter ce disque, c’est comme vous faire une séance d’une heure de cet exercice, mixé un brin trop en avant pour être appréciable tout du long. Ensuite, il est parfois difficile de distinguer un riff de guitare d’un autre à travers cet album, beaucoup trop homogène pour respirer. Heureusement que les morceaux connaissent des breaks plus mélodiques, qu’ils ne sont pas tous en mode bourrinage intensif, cela aurait fini par rendre l’ensemble indigeste.

Si on ne peut nier une sacrée efficacité à tout cela, il devient difficile d’admettre que les morceaux se renouvellent suffisamment. Ce qui va fonctionner sur les quatre-cinq premiers morceaux va commencer à devenir lentement lassant à la longue. Les plans semblent être toujours les mêmes et sans les qualités de chacun à leur poste respectif, cela deviendrait vite difficile de trouver une bouée à laquelle se raccrocher. Et celle qui surnage totalement, c’est Melissa Bonny. Elle devient le point central de l’album et du groupe, elle s’avère même brillante dans ses interventions. Et ce qui passe aux premiers abords pour de l’originalité finit doucement par devenir des clichés des genres auxquels ils empruntent. Bref, il y a de l’idée, mais cela ne va pas toujours au fond des choses, certains enchaînements s’avèrent prévisibles, comme certaines montées en puissance.

Au final, "Imploder", malgré quelques réserves, reste un disque intéressant, qui mérite que l’on prenne le temps de le découvrir, même si l’excellente impression qu’il laisse au départ s’étiole petit à petit au fil des écoutes. En revanche, le cas RAGE OF LIGHT est tout à fait intéressant et il pourrait même tendre à devenir le chef de file d’une nouvelle scène Indus s’il venait à se sublimer dans le futur. Il possède de belles qualités, il ne peut éviter certains défauts, comme cette redondance infernale, mais il semble bien parti pour dépoussiérer quelque peu le genre, lui donner un nouveau souffle en utilisant avec intelligence les sons électroniques, qui ont beaucoup de choses à apporter au Metal, à condition de savoir les utiliser.

Note réelle : 2,5/5 poussé à 3.

A lire aussi en METAL INDUS par DARK BEAGLE :


MINISTRY
The Mind Is A Terrible Thing To Taste (1989)
Acid roulette




MINISTRY
The Land Of Rape And Honey (1988)
La révolte des machines


Marquez et partagez




 
   DARK BEAGLE

 
  N/A



- Melissa Bonny (chant)
- Jonathan Pellet (chant, claviers, programmations)
- Noé Schüpbach (guitare, basse)


1. Light
2. Enraged
3. Fallen
4. I Can, I Will
5. Away With You
6. In The Shadow
7. Battlefront
8. Imploder
9. Mechanicals
10. Nothingness
11. Twilight Of The Thunder God



             



1999 - 2019 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod