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- Style : Orphaned Land, Symphony X
- Membre : Eluveitie, Lunatica
- Style + Membre : Cellar Darling

APPEARANCE OF NOTHING - In Times Of Darkness (2019)
Par HAPLO le 11 Août 2019          Consultée 346 fois

Pour le commun des mortels, la Suisse représente une sorte de bastion inexpugnable protégé par ses vallons, ses montagnes et ses citoyens-soldats prêts à prendre les armes pour défende chaque colline, chaque village et chaque maison d’une possible invasion. Non content d’être affublé d’un souci constant de la propreté, le peuple des Helvètes semble également vivre quelque peu en dehors du temps, dans un refuge investi par une dame nature réglée au cordeau, une organisation politique et citoyenne sans failles, tout en nageant dans le chocolat 365 jours par an… J’ai pourtant connu des ressortissants suisses qui, vivant en France, fuyaient cette mentalité jugé oppressante où l’esprit de clocher est plutôt vécu comme une entrave que comme un signe d’appartenance. La confédération helvétique et ses habitants n’est pas qu’une image d’Épinal mais un vrai pays avec de vrais gens… Et de vrais musiciens ayant parfois leurs vrais problèmes !

Coincée entre les grandes nations métalliques que peuvent être la France, l’Allemagne et l’Italie, la Suisse n’est en outre pas spécialement renommée pour ses formations à succès dans ce domaine musical. Pourtant, à l’image de quelques groupes comme ELUVEITIE, CELTIC FROST ou plus récemment CELLAR DARLING, nos amis helvètes démontrent qu’au delà du cliché de la fontaine de chocolat, de l’art de l’horlogerie ou encore de la tranquillité financière, ce petit pays reste dans son époque et est capable de productions de qualité…. Et les musiciens de APPEARANCE OF NOTHING en sont la preuve vivante !

Créé en 2004 par Pat Gerber (guitare, voix), Yves Lüthi (batterie), Omar Cuna (basse) et Marc Petralito (claviers) sur les cendres du groupe NO THANX, ce combo cherche sa voie sur les pentes exigeantes du Metal Progressif et finit par recruter un guitariste supplémentaire et talentueux en la personne de Peter Berger (2006). Une première offrande studio "Wasted Time" en 2008 suivie d’un second album jugé plus mature en 2011 sous l’appellation "All Gods Are Gone" donne alors à la formation l’occasion de fourbir ses armes en attaquant ses premières côtes enneigées. L’album "A New Beginning" livré en 2014 permet, à l’image du single "Chains Of History", de rencontrer une certaine forme de succès, avec des critiques globalement positives. Au delà du talent des musiciens, le magicien-producteur s’appelle alors Markus Teske (VANDEN PLAS, SYMPHONY X) qui, par son travail sur le son du groupe, le fait alors se poster au seuil de la cour des grands.

Oui mais voilà ! En Suisse aussi le monde bouge et les musiciens par là même ! Exit Yves Lüthi qui avait quitté le navire depuis quelques années (rapidement remplacé par le besogneux Ronnie Wolf) mais surtout surtout, exit Pat Gerber et Peter Berger quelques temps après la sortie de "A New Beginning" ! APPEARANCE OF NOTHING a donc perdu le trois-cinquième de ses membres fondateurs dont son frontman-guitariste ainsi qu’un guitare-héro rythmique/lead particulièrement percutant… Cela risque pour le moins d’être compliqué pour la suite des opérations !
C’est donc dans l’optique de tenter de poursuivre l’aventure que les cartes vont être rebattues en interne (le bassiste Omar Cuna devient lead vocaliste) et que deux gratteux talentueusement bardés de diplômes vont être recrutés : "In Times Of Darkness", sorti le 22/03/2019 est le résultat de ce pari de continuité. Or, pour tenter de gagner le dit pari, nos amis suisses vont tenter de mettre toutes les chances de leur côté : au mixage vont co-œuvrer deux pointures du domaine en les personnes de Jens Peter Daniel Bogren (OPETH, ARCH ENEMY, PARADISE LOST, HAKEN, SYMPHONY X ou encore MYRATH…) assisté pour l’occasion par la sirène locale Anna Murphy (CELLAR DARLING, ex-ELUVEITIE) qui en profitera également pour prêter main forte à Omar Cuna en chantant sur deux titres de l’opus "Storm" et "Lost".

Forts de ces investissements et du talent inhérent des musiciens, les huit morceaux qui composent "In Times Of Darkness" bénéficient donc d’un son puissant et fin tout à fait acceptable : l’équilibre général est respecté entre les instruments qui conservent ainsi leur dynamique propre et se fondent bien dans le tableau d’ensemble. L’expérience et la technicité des membres de la formation sont indiscutables et permettent ainsi d’écouter un Metal Progressif de bon niveau caractérisé par une solide mise en place dont l’auditeur appréciera l’effort de musicalité pour un style global qui m’a à de nombreuses reprises remémoré les rythmes hypnotiques comme les si belles digressions d’ORPHANED LAND sur un album comme "The Never Ending Way Of OrwarrioR". Un effort particulier semble avoir été apporté aux introductions portées par des instruments plus « doux » (claviers / piano / violoncelle / arpèges) qui lancent et permettent le décollage de titres comme le syncopé "The Black Sea", le rythmé "Storm", l’électronisant "Lost" ou encore le SYMPHONY X-isant "The Huntress".

On notera également la présence de beaux et long bridges permettant aux musiciens de s’exprimer et de sortir du carcan « intro-couplet-refrain-couplet-refain-solo-refrain-fin ». Par leurs transitions et changements de tempo, ces passages sont particulièrement appréciables sur "Inside Theses Walls", "Deception" (le plus beau ), ou encore "The Huntress". Non seulement ces bridges aèrent des morceaux ou les guitares rythmiques sont globalement très présentes mais servent également de cadres aux (beaux) solos dont est paré l’album.

Comme tu l’auras compris ô cher lecteur, s'il y a une tablette de choco dans le potage, ce n’est pas pas au niveau instrumental… Non. Les huit titres s’alignent dans une belle cohérence musicale d’ensemble et donnent à "In Times Of Darkness" un cachet certain qui, s'il ne réinvente pas le genre, se laisse écouter avec plaisir… Par contre, au niveau du chant…

Que l’on se comprenne bien : Omar Cuna n’est pas un mauvais chanteur. Ses prestations comme backing vocaliste étaient même tout à fait honorables sur les albums précédents du groupe. Mais c’est une chose d’être en appui d’un lead vocal et une autre d’endosser à son tour le costume à paillettes du frontman. Pour être direct, je trouve que ses compétences vocales ne collent tout simplement pas au style affiché par APPEARANCE OF NOTHING sur cet album : manque de relief, manque de coffre, manque d’une empreinte forte qui permettrait aux morceaux de réellement décoller ! Par leur technicité et leur musicalité, les titres sont globalement ambitieux : ils mériteraient tout simplement une voix à la hauteur de ces ambitions… Or, Omar Cuna, avec toute la bonne volonté du monde, ne parvient pas à se hisser au niveau réclamé par le degré de maîtrise instrumentale, ceci malgré la présence appréciée d’Anna Murphy, justement venue en renfort !

C’est donc avec un léger mais tenace regret que se clôt l’écoute de "In Times Of Darkness" car sans pour autant que l’organe vocal du bassiste ne plombe complètement l’album, on se dira quand même que le pari du rebond gagnant n’était pas loin de l'être s'il avait été porté par une voix aussi puissante et ambitieuse que le mixage et les jeux d’instruments du reste du groupe. D’ailleurs, en parlant de la fin de l’album, on pourra également se poser utilement la question de ce qu’ont souhaité réellement nos amis helvétiques avec la dernière piste "The Huntress". Ce titre a en effet la couleur, le goût et l’odeur d’un SYMPHONY X (époque 1996-2000) à un tel point que cela en est troublant… Agréable à l’écoute, il dénote néanmoins avec le style et l’ambiance du reste des morceaux de l’opus. Étant quelqu’un de résolument positif, j’imagine donc que nos compères ont ainsi voulu rendre hommage à l’une de leurs principales sources d’inspiration ! Mais cette marque de tendresse pourrait en agacer plus d’un...

APPEARANCE OF NOTHING nous offre ainsi une transition en demi-teinte avec "In Times Of Darkness", album disposant pourtant de qualités indéniables tant au niveau du style que des prestations instrumentales. Séduit mais pas converti, je dissimule donc une note réelle de 3,5/5 dans un paquet de chocolat extra-fin en espérant qu’un fan de Metal Prog sera le gagnant du prochain grand jeu concours organisé par NIME !

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   HAPLO

 
  N/A



- Omar Cuna (voix et basse)
- Manuel Meinen (guitares)
- Albert Ibrahimaj (guitares)
- Marc Petralito (piano / claviers)
- Ronnie Wolf (batterie)
- Invités
- Anna Murphy (voix additionnelle)
- Devon Graves (voix additionnelle)
- Tina Guo (violoncelle)
- Christian Älvestam (growls)


1. Inside These Walls
2. The Black Sea
3. Storm
4. Erase
5. Deception
6. Disaster (sweetest Enemy)
7. Lost
8. The Huntress



             



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