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2017 From The Fires
 

- Style : Cream, Grand Funk Railroad, Led Zeppelin, Rival Sons, Tyler Bryant & The Shakedown, Cactus

GRETA VAN FLEET - Anthem Of The Peaceful Army (2018)
Par DARK BEAGLE le 30 Mai 2019          Consultée 1005 fois

Oui, je sais. C’est encore moi qui m’y colle. GRETA VAN FLEET passe encore par moi. À ma décharge, j’ai demandé à mes collègues si quelqu’un était intéressé pour reprendre le groupe et je me suis heurté à autant d’enthousiasme que pouvait montrer un juif invité à un congrès SS durant le Troisième Reich. Non, inutile de me taper dessus pour cette blagounette de mauvais goût, elle est parfaitement assumée, mais réfléchissez un peu sur le fait que personne ne veuille écrire sur le cas GRETA VAN FLEET dans l’équipe. Ce n’est pas parce que les ’70 ou le Revival figurent parmi mes terrains de jeu, et sans vouloir parler au nom de mes collègues, j’ai comme l’impression que chacun trouve à redire au sujet de ce groupe, plus ou moins ouvertement. Vous n’aurez donc à faire qu’à moi et ma mauvaise foi manifeste vis-à-vis de cette formation.

Enfin, mauvaise foi, je préfèrerais avancer le terme « esprit critique », même si cela reste sujet à discussion. De mon point de vue, GRETA VAN FLEET n’est pas forcément un groupe dénué de talent, mais qui fait montre d’un opportunisme assez crasse. Le genre de groupe qui n’a pas inventé le riff à découper le Metal, mais qui n’a pas non plus la densité pour avoir un style qui lui est propre, ou du moins, laisser transparaître une personnalité. GRETA VAN FLEET, pour résumer, c’est un combo au goût de Canada Dry. Il a l’odeur de LED ZEPPELIN, le goût de LED ZEPPELIN, mais ce n’est pas du LED ZEPPELIN. Voilà qui est fort gênant à une époque où beaucoup de groupes qui évoluent dans le genre Revival parviennent à donner une partie d’eux-mêmes dans leur hommage à un passé glorieux… GVF, si vous me permettez cet acronyme, joue la carte de la facilité, en quelque sorte.

Mais là encore, dire que GVF fait dans la facilité est, sur ce premier véritable album, contourner la vérité. Autant le double EP "From The Fires" puait le dirigeable à plein nez, autant "Anthem Of The Peaceful Army" tente de montrer que les musiciens veulent s’extirper du carcan dans lequel ils se sont eux-mêmes enfermés. Ou, du moins, en donnent-ils l’impression sur le premier morceau, "Age Of Man". Le titre est racé, bien qu’ayant toujours une connotation ’70 très marquée. Le titre n’est pas des plus frondeurs, il se déroule sur un rythme calme, qui laisse la possibilité à la mélodie de s’affirmer pleinement. En plus, Joshua Kiszka semble s’être exorcisé de la présence de Robert Plant en lui. On découvrirait presque un style de chant qui lui est propre. "Age Of Man" est donc une introduction à cet album agréable, intéressante à défaut d’être virulente comme avait pu l’être "Safari Song".

Cependant, les vieux démons vont vite revenir. L’ombre du Dirigeable va rapidement planer à nouveau sur l’œuvre de GRETA VAN FLEET, au point d’étouffer la jeune formation qui va complètement s’effacer pour ne laisser ressortir que le clone de LED ZEPPELIN qu’il peut être dans ses moments les plus agaçants. Joshua Kiszka oublie qui il est pour offrir une imitation pleine de conviction de Robert Plant. En fermant les yeux, on pourrait presque se laisser prendre et croire que l’on a affaire à un disque d’inédits de la bande à Jimmy Page. Mais ce n’est pas le cas. Malgré le son qui renvoie aux années 70, malgré le style qui est très proche du Hard Rock des origines, on est bel et bien face à un album de 2018.

GVF joue comme LED ZEPPELIN, période 1970-1973, sans trop chercher à proposer quelque chose d’autre, il faut dire. Musicalement, ce n’est pas ce qu’il y a de pire, hein. D’ailleurs, à l’oreille, GRETA VAN FLEET n’est pas forcément désagréable. C’est du Hard Rock vintage doté d’un certain feeling, à défaut d’une véritable originalité et – point plus dommageable – d’une réelle personnalité. Mais parfois, le groupe va se perdre dans ses compositions et proposer des choses parfois affligeantes comme "The New Day", totalement insipide et qui ne mérite vraiment pas que l’on s’attarde dessus. Parfois, même avec les meilleures intentions du monde, personne n’est à l’abri d’un impair qui fait vraiment mal.

En fait, pour être entièrement franc, "Anthem Of The Peaceful Army" est plutôt d’une banalité à toute épreuve. Déjà entendu une bonne centaine de fois, parfois dans de meilleures conditions, parfois dans des versions bien pires que cela. Nous sommes entre du LED ZEPPELIN et du RUSH première période, quand les Canadiens eux-mêmes montraient toute leur affection pour le Dirigeable Plombé. D’ailleurs, Joshua Kiszka, sur cet album, évoque aussi bien Robert Plant que les jeunes années de Geddy Lee à l’exception de "Age Of Man", donc, où il semble être quelqu’un d’autre. Ou en fait, il semble être lui-même.

Et cet album se déroule ainsi, doucement, sans vraiment prendre le risque alors qu’en réalité, le groupe en prend un gros : celui de passer pour un usurpateur en jouant une musique avec si peu d’originalité et de personnalité. "Age Of Man" est assurément l’un des meilleurs morceaux de cette galette, en compagnie du très bon "Lover, Leaver (Taker, Believer)" qui tire également son épingle du jeu et qui laisse penser que la formation a bien plus de choses à raconter que ce qu’elle veut bien montrer.Il est juste dommage que GRETA VAN FLEET s’enferme dans une prison dorée alors qu’il aurait les capacités pour proposer d’autres choses et, qui sait, de laisser une personnalité pointer le bout de son nez. (1)

En définitive, GRETA VAN FLEET ne révolutionnera pas le monde du Rock, il ne faut pas se leurrer, malgré ce qu’en dit la presse. Le groupe n’apporte bien, il se contente de faire un souffler un vent de nostalgie sur un genre qui ne manque pas de formations évoluant dans cette direction, mais avec un truc en plus. Ce n’est pas misérable, on sent que les musiciens savent jouer, mais il manque d’un réel fond pour mériter mieux qu’un simple intérêt d’estime. S’il veut survivre, le groupe devra montrer beaucoup plus qu’il ne le fait là. Parce que l’on peut être un faussaire admirable, mais ce n’est pas cela qui leur assurera leur pérennité.


(1) Et là, vous noterez que je suis globalement de meilleure humeur sur cette chronique que sur celle de "From The Fires".

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- Joshua Kiszka (chant)
- Jacob Kiszka (guitare)
- Samuel Kiszka (basse, claviers)
- Daniel Wagner (batterie)


1. Age Of Man
2. The Cold Wind
3. When The Curtain Falls
4. Watching Over
5. Lover, Leaver (taker, Believer)
6. Ypou're The One
7. The New Day
8. Mountain Of The Sun
9. Brave New World
10. Anthem



             



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