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FERNDAL - Singularitäten (2019)
Par DARK BEAGLE le 1er Avril 2019          Consultée 1461 fois

Le premier album de FERNDAL avait déjà montré de très belles choses, à travers une musique qui se rapprochait parfois de WINDIR, sans pour autant en capter toute sa grandeur. Les Allemands proposaient alors un Black Metal aux accents épiques, interprété dans la langue de Goethe, sans jamais se défaire d’un sens certain de la mélodie. Et presque brillamment, le groupe s’était imposé comme un des espoirs de la scène extrême germanique. Il restait donc à confirmer et il se remet très vite au travail. À la base, "Singularitäten" aurait dû sortir à la fin 2018, mais il ne voit le jour au final qu’en ce début 2019, avec sa pochette étrange, en noir et nuances de gris (et pourtant c’est loin d’être le plus excitant).

FERNDAL ne va pas beaucoup évoluer par rapport à son premier effort, mais il va équilibrer le propos avec élégance. Sa musique va devenir ainsi plus ambitieuse, elle va chercher à devenir plus grandiose et ce, dès la courte introduction qui va ouvrir le bal avec beaucoup de classe. Le violoncelle de Lestaya est une partie intégrante de l’univers de FERNDAL, il y tient une place prépondérante, il devient le guide pour les autres membres, le chef de file ou l’accompagnateur avisé. Et quand il se marie comme c’est le cas ici avec un orgue d’église, on touche au divin, même si ce n’est pas forcément le terme le plus approprié quand on parle de Black Metal.

Aussi, l’enchaînement avec "Weltenbrande" est absolument jouissif. Lestaya est encore à l’œuvre ici, mais elle change adroitement son fusil d’épaule pour nous livrer neuf minutes lourdes et machiavéliques. La formule est relativement basique, elle a été soigneusement éprouvée par d’autres groupes avant lui, ainsi que sur l’opus précédent, mais tout est très bien agencé, avec violoncelle qui s’incruste toujours et qui vient apporter une véritable force mélodique au milieu de la hargne et des blast beats menés tambours battants (ce qui va de soi). Le chant arraché de Sorathiel nous conduit dans des sphères ténébreuses, mais ce n’est pas le propos principal de FERNDAL.

Bien sûr, une essence noire se dégage de "Singularitäten" et souvent, de ces voiles de ténèbres, peuvent naître une certaine forme de beauté. Les Allemands vont livrer une prestation très esthétique tout au long de l’album, s’autorisant des instrumentaux soignés, qui participent grandement à la bonne tenue de ce disque, avec leurs variations de thèmes, ainsi qu’un talent d’adaptation qui impressionne depuis le premier album. En effet, sur l’opus précédent, FERNDAL avait repris "Arntor" de WINDER sous une forme instrumentale et ici, il récidive en jouant avec justesse "Mother North" de SATYRICON, adapté pour un piano et quatre violoncelles, pour un résultat remarquable et harmonieux, laissant libre cours à la furia de "Die Verlorenen", qui reprend les hostilités de plus belle.

Et parfois, la mélancolie palpable sur certains titres s’efface complètement pour ne s’attacher qu’à l’efficacité la plus brute, comme sur "Siebter Gesang", qui sonne de façon plus moderne, tranchant habilement avec le reste. Pourquoi habilement ? Parce que c’est un morceau que l’on retient bien, même s’il est loin d’être le meilleur de l’album, avec sa construction différente, son chant plus « clair », en allemand, qui lui donne une nouvelle dimension, un relief inattendu, un aspect plus brut loin d’être désagréable. Mais c’est bel et bien sur un morceau plus dans l’esprit FERNDAL que s’achève ce disque, avec un "Distanz" qui retrouve la mélancolie chère au groupe, lui qui sait si bien l’exploiter, la ponctuant de petites explosions de rage parfaitement contenues.

Il y a quelque chose d’héroïque dans la façon qu’a FERNDAL d’aborder sa musique. Le groupe s’avère brillant dans sa manière de penser sa musique, construite mais fluide, sombre mais pas dénuée de lumière. Et ce sont ces parcelles de lumière qui permettent à l’ensemble de dégager la noirceur nécessaire pour vraiment nous écraser, sans le moindre remord, sans la moindre des plus petites excuses. Et c’est tant mieux. Parce que c’est ainsi que s’apprécie FERNDAL, dans ce tourment constant, cette indécision entre la force brute et les mélodies sombres, sépulcrales. L’équilibre naît paradoxalement du chaos et au travers cette sombre beauté s’affirme un groupe qui a trouvé son style et qui l’affirme haut et fort.

"Singularitäten" ne plaira pas à tout le monde, la langue allemande pouvant être un frein pour certains, notamment "Siebter Gesang", où elle s’avère… Pour le moins spéciale. Pourtant, à défaut d’être un pur chef d’œuvre – il y a encore et toujours des petites choses perfectibles – il s’agit juste d’un excellent album. En toute simplicité, en jouant un Black Metal qui évolue entre les traditions, des relents Gothiques bien maîtrisés et des élans de modernités qui permettent à FERNDAL de ne pas stagner dans un univers déjà pillé par de nombreuses autres formations. Les Allemands sont bien partis pour devenir un des grands noms du genre dans les années à venir.

Note réelle : 4,5/5.

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   DARK BEAGLE

 
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- Sorathiel (chant, basse)
- Sethras (guitare)
- Abarus (guitare)
- Hatos (batterie)
- Lestaya (violoncelle)


1. Intro Op 2.1
2. Weltenbrande Op 2.2
3. Bringer Der Leere Op 2.3
4. Im Sternenlicht Op 2.4
5. Klavierquintett In E-moll Mother North Op 2.5
6. Die Verlorenen Op 2.6
7. Siebter Gesang Op 2.7
8. Serenade Op 2.8
9. Distanz Op 2.9



             



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