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HIGH ON FIRE - The Art Of Self Defense (2000)
Par T-RAY le 30 Décembre 2018          Consultée 545 fois

L'art de la self-défonce. C'est celui que pratique depuis toujours Matt Pike. Parmi les substances par lui consommées, la toute première le rendait stoned, en particulier durant l'ère SLEEP, qu'il co-fonda en 1990 puis qu'il quitta en 1998 lorsque lui et ses compères Al Cisneros et Chris Hakius décidèrent d'interrompre là leur ménage à trois. La substance qu'il s'est alors mis à absorber pour se changer les idées lui a permis de planer de ses propres ailes. Bien high, le gars ! Genre, haut comme les couches de l'atmosphère qui enflamment les corps célestes lorsque ceux-ci foncent vers notre planète sans pouvoir l'éviter. C'est ce à quoi ressemblera bientôt la formation montée, cette même année 1998, par Pike : un projectile cosmique lancé à grande vitesse, brûlant et fulminant à la fois, enivré de sa propre énergie dévastatrice. Une boule de feu qui atteindra bientôt sa vitesse maximale jusqu'à mériter pleinement son nom d'HIGH ON FIRE.

Ce feu qui sera tout à la fois le moteur et la drogue du groupe couve encore sur son premier opus studio. Sur "The Art Of Self Defense", HIGH ON FIRE n'est pas encore le monstre d'agressivité embrumée qu'il se révélera être sur ses prochains albums. Matt Pike est encore entre deux états : pas tout à fait extrait de son SLEEP ni vraiment on fire pour autant. Aussi ce debut album, comme on dit dans son Amérique natale, est un entre-deux qui permet d'assurer sans difficulté la transition d'un trio à l'autre. D'une forme de Stoner, plutôt marquée Doom, à une nouvelle, au côté Sludge plus prégnant. Le côté Speed, voire thrashy, lui, viendra plus tard. Ici, HIGH ON FIRE est encore très dépendant du style SLEEP même s'il commence à s'en émanciper discrètement. C’est en vérité ce qui fait le charme de ce premier opus studio pas si mal dégrossi que ça.

Oui, à première ouïe, les morceaux ici gravés se ressemblent. Tout immergés qu'ils sont sous un effet fuzz quasi permanent, ils apparaissent comme nappés d'une brume épaisse qui paraît suffocante de prime abord, mais qui se révèle en réalité assez douillette. Ici, le groupe américain nous roule tranquillement dans une belle grosse feuille enveloppante et confortable, nous allume avec soin et nous fume, peinard, une taffe après l'autre. Il prend carrément son temps et cela fait effet : high n'est plus seulement un qualificatif dans l'habile appellation de la formation. C'est l'auditeur lui-même qui se retrouve porté vers les hauteurs, malgré la lourdeur de la musique. Certes, il manque encore un feu vif pour embraser tout ça et même le chant de Matt Pike, un brin lointain et trop tranquille, n'est pas encore celui des futurs albums d'HIGH ON FIRE.

L'agressivité qui fera bientôt partie de l'identité même du groupe se fait encore discrète, ici. Subreptice. Elle se laisse entrevoir dans la tonalité des guitares, parfois plus basse encore que dans SLEEP, plus menaçante surtout. Mais c’est en particulier la part de Sludge qui recèle cette agressivité. Une part autrement plus importante et déterminante chez HIGH ON FIRE que chez l'entité qui l'a précédé. La part de Sludge du trio va chercher ses origines Punk très loin. Elle les trouve dans les efforts des groupes de Garage Rock ayant précédé la première vague keupon labellisée comme telle. Ça respire à pleins poumons l'air enfumé et rebelle qui planait à la charnière des années 60 et 70, comme l'enveloppant mais déjà abrasif "Baghdad" le prouve d'emblée. "Blood From Zion" est du même tonneau. Pourtant, ce morceau mid-tempo est le plus rapide de l'album, c’est dire comme l’ensemble est mastoc ! Ce titre est ici l'antithèse du morceau qui clôt les festivités, le long et lourd "Master Of Fists", sans pour autant être taillé dans un bois différent.

Le psychédélisme si cher à l'époque n'est jamais loin non plus, comme les deux dernières minutes lancinantes de "10,000 Years", pleines d'une distorsion hypnotique, le démontrent également. Ou comme les trémolos de "Fireface" le prouvent à leur tour. Direct from the 70s aussi, cette basse qui groove et se faufile un peu partout, soulève régulièrement la gangue de guitares lourdes d'un léger Funk qui donnerait presque envie de remuer la cuisse ou l'arrière-train de temps à autre, comme durant le solo de guitare de "10,000 Years". Mais ce sont là des éléments peu déterminants dans l'évolution musicale à venir pour HIGH ON FIRE. L'on est ici face à un album de Stoner qui a du charme, mais le charme de l'adolescent qui ne sait encore trop que faire de son corps dégingandé en pleine transformation. On passe un bon moment en sa compagnie, à partager ses expériences psychotropes, sans pour autant regretter cette période une fois l’ado devenu adulte.

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   T-RAY

 
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- Matt Pike (guitares, vocaux)
- George Rice (basse)
- Des Kensel (batterie)


1. Baghdad
2. 10,000 Years
3. Blood From Zion
4. Last
5. Fireface
6. Master Of Fists



             



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