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SEAR BLISS - Letters From The Edge (2018)
Par VOLTHORD le 10 Octobre 2018          Consultée 615 fois

Six ans !
Six ans depuis "Eternal Recurrence", onze depuis "The Arcane Odyssey", dernier vrai album de SEAR BLISS en date.
Sur "Eternal Recurrence", SEAR BLISS avait l’air de chercher une nouvelle direction artistique. Il s’était tourné vers ARCTURUS, tentative correcte mais effaçant finalement une part de magie à sa recette initiale. En 2012, j’y voyais peut-être une renaissance, avec la possibilité d’affiner progressivement une nouvelle identité. Il n’en a rien été, SEAR BLISS s’est ensuite mis en veille jusqu’à 2018.
Et il revient aujourd’hui avec ce qui pourrait être, assez clairement, la suite de "Arcane Odyssey". Retour aux bases de la musique de SEAR BLISS. Rythmes lents, trombones nocturnes omniprésents.

"Seven Springs" sera ici la pièce maîtresse, où l’on retrouve cette ampleur sonore propre au sublime "Glory And Perdition" et un break acoustique guitare/trombone digne des grands instants de "Grand Destiny". "A Mirror In The Forest" est un défilé de mélodies basées sur un mid-tempo pouvant quant à lui trouver un juste milieu entre "Eternal Recurrence" et des titres comme "Blood On The Milky Way" dans "The Arcane Odyssey".

Inversement "Leaving Forever Land", censée être LA pièce de dix minutes de fin d’album s’empâte dans une pseudo-grandiloquence mollassonne qui ne semble plus trop savoir ce qu’elle fout là. Le très Rock et aérien "Haven" est quant à lui légèrement imprégné de la tristesse originelle d’un "Phantoms" ou "The Haunting", même si sa légereté ALCEST-ienne dans les guitares l’empêche de redéployer la toile de fond imposante de ces deux albums. Une chose que "The Main Divide" retranscrit avec plus de ferveur.

SEAR BLISS nous propulse de nouveau sur la voie lactée, une singularité retrouvée dans ses mélodies et ses ambiances, avec notamment des aérations acoustiques particulièrement réussies ("Abandoned Peaks", "The Main Divide"...). Sa mélodicité entache cependant son amertume, l’agressivité et la déprime réellement pesante que l’on pouvait retrouver dans les grands albums du groupe sont relayées au second plan et on peine à y retrouver cette profondeur. Le titre révélé avant la sortie de l’album, "Shroud", est assez symptomatique de cette légereté Post-Black en demi-teinte qui ne sert en rien le propos des Hongrois.

Mais si SEAR BLISS ne me transporte guère comme auparavant, ce n’est peut être pas seulement par le manque de parti-pris de sa production et l’apparent manque de caractère de son ensemble. Le vrai problème demeure finalement dans ce qu’est le Black Metal aujourd’hui.

[digression]
Paradoxe, peut être, de l’âge : à une époque, nous pouvions découvrir des groupes hors contexte (in a vacuum comme diraient les Brittons). Ce groupe-là était nôtre, il nous avait touché au coeur. Il utilisait des éléments communs dans un genre extrêmement codé, qui alors nous apparaissaient comme uniques. Le contexte faisait aussi que nous n’avions pas quinze mille autres albums à écouter en même temps, ni même si facilement la possibilité d’accéder à des groupes exactement similaires. Même si je défendrai toujours SEAR BLISS comme était un vrai grand groupe de Black Metal, il ne faut pas se mentir quant à son apport "historique”" à la scène, qui est assez peu conséquent. C’est avant tout et contre tout un immense coup de coeur, arrivé du ciel à un moment où il était propice pour moi de l’accueillir et de me l’approprier.

Aujourd’hui, les players de Spotify ou de YouTube vous attirent sans équivoque vers un "contenu similaire", ils diluent alors autant la personnalité des groupes que leur propension à nous impacter personnellement. Dans un genre aux codes cloisonnés comme le Black Metal, les groupes qui ressortent sont donc davantage les groupes "à gimmicks" (BATUSHKA, ZEAL & ARDOR) que les groupes sachant subtilement articuler une recette de base.
Les chaînes comme "Atmospheric Black Metal Albums" ou "Black Metal Promotion" (ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, ces chaînes regorgent de pépites) agrègent et empilent, au milieu de tout ça des vieux de la vieille sont purement et simplement rapatriés dans le flux musical comme une information qui passe sans majesté. L’oreille toujours curieuse va donc d’album en album, parfois de surprise en surprise mais finit davantage par se lasser des schémas répétés que par adopter chacun des contours d’un album et de s’en accomoder. Les albums atmosphériques "nocturnes" de qualité foisonnent, et "Letters From The Edge" est alors un clic parmi d’autres, un énième album du genre, sans visage.

Parfois la contrainte a du bon.
Octroyer plusieurs écoutes à un album en apparence repoussant nous faisait parfois réaliser à quel point il nous fallait, nous, travailler sur nos a priori. En cela, j’ai mis énormément de temps à accepter "Grand Destiny" pour ce qu’il est. Aujourd’hui, c’est un des albums de SEAR BLISS que je ressors le plus souvent.
Sans doute n’aurais-je pas vraiment porté mon oreille plus de temps à cette oeuvre moins mélodique du groupe dans le contexte d’aujourd’hui. Cela va sans dire qu’il est encore possible de se contraindre, mais que l’accessibilité totale du contenu en ligne rend cette "volonté d’ignorance" quasiment impossible.
______

Et pour en revenir à mes moutons, "Letters From The Edge" nécessite sans doute encore beaucoup d’écoutes et ne manquera à mon avis pas de plaire à un grand nombre de fans de Black Atmosphérique, voire même peut constituer une idéale porte d’entrée sur le reste de la discographie du groupe.
Pour moi, et un peu comme l’amoureux en ayant trop attendu, SEAR BLISS réussit à nous rappeler ce qu’il a été, mais nourrit difficilement sa flamme.
Il vit encore, en tout cas, et ça, pour moi, c’est essentiel !

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- András Nagy (chant, basse, clavier)
- Zoltán Pál (trombone)
- Attila Kovács (guitare, clavier)
- Gyula Csejtey (batterie)
- Zoltán Vigh (batterie)


1. Crossing The Frozen River
2. Forbidden Doors
3. Seven Springs
4. A Mirror In The Forest
5. Abandoned Peaks
6. Haven
7. The Main Divide
8. Leaving Forever Land
9. At The Banks Of Lethe
10. Shroud



             



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