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BLACK THRASH METAL  |  STUDIO

Lexique thrash metal
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- Style : Bathory, Venom, Sodom, Gehenna, DestrÖyer 666, Darkthrone
- Membre : Mezzerschmitt, Ava Inferi, Earth Electric, Enslaved, Virus, Ved Buens Ende, Satyricon, Ulver, Mayhem, Immortal, Gorgoroth, DØdheimsgard, Nader Sadek

AURA NOIR - Aura Noire (2018)
Par PERE FRANSOUA le 16 Juillet 2018          Consultée 1215 fois

Revoilà AURA NOIR, le plus gros nom de la scène revival, dont l’aura (ben, oui !) éclipse bien d’autres larrons fans infâmes des années quatre-vingt, fans jusqu’au bout du malsain, ayant réussi l’amalgame de l’Extrême et du Thrash.

On a beau respecter des vieux briscards tels que BEWITCHED, NIFELHEIM, DESTRÖYER 666 ou NOCTURNAL BREED, quand le trio d’As de Pique norvégien revient, on en parle, ça ferait presque le buzz comme une bière sous pression qui vous gicle dans la tronche, on est prêt à enfourcher sa bécane custom façon Mad Max, la fourche de Belzébuth au flanc, et on appuie sur play avec son gros doigt plein de graisse de moteur.

La brioche à l’air, des patchs partout sur la veste en jean sans manche, "Dark Lung Of The Storm" dans la face (premier morceau et premier single), on démarre à plus de 100 (pas trop vite, quoi) et l’on se sent déjà à feu et à sang. Peu nous importe de mourir la calvitie dans le vent, mais on va quand même attendre d’avoir été au bout de la route (66, forcément) et du disque. C’est bien parce que ça accélère vite, et c’est ça qu’on aime chez eux, se laisser griser par leur vitesse en se grillant la tête et se brisant la nuque. V’là t’y pas que ça fonce, que ça tape dru et que ça sent très fort le SLAYER de "Hell Awaits". Oui c’est bon ça quand on fait cracher notre gros engin diabolique à coup de poignet sur l’accélérateur. On ne sourira pas, à cause des insectes qui se collent sur les dents, mais notre rictus se voit depuis l’au-delà.

Sur l’autoroute de l’enfer la signalisation impose des changements de vitesses fréquents et il est vrai que depuis "The Mercyless" et surtout "Hades Rises" le crew AURA NOIR délaisse un peu trop l’excès de vitesse excitant au profit d’un mid-tempo pépère perfide qui sent la bière, lorgnant moins du côté "Endless Pain" de la route pour fixer un horizon VENOMÖTORHEADien (désolé pour ce néologisme). C’est encore le cas ici mais pour mon (notre ?) plus grand plaisir ils varient les rythmes sur tout le disque et même des titres majoritairement pas rapides ont droit à leur accélération qui fait zizir (Rider) tel "Grave Dweller" ou "Mordant Wing". Le fin du fin à fond la caisse sera atteint sur "The Obscuration" et son trémolo sadique rappelant "Black Thrash Attack" qui met en joie.

Nos mécanos infernaux chevauchant side by side, avaient pour tradition de faire la route sur deux bécanes, chacun bricolant la sienne (la différence se faisait entendre) et le troisième compagnon ne venant qu’apporter quelques menus soli. Mais cette fois ils ont changé leur routine de travail et l’engin de la mort s’est vu composé à l’ancienne lors de sessions live (un coup au Portugal, un coup en Roumanie) où chacun gardait son poste, Apollyon à la batterie, Agressor à la basse et au chant et Blasphemer seul à la guitare (il signe ici son grand retour).
L’enregistrement conserve ce schéma, avec une volonté farouche de restituer l’ambiance, le son, le feeling et l’énergie du trio en live. C’est plutôt réussi même si l’on sait que chacun a enregistré sa partition dans son coin du monde (dont le plus éloigné fut Blasphemer, au Portugal donc, sympathique pays où Sagres et Super Bock coulent à flots, un pays définitivement plus chaud et moins cher que la Norvège).

Il n’en reste pas moins que le disque sonne de façon très cohérente et homogène, chacun sur son instrument, le power trio dans toute sa splendeur avec une seule guitare sans overdub aucun ce qui fait que lors des soli c’est la basse qui tient la baraque comme chez les deux grands totems MOTÖRHEAD et VENOM. Transition parfaite pour vous toucher un mot sur les vocaux d’Agressor (et un peu Apollyon) qui continuent d’éructer dans une fusion entre feu-Lemmy et Cronos. Dans la lignée de "Hades Rises" et "Out To Die" les restes de grains diaboliques fleurent plutôt le grain d’alcoolique (d’orge arrosé de houblon), le tabagisme offrant un vocoder naturel. On ne distingue pas toujours bien qui chante sur quelle chanson (pour une fois ce n’est pas indiqué dans le livret) mais on reconnaît le timbre un peu plus râpeux d’Apollyon sur le frénétique "Shades Ablaze" et peut-être sur l’épique "Hells Lost Chamber".

Vous le savez nos bikers ne roulent pas sur des bolides rutilants façon avion de chasse bourré d’électronique, depuis 1995 ils s’évertuent à restituer le doux son des vieilles charrettes qui crachent et pétaradent. Mais cette fois avec "Aura Noire" ils ont vraiment atteint leur apogée. Dès le premier coup de manette le moteur custom vous explose à la tête dans un grondement brut, l’énorme engin vibre entre nos cuisses et l’on s’intoxique aux bons gaz d’échappement d’antan. En prenant le temps de bricoler dans leur garage (longue production maison) les gars ont réussi à imiter le son des 80s avec ce petit sifflement métallique (on croirait une version remasterisée d’un croisement entre "War And Pain" de VOIVOD et "Eternal Devastation" de DESTRUCTION).

Sans dévier de sa trajectoire à l’ancienne, AURA NOIR fait un retour en force avec son album presque éponyme (corrigeant au passage sa faute d’accord en français). C’est toujours un grand pot pourri du vieux Metal avec de la cavalcade Heavy ("Hells Lost Chamber", "Demoniac Flow), du quasi-CELTIC FROST ("Mordant Wind"), de la sauce MOTÖRHEAD sur D-Beat ("Cold Bone Grasp"), du groovy-bizzare à la VIRUS (l’autre génial groupe de Agressor/Czral, sur "Grave Dweller") et même un passage atmosphérique sur le long "Hells Lost Chamber".
Bref les titres sont suffisamment variés pour qu’on ne s’ennuie pas, le riffing est sévère, le son est un régal. Après c’est du AURA NOIR, rien de plus, rien de moins, et au-delà de l’envie irrépressible de secouer ses cheveux gras et de lever sa bière en se rêvant en Easy Rider satanique (ceux qui n’ont pas de chopper peuvent utiliser leur vélo Décathlon), il n’y a aucune transcendance ni aucun avant-gardisme. "On s’en bât les yeu-cou!" criera-t-on après une éructation. Ce qui compte c’est le plaisir donné par le Trou Metôooooool! Dans le genre c’est top, et il est clair qu’il s’agit de leur meilleur méfait depuis "Deep Tracks Of Hell" (on pressent, en plus, qu’il vieillira bien). Vroum vroum, Welcome to an highway to Hell!

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   PERE FRANSOUA

 
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- Aggressor (basse, chant)
- Apollyon (batterie, chant)
- Blasphemer (guitare)


1. Dark Lung Of The Storm
2. Grave Dweller
3. Hell’s Lost Chambers
4. The Obscuration
5. Demoniac Flow
6. Shades Ablaze
7. Mordant Wind
8. Cold Bone Grasp
9. Outro



             



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