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DRUNKEN FURY - I : Warriors Of Flavor (2017)
Par GEGERS le 4 Novembre 2017          Consultée 868 fois

Il est assez difficile de s'affranchir de son éducation Metal. Passé l'euphorie de la découverte, l'incroyable sensation provoquée par les premières écoutes d'un groupe ou artiste qui va nous accompagner toute notre vie, il y a une phase d'expérimentation. Comme moi, j'imagine que vous avez touché à tous les genres, les sous-genres, visité avec frénésie les chapelles même les plus confidentielles pour tenter de renouveler ce sentiment d'euphorie, cette impression de comprendre, enfin, l'univers. Pour ma part, je suis parti du Hard/Heavy classique, pour tenter de découvrir TOUT, avec plus ou moins de bonheur et de réussite. Le Thrash, le Black, le Death, le Folk, le Speed, le Progressif... J'en passe, et des pires. Dans certains cas, on garde, dans d'autres, on jette. Après quelques années d'expérimentation, vous voici généralement avec une belle culture musicale en poche et, surtout, la certitude parfois inébranlable que certains genres ne sont pas faits pour vous.

Ainsi, lorsque j'ai vu que DRUNKEN FURY était classé Death Metal Mélodique, mon sang n'a pas vraiment fait qu'un tour. Pour moi, le Death Mélodique, c'est IN FLAMES ou DARK TRANQUILLITY, de l'énergie préfabriquée, de l'émotion en boîte (gardez vos pavés). Pas vraiment mon pré-carré. Mais j'ai tout de même écouté. Pour deux raisons. La première étant cette pochette al dente, évoquant de loin de "The Spaghetti Incident?" des GUNS. La deuxième, c'est le nom du groupe (la "Fureur bourrée"), pas vraiment le genre de patronyme qui annonce un groupe se prenant trop au sérieux. Venu de Québec, DRUNKEN FURY prend en effet l'affaire avec légèreté. Du budget bière (le groupe, lors de chaque concert, arrose en boissons houblonnées le spectateur le plus participatif) jusqu'au pseudonyme de ses musiciens (Captain Beerbossa, il fallait le trouver), le groupe semble de prime abord vouloir se faire ALESTORM à la place d'ALESTORM, bien aidé pour cela par quelques instruments "tradi" programmés et des claviers. Mais ce "Warriors Of Flavor" (précédé d'un I annonciateur de jours heureux), premier EP du groupe, est en fait une grosse sortie, bariolée et déjantée, qu'il serait fort dommage de passer sous silence. Il y a du Death dans la musique du groupe, notamment dans les growls de son hurleur Steve Punk, mais il y a aussi et surtout une musique qui tient autant du Heavy que du Thrash, une belle déflagration sonore gonflée aux années 2010.

"The Golden Gates", ce n'est rien de plus qu'un titre Heavy imparable, légèrement symphonique dans la forme, Death en surface, et résolument efficace. Le dosage établi entre brutalité et mélodie, l'importance accordée à la clarté des instruments en font une carte de visite remarquable (si vous arrivez à passer outre ce petit motif de guitare qui rappelle – involontairement ? – le jingle de McDonalds). Voilà ce qui semble être l'objectif de DRUNKEN FURY : proposer une musique à la fois sombre et efficace, immédiate et épidermique, portée par des riffs épidermiques. Sans crier au génie, "Taking Back The Ramen Road" (on en revient toujours à l'histoire des nouilles) réussit à nous happer, à nous entraîner dans un univers un peu schizophrénique, façon DIE APOKALYPTISCHEN REITER, où la raison et la folie se croisent sur fond d'une musique Heavy (teintée de Folk) des plus engageantes. Le morceau de bravoure de l'EP, consacré au navigateur breton Jacques Cartier, communément reconnu pour avoir "découvert" le Canada, est le seul titre interprété en français, et voit les ambiances Thrash/Death se marier à un break quasi atmosphérique, agrémenté d'un piano, qui permet d'apprécier l'excellent travail mélodique des guitares.

La légèreté, elle, se retrouve de nouveau sur le titre final, "Drunken Mates", chanson à boire dans la plus pure tradition Folk Metal, jusque dans l'utilisation d'un chant « clair ». Pour le coup, et malgré la sympathie des lignes de guitares, ce morceau nous laisse sur notre faim la faute à une structure chancelante, sans grand intérêt. Néanmoins, c'est bien là le seul défaut d'un premier EP à la fois espiègle et audacieux, bourrin et mélodique. Proposant une imagerie et une production soignée, DRUNKEN FURY a toutes les cartes en main pour se construire une carrière basée sur l'originalité et le mélange (réussi) des genres.

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1. Taking Back Ramen Road
2. The Golden Gates
3. Honor, Virtue, Discipline, Spirit
4. Jacques Cartier
5. Scorch The Land
6. Drunken Mates



             



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