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RETRO-FUTURIST DOOM  |  STUDIO

Lexique doom metal
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2017 Tohu-Bohu
 

- Style : Cult Of Luna
- Style + Membre : Year Of No Light
 

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BAGARRE GéNéRALE - Tohu-bohu (2017)
Par WËN le 29 Octobre 2017          Consultée 1213 fois

C'est à un soir de Novembre 2013 que remonte déjà ma première rencontre avec BAGARRE GÉNÉRALE. Ce soir-même où l'entité bordelaise venait s'incruster en ouverture de la release party de "Tocsin", dernier opus en date de YEAR OF NO LIGHT, cette bien connue terreur sonore des nuits girondines. Si cette dernière monstruosité nous y présentait son nouveau rejeton de la plus imparable des manières, tous décibels dehors, c'est réellement son acolyte de première partie qui, pour ma part, me laissa sur le cul, bluffé par les ambiances incroyablement épique qu'elle réussit à nous tisser sur scène ce soir-là, à grand renfort d'un… Trombone. Oui vous avez bien lu : un putain de bordel de sa mère de TROMBONE !

Passé cette fantastique découverte venue de quasi nulle part, c'est fiévreux que je mis logiquement les pattes sur son premier skeud sobrement auto-intitulé, pour me retrouver finalement peu réceptif à son contenu, n'y retrouvant pas forcément cette part d'audace découverte sur scène quelques jours plus tôt. Il fallut patienter jusqu'au tant attendu split en compagnie de YEAR OF NO LIGHT (encore eux ?! (*)), dont l'ami Isaac sut très bien vous en décortiquer toute la solennelle substance en nos colonnes (**), pour y retrouver cette fugace mais homérique apparition de 2013. Chacun y présentait là un titre perso, copulant ensuite ensemble pour y accoucher d'une ultime collaboration. Une paire d'années s'écoule encore pour qu'enfin, sans tambour ni trompette (mais tous cuivres dehors néanmoins), BAGARRE GÉNÉRALE profite du "Tohu-Bohu" alentours pour débouler dans les bacs, et nous enquiller quelques pains-dans-la-gueulatine, histoire de justifier son patronyme (et ses origines).

Et là, amis lecteurs, j'aime autant vous dire que le quintet n'est pas revenu ruer dans les brancards pour faire de la simple figuration. Dès l'entame de l’imposant "L'Usage Des Mondes", nous voici plongé dans l'action ! Les beignes volent ! Les joues morflent ! Bordel, à quel remue-ménage assistons-nous donc là ?! Car contrairement à ce que son patronyme pourrait laisser évoquer, ni les rixes de PMU entre clodos avinés ni les basses vindictes de punks passablement éméchés n'ont leur place ici. Bien au contraire, tout y est finement orchestré. Les atmosphères développées par nos durs à cui(v)re, résonnant de façon très solennelle (le trombone), tiennent davantage d'une chasse à courre à l’humain ou d'une bataille rangée rétro-futuriste et épique selon les rebondissements que le disque saura bien nous proposer. Ce premier titre s'écoule à peine que ce "Tohu-Bohu" semble en tout cas déjà tenir toutes ses promesses.

Imaginez plutôt - car l'imaginaire jouera forcément un rôle prépondérant dans ce Doom/Post Metal sensitif et riffu que l'orchestre nous développe ici ; imaginez, donc, un monde monochrome, seulement teinté de différentes nuances de suie, à mi-chemin entre l’affolante verticalité des immortelles cités d’un CULT OF LUNA (son opus de 2013) et ce futur déshumanisé qu’a su mettre en musique VANGELIS en son temps (l’intro de "Vertigo" a quelque chose de très "Blade Runner" - 1982). L'ensemble nous fera forcément courber l'échine, prostré en une sourde communion avec la sainte distorsion comme sait si régulièrement nous en offrir un YEAR OF NO LIGHT. Baignant ainsi dans ces ambiances sombres et désabusées, le quintet, cuivré comme jamais, envoie une sacrée sauce, sachant broder des atmosphères saisissantes - si brutes et raffinées à la fois - qui pourraient concrètement servir de BO à n’importe quel roman d’anticipation du siècle précédent.

Pas de chant (pour quoi faire, après tout), mais en lieu et place de celui-ci un couple de trombones, (basse et ténor) qui saura faire toute la différence. Non seulement parce que l'utilisation d'un tel instrument n'est pas commune (parmi tant d'autres cuivres), mais parce qu'en plus, celui-ci renforce d'une touche dramatique des atmosphères déjà loin d'être triviales à la base. Quelque chose de sale, de pourri et même d’un peu désuet se dégage ici, nous laissant en proie à cette étrange sensation d'être constamment épié, ne parvenant jamais à être totalement serein ni libre de nos actes. On écoute. Subissant ces rythmiques puissantes, cette batterie tétanisante dans ses déchaînements, ces riffs emplis de hardiesse tandis que se déchaînent les baffles, nous nous laissons donc kidnapper, maltraiter, brutaliser même, jusqu’au KO final, laissés là, agonisants, la gueule en sang, brisés par ces assauts d’une telle fureur sonore. Et c’est tant bien que mal, qu'à la moindre accalmie (et elles sont intelligemment disséminées) nous nous relèverons puis nous surprendrons, immuablement, à reprendre notre posture pour continuer à dodeliner en rythme, hypnotisés. Puissant !

Enregistré à la maison et masterisé par l'omniscient Alan Douches (YEAR OF NO LIGHT, ULCERATE, The GREAT OLD ONES, MASTODON) décidément très à l'aise sur ce type d'œuvres, le son est ici très bon, ample et imposant à la fois. Quitte à ergoter, peut être ajouterons-nous que quelques envoûtantes minutes supplémentaires n'eurent pas été de refus, mais force est d’avouer que ce trio de pièces se suffit à lui-même. Alors que les 35 petites minutes des derniers LPs de DREAD SOVEREIGN et d'EARTH ELECTRIC (pour ceux dont j'ai pu vous parler récemment) pouvaient paraître bien maigrelettes, BAGARRE GÉNÉRALE sait insuffler vie et rebondissements à sa trame épique pour, dans le même délai et sans peine, vaincre et convaincre.

Conquis et intrigué, je ne saurais donc que trop vous conseiller d'y jeter une oreille. Car mis à part quelques chicots, je vous pose la question, qu'avez-vous donc à y perdre ? Pour ma part, j'attends déjà la suite avec une certaine curiosité et une impatience non feinte.

(*) Est-ce si étonnant ? Cyrille Gachet, membre de BAGARRE GÉNÉRALE, est aussi en charge du mixage et de la production de YEAR OF NO LIGHT (tout comme THE GREAT OLD ONES et MONARCH !) depuis une poignée d'albums et de splits maintenant. Les musiciens se connaissent donc bien, d'autant plus que le premier fut également en charge des cuivres sur quelques pièces de "Tocsin".

(**) cf. la discographie de YEAR OF NO LIGHT.

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- Gabriel Larralde (guitare)
- Cyrille Gachet (claviers, trombone)
- Pierre Latute (trombone)
- Olivier Martin (basse, claviers)
- Pierre Sangla (batterie)


1. L'usage Des Mondes
2. Promenade
3. Vertigo



             



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