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PHARAOH - Bury The Light (2012)
Par CITIZEN le 26 Août 2017          Consultée 834 fois

Curieux groupe les PHARAOH. Basé aux quatre coins des US, le combo travaille exclusivement à distance et ne se serait rencontré au complet que pour ses premières sessions photos, ce qui ne l’a pas empêché de donner des concerts, chose peu orthodoxe contre une compétition de groupes formés par les gamins du quartier ! PHARAOH c’est la rencontre magique, quelque part sur un serveur dématérialisé, des flots métalliques passés à la moulinette de la carte son. Et pourtant le groupe a sorti quatre albums de cette façon, en trouvant le moyen d’étoffer son style progressivement, et surtout de sonner comme un "vrai" groupe aussi organique qu’on puisse trouver.

En plus, et si la plupart des auditeurs reconnaitront principalement Tim Aymar de CONTROL DENIED dans le lineup, ce que les autres chroniques n’ont pas relevé, c’est que, hé oui ! C’EST UN GROUPE DE CHRIS BLACK, rien de moins, qui assure les drumz pour une fois, et les deux autres membres plus obscurs sont également des mercenaires qui ont participé à certains de ces projets. Connaissant le background progueux de l’un et le background totalement hard rock et heavy metal pur et dur de l’autre, qui n’a d’autant plus pas l’habitude de ne pas tenir les rennes, l’entreprise parait d’autant plus bizarre. Avec le heavy racé qui rentre dans le mélange, on
peut s’attendre à ce côté extrêmement travaillé, léché, à ces compos fines et bourrées jusqu’à la dernière seconde d’idées dans tous les sens et où les arrangements règnent en maître. Ce qu’on anticipait pas c’est un résultat aussi thrashy et en fait aussi ultra bourrin. Du power metal mûr et construit hasardeusement en salle blanche, qui sent plus le bureau d’études/blueprints que la sueur et le rance des répétitions en garage ? Yesss, mais un "vrai" groupe certainement au vu du résultat, une pièce tout d’un bloc très cohérent.

Mais force est de reconnaître que PHARAOH est subtil et inspiré, pourtant je suis méfiant de base envers le power metal au sens moderne, les groupes genre SAB*TON et toute cette musique de geek composée entre deux raids de W0W. PHARAOH se pose comme la version hard sous amphète de MAIDEN, avec des guitares complètement barrées très imposantes et des compos magistrales.

PHARAOH est souvent grandiloquent, mais c’est un trait de caractère qui émerge forcément de l’ampleur des paysages dépeints et des histoires racontée ("The Graveyard Of Empires" semble enfler jusqu’à faire céder le mur du décor, simplement majestueux), et doit souvent suivre le chemin délicat entre ses tendances à la puissance (ça défouraille sans embarras sur presque toute l’étendue des morceaux pour l’essentiel) et aux illustrations plus intimistes et subtiles, qui peuvent aller de kitsch (trop chargé) à la démonstration d’une finesse incroyable. Les compositions intelligemment construites réussissent à éviter de casser ce caractère atmosphérique/fantastique par un défrichage industriel. On n’échappe pas tout de même à un côté précieux certain qui peut à la fois rendre les morceaux un peu trop lestes ou leur donner un coup de foudre, selon les moments. Le groupe se fait aussi le champion des breaks gracieux, lumineux, timides comme un rampant qui se précipite vers l’abri à la lumière du jour, et si j’aurais tort de pas insister sur la spécificité du son de PHARAOH qui a une indéniable parure pimpante, miroitante, le truc inimitable bien à lui.

L’expressivité et le côté viscéral de ces chansons doit être soulignée au sein d’une scène où la surenchère n’est pas forcément la meilleure option : ce chanteur est unilatéralement puissant et agressif, et parvient pourtant à déployer une force émotionnelle qui décuple le propos du groupe, parvenant à un équilibre entre le côté douillet des morceaux et entre les déferlantes énervées qui les entrecoupent, un chant quelconque aurait suffi à rendre ridicules les incursions sur le terrain du grandiose. Tim Aymar assure que ce soit pour accompagner les riffs agressifs et galopants que dans les plages extrêmement spatiales dans lesquelles le groupe se plonge sans prévenir. PHARAOH se ménage en effet des longs moments rêveurs et planants ("Telepath" sur l’album précédent, qui à mon avis manquait justement de ces plages géniales qui sont ici beaucoup plus nombreuses et font partie de ce que le groupe a de plus particulier et de plus réussi) qui pimentent les compos par un mélange des genres, notamment sur l’épique "The Year Of The Blizzard". Cette chanson n’est peut-être pas ma préférée mais comment ne pas d’ailleurs en parler, il s’agit d’un morceau fleuve qui est le plus entreprenant de l’album, avec des superbes touches de guitare sèche et une narration qui voit Tim Aymar utiliser le registre le plus calme de tout l’album.

Il n’y a pas vraiment de chansons en-dessous, les plus thrashy sont peut être les moins mémorables sur la longueur mais sont bien à leur place au début de l’album, surtout "The Wolves" qui est un tube. "Castles in the Sky" est très bon mais revêt un caractère un peu trop gai pour relever de cet aspect éthéré qui gonfle petit à petit pour aboutir sur les deux-trois dernières pistes. "Burn with me" est d’ailleurs issue de "Set me free" d’HIGH SPIRITS, une bonne idée vue que ce projet ne l’avait enregistré qu’en demo et qu’elle méritait bien ce surcroit de pêche, et c’est intéressant d’entendre un autre vocaliste se l’approprier. De façon amusante, les 2 versions ont des paroles en négatif qui semblent se répondre ! "In Your Hands" est sans doute la meilleure chanson de l’album avec une sorte de dérive séquencée des guitares en guise de bouquet final, un moment de magie entière, avec un chant très vibrant qui la frappe d’un sceau inébranlable et dégage un sentiment de confiance absolue.

Avec ça cet album me fait toujours sortir une petite larme avant même de l’avoir lancé. Un album pareil qui résulte essentiellement par transmissions de bits d’un bout à l’autre d’un pays étendu et qui prodigue un feeling pareil est tout simplement un accomplissement magique.

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- Chris Kerns (basse)
- Chris Black (batterie)
- Matt Johnsen (guitare)
- Tim Aymar (chant)


1. Leave Me Here To Dream
2. The Wolves
3. Castles In The Sky
4. The Year Of The Blizzard
5. The Spider's Thread
6. Cry
7. Graveyard Of Empires
8. Burn With Me
9. In Your Hands



             



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