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SCROTOCTOMY - Born To Eviscerate (2017)
Par T-RAY le 4 Juillet 2017          Consultée 512 fois

Entre son premier E.P, "From Torture To Putrefaction", et son premier album, "Born To Eviscerate", SCROTOCTOMY est devenu pro. L’enregistrement à quitté le figuré garage pour le très (trop) propre studio. Et les Mexicains ont ainsi perdu une partie de l'âme de leur musique, qui a gagné en puissance, en contrepartie. Le son est ici beaucoup moins viscéral que celui de l’E.P, or l’aspect raw qui en résultait contribuait en bien à l’âme de la musique du quintette. Sur cet album, le son est beaucoup trop compact. Et Dieu sait combien les viscères sont essentielles à un genre musical comme le Slam Death.

Oui, la production est massive, la basse ronronne et les growls d’Oscar... growlent. Mais avec ce son si dense, les variations, si importantes car si subtiles (eh oui), du Slam de SCROTOCTOMY s’en retrouvent comme gommées. La batterie sonne également plus mécanique, sans doute partiellement triggée, empêchant une bonne partie du groove naturel du groupe de s'exprimer… Tout, même les vocaux façon évier qui se débouche, sonne propret, alors que le Slam du quintette est sale, très sale. Ce son aseptise la musique des Mexicains, alors que leur musique devrait être plus infectée que jamais.

Niveau durée, SCROTOCTOMY fait à peine plus long que son premier E.P… Ce premier album est très bref, 26 minutes à peine. Dont une usée sur une intro inutile, puisque le groupe a déjà l’habitude d’orner ses morceaux d’intros, qui sont toujours aussi malsaines, au passage. Certes, dans un genre musical comme le Slam Death, trop allonger la sauce est vite écœurant… Mais n’est pas "Reign In Blood" qui veut ! À l'écoute de "From Torture To Putrefaction", je craignais que le quintette d’Outre-Rio Grande ne parvienne pas à tenir la distance d’un album complet malgré ses évidentes capacités. Et c’est un peu le cas sur son successeur.

Le cœur de ce disque est un peu creux... Et ce ne sont donc pas lesdites capacités qui empêchent les musiciens ici d’assurer, mais bien ce foutu son qui kärcherise un peu trop le sanguinolent crépit précédemment projeté par SCROTOCTOMY. Du coup, ces 26 minutes sont paradoxalement difficiles à tenir. Et nous contraignent à nous pencher dans le détail sur la dépouille de chacun des huit morceaux pour en disséquer les organes les plus intéressants… Alors que le Slam joue plutôt sur les sens que sur l’intellect, voici qu’on doit creuser, le disque et sa propre tête, pour faire ressortir les qualités de cet album.

Or, il y en a, de l'intérêt, sur ce disque. SCROTOCTOMY n’a pas perdu son savoir-faire avec le son si raw de son E.P. inaugural. Mais les vrais bons moments sont plus discrets sur ce premier album… Le riff de "Royal Impalement", par exemple, est efficace : puissant et inquiétant, il s’exprime d'autant mieux qu’il est exécuté sur un tempo plutôt rapide, pour du Slam. Mais en dépit de sa qualité, il n’est pas soutenu comme il l’aurait mérité : la batterie est beaucoup trop mécanique pour transmettre autant de groove que sur "From Torture To Putrefaction", et les vocaux trop souvent réduits à une basse éructation. Alors qu’Omar Garcia est plus que capable de faire mieux, et de se montrer expressif même dans ce registre classiquement Slam. Il le prouve d’ailleurs à plusieurs reprises au fil de ce premier L.P.

Globalement, les riffs et les rythmiques de guitare ne sont pas prises à défaut sur cet album : ils grincent et elles écrasent comme prévu. Sur "818", l'alternance entre passages lents et martelés et accélérations subites, notamment la dernière, fonctionnent presque aussi bien qu’auparavant. Idem pour le morceau-titre, sur lequel SCROTOCTOMY prouve avec brio qu’il est un (jeune) maître de la variation des rythmes, et qu’il reste capable de briser des nuques rien qu’avec un changement de tempo. Mais avec ce son, les performances du groupe mexicain passent malheureusement au second plan. Il faut pousser le volume à fond pour parvenir à ressentir la variété et la pesanteur pourtant inhérentes à la musique de SCROTOCTOMY… C'est bien dommage.

Alors, oui, le quintette mexicain reste parmi les meilleurs dans son genre de Death Metal. Mais il aurait fallu mieux soigner le contenant pour démontrer cette supériorité de manière éclatante. Car le contenu est largement au niveau. Rien que "Sextrangulation" suffit à s’en convaincre. Tout y est : riffs mammouths, ponctués de coups de tremolo bar bien sentis, accélérations mortelles, rythmique en béton armé, et growl plus furieux que partout ailleurs sur ce disque. "The Taste Of Sickness" est du même acabit et l’on n’ose se demander combien de morts aurait fait cette arme bactériologique avec le détonateur qui va bien, ce son chaud et cradingue qui fait défaut à SCROTOCTOMY sur ce premier album. Le potentiel contagieux d’un tel morceau est normalement dévastateur…

"Psychological Mutilation" aurait lui aussi tout détruit sur son passage s’il avait été mieux traité, par une production moins monolithique. Mais n’allons pas descendre nos bouchers mexicains sur le simple constat de la prod de leur album. Musicalement, SCROTOCTOMY tient toujours très bien la route (de la morgue, de l’abattoir, du charnier, celle que vous voulez). Et son Slam aurait été inarrêtable avec plus de finesse dans son traitement sonore. Ces Mexicains sont bons et ont les qualités requises pour emballer le monde du Slam. Voire du Death tout court. Prière de ne pas les freiner.

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   T-RAY

 
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- Omar Garcia (vocaux)
- Carlos Cruz (guitares)
- Raul Neri (guitares)
- Gilberto Solís (basse)
- Carlos Muñoz (batterie)


1. Intro
2. Royal Impalement
3. 818
4. Born To Eviscerate
5. Samurai Disembowelment
6. Through Maggots And Entrails
7. Sextrangulation
8. The Taste Of Sickness
9. Psychological Mutilation



             



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