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2017 Blue Eyes
 

- Style : Blues Pills, Psychedelic Witchcraft

WOLVESPIRIT - Blue Eyes (2017)
Par DARK BEAGLE le 13 Juin 2017          Consultée 497 fois

Certaines formations sont destinées semble-t-il à rester bien discrètes du côté de nos frontières, comme WOLVESPIRIT qui n’a pas la chance d’être distribué par un des géants du genre (Nuclear Blast) comme c’est le cas pour BLUES PILLS. Parce qu’au final, très peu de choses séparent ces deux combos, qui regardent toujours derrière eux avec une certaine nostalgie et qui jouent une musique qui n’aurait pas fait tâche à l’époque des DEEP PURPLE, NAZARETH ou autres BLACK SABBATH. Les deux groupes sont menés par des chanteuses et au final, ce qui les différencie, c’est que WOLVESPIRIT a déjà sorti trois autres albums et qu’il est en place depuis 2010. Sinon, la crèmerie est la même, seul change le sourire de la crémière.

Vous l’aurez compris, les Allemands de WOLVESPIRIT jouent un Hard Rock très rétro, avec une ambiance fumette trahie par les jaquettes très psychédéliques de la plupart de leurs albums, celle du premier étant quasiment une exception (en même temps, l’orientation du premier était bien plus Heavy et tranchante par rapport au reste de la disco du groupe). "Blue Eyes", quatrième essai de la formation reste dans les clous dressés par ses deux grands frères. À une différence notoire : à présent que le style est bien en place, le petit dernier sent un peu la facilité. Comme si une routine s’était installée et que nos Allemands jouaient la carte de la sécurité en oubliant pour le coup de se réinventer.

Mené par Debby Craft, petit brin de femme qui en impose terriblement derrière le micro ("You Know That I’m Evil" est en revanche un petit bijou), le groupe joue une musique qui tire ses racines de la fin des années 60 et de la première moitié des 70, avec une présence importante du clavier, qui se décline dans des sonorités d’orgue Hammond totalement vintage, mais qui se marient bien avec la guitare, ne cherchant pas forcément le duel à tout prix, mais misant plutôt sur la complémentarité des deux instruments. Aussi, il suffit de fermer les yeux et de se laisser porter pour être complètement ailleurs, à une autre époque. Et globalement, ça le fait.

Surtout que WOLVESPIRIT ne reste pas sur les mêmes sonorités. On ne va pas parler d’expérimentations, il n’y a rien qui défie la logique sur ce disque comme le ferait un riff thrashy, non ! La formation varie quelque peu son propos, toujours avec cette optique de nostalgie parfaitement digérée et va s’amuser à produire des refrains faciles à suivre ("I Want To Love", destiné à être très efficace en concert), voir à tenter avec une certaine réussite des passages plus farfelues, dégageant beaucoup de bonne humeur ("Space Rockin’ Woman" et son clip d’un autre temps, psychédélique comme ce n’est pas permis). Et il y a également des ballades. Et là…

La voix gentiment éraillée de Debby Craft fonctionne très bien sur les morceaux foncièrement Hard Rock. Elle rappelle celle de Janis Joplin, elle évoque également celle de Erin Larsson (BLUES PILLS, on y revient). Et sur les ballades, l’effet est saisissant. Sensuelle et étrangement sexuelle, c’est elle qui va venir faire la différence, bien plus que l’instrumentale qui restera, dans ce genre d’exercice, toujours assez classique. L’émotion que procure la voix sera toujours un peu plus forte. Les notes ravivent le souvenir, le chant fait se dresser les poils. Et là, "Soul Burn" réussit très bien son office, un des meilleurs morceaux de l’opus, assurément.

Après, le souci majeur de cet album est qu’il ne vit qu’à travers ses pépites. Il y en a, elles ont été citées en partie. Le reste n’est pas mauvais, mais il n’y a pas vraiment de surprises. Beaucoup de choses tendent vers ce qui a été fait sur l’album précédent, le très bon "Free", d’autres se complaisent dans une espèce de sécurité qui est somme toute relative ; le genre de chose à ne pas faire trop souvent sous peine de laisser son bras partir dans les engrenages, sans retour en arrière possible. Rien de bien méchant pour autant, WOLVESPIRIT restant globalement dans de bonnes conditions créatives sur l’ensemble du disque, avec toujours ces lumières dans la nuit ("Road Of Life") qui compensent largement les moments de faiblesse ("Arise").

"Blue Eyes" n’est pas un grand disque, mais il a quand même de beaux atouts dans sa manche. Imaginez le "Lady In Gold" de BLUES PILLS avec les guitares de leur premier album et vous aurez une idée assez concrète de la façon dont sonne WOLVESPIRIT sur cet opus. Le mieux étant bien sûr de les écouter, sur un bon support sonore de préférence. Les Allemands méritent vraiment que l’on se penche sur leur cas, surtout quand on aime bien tous ces vieux groupes, ceux qui arrivaient à briller en conservant feeling et émotions, parfois au sein d’une même chanson.

Note réelle : 3,5/5 baissée à 3. Parce que le groupe ne tient pas toutes les promesses faites sur l’opus précédent.

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- Debby Craft (chant)
- Richy 'rio' Eberlein (guitare, basse)
- Oliver Eberlein (claviers)
- Daniel Scholz (batterie)


1. You Know That I'm Evil
2. I Am What I Am
3. I Want To Love
4. True Blood
5. Blue Eyes
6. Soul Burn
7. Love Is All I Need
8. Space Rockin' Woman
9. Road Of Life
10. Witchcraft
11. Arise
12. Dance With The Devil



             



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