Recherche avancée       Liste groupes



      
BLACK METAL ATMO  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


A DIADEM OF DEAD STARS - Kingdoms Bathed In Golden Light (2016)
Par PERE FRANSOUA le 18 Juin 2017          Consultée 313 fois

Quand on cherche du sang frais en matière de Black Metal Atmosphérique sur le net, on peut se perdre dans des chaînes YouTube infinies tant il existe de projets. Aidés par la technologie et les échanges dématérialisés de nombreux amateurs lancent leur groupe, souvent avec moins de deux membres. Le Black Atmo semble être le genre de prédilection pour tous ceux qui veulent faire de la musique tous seuls.
Le one-man band misanthropique en Black Metal est un grand classique, qui permet à l'artiste d'exprimer la pureté de sa vision sans les compromissions de la vie de groupe. C'est aussi un exercice périlleux où il faut savoir assurer à tous niveaux, et où personne n'est là pour éviter les débordements.

Dans cette grande valse aux one-man band de Black Atmo allons pêcher aujourd'hui A DIADEM OF DEAD STARS (ADODS), dont le maître se fait appeler The Pilgrim. Le jeune projet venu de Grèce, initié en 2014, est fort actif avec déjà deux albums longue durée, deux EPs et une ressortie des démos.
Si le nom du groupe vous dit quelque chose s'est sans doute parce qu'il est une reprise directe et assumée de "A Diadem Of Twelves Stars", premier album magnifique des Américains de WOLVES IN THE THRONE ROOM (WITTR). L'hommage est d'autant plus évident que la musique proposée par The Pilgrim est plus que fortement inspirée par eux, elle est presque un copié-collé, dans une version simplifiée, affaiblie et encore plus atmosphérique.

Ce second album ne sera pas celui de l'émancipation par rapport à son modèle. Au contraire, en améliorant (un peu) sa production et en cultivant sa forme Metallique, le one-man band se rapproche encore plus des Ricains écolos.
Sur son premier full-length "The Mist Bearer" la musique se permettait une très infime originalité consistant en un Black Metal paisible débarrassé de toute négativité poussant l'Atmosphérique à l'excès jusqu'à la musique de relaxation type Nature & Découvertes. Toujours aussi Atmo ce nouveau disque perd ce coup-ci un peu le côté positif et tranquille pour développer des émotions un peu plus sombres et oppressantes. Disparu le bien-être au milieu des bois, place au sentiment, plus classique, d'isolement et de solitude misanthropique. Exit la fraîche bienveillance sylvestre, enter "Hvis Lysett Tar Oss" version molle et tiède.
Le premier album se permettait aussi la petite folie d'être simplement instrumental. Les vocaux font donc leur apparition sur ce nouvel album. Était-ce bien nécessaire? D'ailleurs à ce niveau on parlera plutôt de vocifération lointaine, de slam incompréhensible, parfois boosté par une disto sale totalement repompée sur "Dunkelheit".

Pourtant on se laisse prendre par la main. Mr Pilgrim sait créer de l'atmosphère et malgré tous ces éléments critiquables sur le papier, le résultat est souvent plaisant. Plaisir coupable du chroniqueur qui doit trouver les arguments pour justifier qu'il s'ébatte avec un vulgaire ersatz. Car oui A DIADEM OF DEAD STARS est plus que jamais le tribute band de WOLVES IN THE THRONE ROOM, reprenant son son, ses plans, son âme, dans une version plus simple et dépouillée - on l'a dit - mais surtout moins haineuse et moins intense émotionnellement.
Comme je suis en train de l'exprimer avec pertinence dans ma chronique en chantier et donc pas encore publiée du premier album "The Mist Bearer" (patience ô lecteur, ça finira par arriver) en simplifiant WITTR, ADODS en révèle les origines BUZURMesques. En cela quand il ne sonne pas comme WITTR, il sonne comme du BURZUM qui aurait avalé un bisounours.

De quoi l'album est-il fait ? Une heure et deux minutes (pile) de musique dont une intro prometteuse, et une longue outro d'Ambiant, froide et éthérée, au style vintage et minimaliste, du pur BURZUM en somme. En plein milieu du disque, en guise d'interlude, une piste de trois minutes convoque la douceur des guitares acoustiques et des chœurs de voix claires timides, rappelant évidemment très fortement le ULVER de "Kveldssanger". Il reste donc de la place, beaucoup de place, pour que les deux seuls vrais morceaux puissent s'étaler.
Plus de 27 minutes pour "A Crown Of Clouds On The Mountain's Brow". The Pilgrim peut prendre son temps et se permet de laisser tourner ses plans longtemps, longtemps, longtemps. On en profite bien, merci. Recette classique de la musique hypnotique qui vous transporte loin ou vous ennuie grave, selon votre disposition. On se surprend d'être surpris par passage en fin du morceau (entre 17 min 57 et 21 min 52 très exactement) tant il est une grosse repompe de la belle montée au cœur de "Face In A Night Time Mirror Pt.II" (celui entre 6 min 24 et 11 min 00, puisque vous me le demandez) de l'album "A Diadem Of Twelves Stars" de vous-savez-qui.
"Earth's Bereavement" et ces vingt minutes semble être le morceau le plus réussi. Et même si on nage en terrain archi connu, en abaissant nos critères, on se laissera bercer tendrement, regardant passer ces riffs mignons vus et revus, ce long passage au piano gentil accompagné de narration en Grec, prenant ce qu'il y a à prendre.

On pourrait croire aux premières écoutes que ce nouvel opus serait supérieur aux précédents, notamment grâce à un son de guitare bien meilleur (en fait encore plus proche de WITTR), des arrangements plus fins et une écriture plus variée. De ce point de vue il est effectivement "meilleur", mais le mieux étant l'ennemi du bien, on perd beaucoup en originalité, une originalité qui elle-même était déjà toute relative par le passé.
Si "Profaning The Ground", le EP écolo "expérimental" de 2015, à base d'Ambiant/Drone, était frais et intéressant, l'artiste avait commencé à rentrer dans le rang avec le deux titres "The Mist Bearer Pt.II" publié la même année. Ce "Kingdoms Bathed In Golden Light", second album longue durée, sorti moins d'un an après, ne présentera un intérêt que pour les fans masochistes ou trop curieux de WITTR en mal de nouveauté, fans qui pourront tenter de se consoler avec WOMAN IS THE EARTH ou OLD GRAVES.

A lire aussi en BLACK SYMPHO / ATMO :


LE GRAND GUIGNOL
The Great Maddening (2007)
Black sympho.petit coup de génie ou coup de maître




FORBIDDEN SITE
Sturm Und Drang (1997)
Par l'Art et par le Sang !


Marquez et partagez




 
   PERE FRANSOUA

 
  N/A



- The Pilgrim (tout)


1. And Trees Faded To Stars
2. Earth's Bereavement
3. As Morning Light Dances Across Enchanted Meadows
4. A Crown Of Clouds On The Mountain's Brow
5. Into Trancelike Groves



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod