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BLACK METAL  |  STUDIO

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2014 1 Aphotic Womb
 

- Style : MartrÖÐ, Carpe Noctem, Deathspell Omega, MgŁa, MisÞyrming
- Membre : Rebirth Of Nefast
- Style + Membre : SvartidauƉi
 

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SINMARA - Aphotic Womb (2014)
Par PERE FRANSOUA le 25 Avril 2017          Consultée 500 fois

Mon camarade Isaacruder, amateur de bruit et de fureur, a déjà commencé à bien défricher pour vous la bouillonnante scène Black Metal islandaise. Ça vous a plu, hein ! Vous en voulez encore ? Et bien voici l'histoire de... (non, pas Bonnie & Clyde).

Depuis la sortie du fabuleux et terrifiant "Flesh Cathedral" de SVARTIDAUÐI en 2012, le monde du Metal a commencé à regarder au nord, plus au nord encore que la Norvège, pour y découvrir un vivier extrême incroyable, répandu sur le monde par le label Norvégien Terratur Possessions.
L'Islande avait déjà donné au monde des musiciens fabuleux et uniques, BJÖRK ou SIGUR RÓS, en revanche rien de transcendant niveau Métallique*.

C'est désormais chose faite. Des similitudes fortes de style, un appétit commun pour le chaos et les dissonances héritées de DEATHSPELL OMEGA, des échanges de musiciens tissant des liens étroits et consanguins, on peut légitimement parler d'une vraie scène, avec un nombre impressionnant de groupes pour une si petite population. Une scène qui malgré sa proximité sonore avec le Death Metal (vocaux graves, son bouillonnant, basse grasse) revendique son appartenance, idéologique et esthétique, au Black Metal. 

SINMARA fait partie du top 3, tendance médaille d'argent, avec les divins SVARTIDAUÐI et les fougueux MISÞYRMING. Ils illustrent particulièrement bien la consanguinité caractérisant la scène grouillante de Reykjavík.

Jugez un peu. Les musiciens ont tous un ou plusieurs pieds dans d'autres groupes de la scène locale, à l'exception faite du chanteur. 
On peut facilement conjecturer que les guitares dissonantes à la SVARTIDAUÐI que l'on retrouve sur ce premier album sont le fait de Þórir Garðarsson, également guitariste chez.. SVARTIDAUÐI. 
Avant d'honorer "Aphotic Womb" de sa frappe intense, le batteur Bjarni Einarsson a accompagné deux projets solos, le compatriote WORMLUST, emblématique entité du vétéran Hafsteinn Viðar Lyngdal, et le comparse irlandais SLIDHR, avec pour chacun un album sorti en 2013. 
Bien qu'ils aient changé de bassiste en 2017 (accueillant un jeune homme au doux nom de Sigurgeir Lúðvíksson), celui qui officie sur ce premier disque n'est autre que Wann, Stephen Lockhart de son vrai nom, écossais, et personnage clef de la scène islandaise. En effet le monsieur est à la fois maître de son one man band REBIRTH OF NEFAST (qui vient de sortir son premier album après dix ans de gestation) et le producteur/ingé son au manettes de son studio Emissary, basé à Reykjavík, chez qui s'est enregistré à peu près tout ce qui s'est fait de mieux : ZHRINE, SLIDHR, MANNVEIRA, ABOMINOR, DRAUGSÓL et bien sûr SVARTIDAUÐI. Comme si ça ne suffisait pas Stephen Lockhart organise le festival Oration avec les groupes passés par son studio et a créé son propre label également baptisé Oration.

Avec un tel pedigree on est en droit de s'attendre à de la bonne came, d'autant que SINMARA n'est pas un side project mené par une dream team, les musiciens opérant ensemble depuis bien avant que la scène soit sous les feux de la rampe. En effet avant 2013 SINMARA s'appelait CHAO. Un nom simple mais qui décrit bien le style. Actif depuis 2008, l'entité a accouché d'un EP très réussi en 2012, uniquement disponible en cassette audio, comme de bien entendu.

Évidemment, quand il s'agit de devoir qualifier et juger leur musique, la comparaison avec leurs comparses est inévitable. On sera d'autant plus vigilant que la scène à tendance à se copier. 
Avec un même guitariste on retrouve donc les notes hantées et dissonantes de SVARTIDAUÐI, une des marques de fabrique du style Islandais. Mais on s'étonne dès "Cursed Salvation", la seconde piste, par la claque sonore qui déboule (d'ailleurs ce titre semble dater de l'époque où le groupe s’appelait CHAO, circulant sous le nom de "Vomit Orchestra", uniquement audible sur Soundcloud). L'autre guitare délivre un bourdon obstiné qui tient la charpente. On a ainsi l'impression d'avoir à faire au style islandais, acide et étrange, qui se verrait condensé et concentré dans une formule efficace et énergique. L'appétit pour le chaos est ici canalisé, le torrent de bile orienté en pleine face de l'auditeur, tout en continuant d'éclabousser avec une écriture alambiquée mais catchy ("Terratoid Crossbreed").
Évitant la brume de SVARTIÐAUDI et le magma brûlant de MISÞYRMING, le son de "Aphotic Womb" est puissant et précis. La batterie pilonne agréablement sans en faire trop et maintient un rythme implacable
Les vocaux de Ólafur surprennent également. Pour une fois le grave growl abyssal fait place à un chant Black hargneux et râpeux, bien articulé et mixé en avant, dont le timbre rauque rappelle fortement celui d'Erik Danielsson de WATAIN.

Ne vous imaginez pas être transporté à travers les hallucinants paysages de l'Islande avec leur musique. D'une manière générale, et contrairement aux habitudes prises avec les Norvégiens, les groupes de Black islandais ne glorifient pas leur pays. Issus de la ville, frappés par l'isolement et la crise, les jeunes musiciens cultivent le nihilisme, creusent dans la noirceur jusqu'à arriver en Enfer. 
Il n'est pas question du Monde Invisible, les elfes merveilleux et autres mystères folkloriques peuvent aller se faire voir. Durant 53 minutes intenses et sans temps mort SINMARA nous propulse vers la fin du monde à travers un dédale de buissons ardents dont les épines noires et venimeuses se plantent dans nos muscles.
La qualité de l’œuvre est homogène. Chaque titre possède son intérêt sans pour autant sortir du lot, les bons riffs étant répartis sur l'ensemble. Les morceaux eux-même sont équilibrés, entre riffs acides, pesanteurs, et envolées, comme sur "Shattered Pillars". On citera quand même le morceau éponyme qui nous fera naviguer entre trouvailles éthérées et réminiscences de "Nattens Madrigal" (ULVER), le très bon "Verminous" et ses cassures de rythmes enfiévrées, où le long et conclusif "Mountains Of Quivering Bones" qui assume le mid-tempo et l'intensité émotionnelle.

Peut-être leur manque-t-il un peu de la progressivité et du mystère de SVARTIDAUÐI, un petit quelque chose de grandiose, pour que leur art se transcende. C'est paradoxalement sur les deux pistes instrumentales, l'introductif "Katabasis" et le très beau "Stygian Voyage" que le souffle épique et atmosphérique est le plus marqué, sans rien enlever à la force de frappe. Et bien que sacrément agressif et véloce, SINMARA semble presque raisonnable quand on le met à côté de MISÞYRMING, qui nous scotche avec sa déferlante d’énergie furieuse (encore plus éclatante en concert).
Et pour parler comme mon camarade Mefisto, je parie sans hésiter sur SINMARA. À en juger par leur excellent  titre "Ivory Stone" sorti en 2016 en split avec MISÞYRMING, qui allie efficacité et emphase, on peut légitimement espérer qu'ils toucheront au génie pour leurs prochaines offrandes. 

* Évidemment cette assertion est partiellement fausse. Il y avait bien du Black en Islande avant SVARTIDAUÐI et le tournant des années 2010, à commencé par les débuts des cowboys de SÓLSTAFIR (le EP "Till Valhallar", 1996).
Les acteurs de la scène parlent de MYRK (sur lequel a joué H.V. Lyngdal de WORMLUST et MARTRÖÐ) et surtout de PONTENTIAM, CURSE (commencés en 1998) et FORTIÐ, tous ayant pour leader un certain Einar "Eldur" Thorberg, LE monsieur Black Metal de l’île qui officiait déjà dans les ténèbres quand les autres étaient encore tout petits.

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   (2 chroniques)



- Bjarni Einarsson (batterie)
- Þórir Garðarsson (guitare)
- Garðar S. Jónsson (guitare)
- Ólafur Guðjónsson (vocaux)
- Stephen Lockhart Wann (basse)


1. Katabasis
2. Cursed Salvation
3. Verminous
4. Shattered Pillars
5. Stygian Voyage
6. Aphotic Womb
7. Teratoid Crossbreed
8. Mountains Of Quivering Bones



             



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