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NEGURÃ BUNGET - Zi (2016)
Par WËN le 23 Janvier 2017          Consultée 679 fois

Grosse année pour NEGURA BUNGET. Non content de fêter les 20 ans d'existence de son "Zîrnindu-sã" de premier-né (1996, album liminaire à sa luxuriante discographie), le géant de bois, décidément non rebuté par l'idée d'une double ration de palincã en profite également pour célébrer la décade de son emblématique "Om" (2006, joyaux parmi les joyaux de Black Metal forestier, tant épique qu'atmosphérique, façonné à même le terreau fertile et brumeux des Carpates), par quelques rééditions de bon aloi. Afin de ne pas déroger à la règle des "années en 6" ("toujours par trois, elles vont"), 2016 se devait donc d'accueillir un nouvel album de l'entité roumaine. Un fait déjà entériné pour quiconque suit les pérégrinations de la petite troupe, puisque cette dernière avouait déjà lors de la sortie de de "Tãu" que le triptyque initiatique et sonore qu'elle nous dépeint dans cette "Trilogie Transylvanienne" (dotée d'un concept à la gloire de sa région natale), et dont ce "Zi" se veut le panneau central, se dévoilerait sur un délai relativement court. C'est donc chose faite pour ce second volet qui, entre deux tournées, vient atterrir dans les bacs une année et demie à peine après son prédécesseur.

Après s'être appliqués, durant la petite heure de "Tãu", à nous faire découvrir les immémoriaux plateaux de leur Transylvanie natale, de ses ancestrales vallées à ses plus séculaires forêts; Les ménestrels roumains viennent cette fois-ci s'attarder sur les us et coutumes de ses habitants, déclinant les six compositions de "Zi" (signifiant "dire" ou "jour") en autant de pièces rituelles auxquelles échoit la tâche de rendre honneur, musicalement parlant, aux prégnantes traditions (travail de la terre, rites de passage, cérémonies funéraires, etc.) d'une région encore de nos jours très intimement liée à son folklore. NEGURA BUNGET revisite ainsi son patrimoine, venant nous cueillir au petit matin via les cors auroraux de "Tul-ni-cã-rînd", annonciatrices d'une fraîche journée ensoleillée en devenir, pour ne nous lâcher qu'aux dernières lueurs du jour, lorsqu'advient le moment de s’abandonner à un repos bien mérité, sur les ambiances crépusculaires et apaisantes d'un planant "Marea Cea Mare".

Musicalement - et fort logiquement - l'orchestre de Timișoara continue donc à développer sa trilogie là où il terminait son précédent volet, se concentrant sur des accents folks âpres et tragiques, propres à son art, qu'il nous y faisait découvrir (le dernier tiers de "Tul-ni-cã-rînd", "Stanciu Gruiul"). Par contre, de leurs pérégrinations passées à sonder l’essence Humaine, nos forestiers vont insuffler à leur musique une nouvelle composante plus spirituelle dans ses sonorités, vaguement abordée en son temps lors des vastes étendues célestes que nous développait un "Dacia Hiperboreanã" ("Vîrstele Pãmîntului", 2010). Ainsi, passé cette introduction un peu longuette, l'auditeur se retrouvera subitement enseveli dans le terreau des Balkans par les atmosphères développées tour à tour sur "Grãdina Stelelor" et "Brazdã Dã Foc". Subtilement éthérées via leurs mystérieuses guitares claires (et leur naï et tulnic de rigueur) qui n'hésitent pas à explorer de nouveaux horizons, agrémentées d'un chant souvent poignant et authentique, ces dernières sauront cependant nous reprendre par la gorge dès qu'il s'agira d'accélérer le tempo. Leur durée conséquente (environ 9 minutes chacune) se prêtent à merveille à cette alternance des ambiances et leur permettent de s'imposer comme les deux belles pièces de l'album, parvenant sans mal dans leurs digressions les plus ambiantes à isoler l’auditeur et à lui faire prendre une certaine altitude quant à sa condition. Leurs contours non dénués d'atours, d'abords indistincts derrière cette fine brume sonore, participent à n'en point douter à ce sentiment de 'revenez-y', nous surprenant plus d'une fois à aimer à nous replonger dans leurs réconfortants méandres.

Le retour à la réalité sera des plus vindicatifs grâce à un "Baciu moșneag" plutôt efficace envoyant paitre l'assistance sur un coin de plateau perdu et miraculeusement préservé de l'époque bénie "Om"-""Vîrstele Pãmîntului", présentant le visage le plus extrême d’une formation ne sonnant plus viscéralement Black-metal. Car en ce cru 2016, plus que jamais, NEGURA BUNGET apparait davantage comme un subtil patchwork sonore des diverses bourrasques Black/Dark/Death/Folk et Atmo qui balaient régulièrement ses contrées. Malheureusement, ces trois titres à peine cités, que voilà déjà l’intérêt de ce "Zi" presque entièrement consumé. Certes, c'est mince. Et pour cause, ce ne sont ni les longueurs de "Tul-ni-cã-rînd" (une minute acoustique et une minute électriques n'auraient-elles pas suffi ?), ni l’entêtant "Stanciu Gruiul" (prétexte à un déballage d’instruments traditionnels (dulcimer, toacã)) qui contribueront à maintenir le niveau constaté jusqu’à présent, bien que cette seconde reste sympathique au demeurant. Sympathique mais anecdotique. Mais sympathique. Mais anecdotique. Bref. Et que dire du cas "Marea cea mare" ? Ce titre, écrit en collaboration avec les membres de THY VEILS est magnifique, avouons-le. Un duo de voix Tibor Kati/ Manuela Marchis (chant féminin), d’amples déclinaisons ambiantes et atmosphériques : le(s) groupe(s) nous sort(ent) là une bien belle pièce, mais dont un traitement plus avisé lui aurait préféré un support dédié (EP) tant elle ne s'intègre pas du tout au reste du disque, musicalement parlant, donnant l'impression persistante d'un bonustrack tandis que l'opus se termine réellement au cinquième titre.

En découle un album assez peu homogène et c'est bien triste, tant le groupe se montre désireux de nous présenter d’autres choses. Nous nous plongerons avec curiosité dans la doublette "Grãdina Stelelor"/"Brazdã Dã Foc", "Marea cea mare" se voudra aériennement délicieuse, mais le peu d’unité dans les compositions nuira forcément à l’impact de cet opus dont les géniteurs sont pourtant connus pour leurs capacités à créer des œuvres immersives. Coincé entre des agendas de tournées surchargés, NEGURA BUNGET donne par moment l’impression de ne plus trop savoir que faire quant à la direction à suivre. Negru (seul membre d’origine) l’avoue lui-même en interview, portées par les idées du moment, certaines déclinaisons abordées ici étaient à la base prévues pour le 3ème volet (à venir début 2018). Et c’est peut être justement là que le bât blesse, cet album semble pointer trop tôt le bout de son ré, sans ce travail de finition qui demande pourtant tant d’application. La production n’est pas exceptionnelle (un comble lorsqu’on entend l’excellent remixe de "Baciu moșneag" sur le CD bonus de l’édition limitée), pas vraiment de titres forts (qui justement sauvaient son prédécesseur du même écueil); De là à dire que "Zi" aurait pu (du ?) être davantage fignolé et sortir moins précipitamment, nous serions bien tenté de la penser. Car au moment où poindra l’envie d’écouter une œuvre post-2000 du combo roumain, il est fort à parier que "Zi" n’occupera que rarement les première propositions, tant celui-ci a su proposer mieux dans son immémoriale discographie.

Une petite moyenne, donc …

Aparté collector : Là où nous concluions la chronique du précédent volet par quelques louanges sur la version 'artbook', nous serons cette fois-ci moins enjoués par cette dernière. Certes toujours limitée et produisant son petit effet dans la bibliothèque de n'importe quel collectionneur, son contenu se voudra cette fois-ci plus anecdotique passé l'aspect audio/vidéo (3 clips + 4 remixes … misère, "Schimnicește", que t’est-il arrivé ?). En effet, le contenu des 72 pages se révèle nettement moins dépaysant, la faute à une bonne moitié de clichés pris par Negru lui-même, mais à la piètre qualité et dont, pour certains, on se fiche un peu. Les mises en scène plus personnelles des membres du groupe par Daniel Dorobantu (de THY VEILS également), coiffés d'une couronne de bois, se veulent déjà bien plus dignes d’intérêt. Disparus également, les explications sur le concept et les indications pour chacune des chansons. C'est bien regrettable. Une légère déception à ce niveau, qui colle finalement bien à cet album en demi-teinte.

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- Tibor Kati (chant, guitare, clavier)
- Adi 'oq' Neagoe (guitare, chant, clavier)
- Petrică Ionuţescu (instruments à vent traditionnels)
- Ovidiu Corodan (basse)
- Gabriel 'negru' Mafa (batterie, percussions)
- Mihai 'mtz' Neagoe (environnement sonore, production, choeurs)
- Daniel Dorobantu (environnement visuel)


1. Tul-ni-că-rînd
2. Grădina Stelelor
3. Brazdă Dă Foc
4. Baciu Moșneag
5. Stanciu Gruiul
6. Marea Cea Mare



             



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