Recherche avancée       Liste groupes



      
THRASH/DEATH  |  STUDIO

Lexique thrash metal
L' auteur
Acheter Cet Album
 

ALBUMS STUDIO

2012 The Escalation

VOMITOR - The Escalation (2012)
Par CITIZEN le 27 Novembre 2014          Consultée 1434 fois

Quoi de plus facile pour un groupe nommé VOMITOR que de gerber une nouvelle galette ? Quelqu’un devait forcément sortir un truc de ce genre, autant être ce connard, et faire semblant de garder le contrôle de cette chro qui est déjà dans les choux la barre des trois lignes pas encore atteinte. Le pied passé dans la porte qui donne sur l’enfer des jeux de mots bidons, évacuons d’emblée les fâcheux qui sont en train de dégainer leur inévitable "Wololo c’est juste VOMITORY qui a tombé le –Y". Ben voilà, un partout. Et le nom VOMIT-OR à ce que j’ai pigé d’une interview c’est sans doute pas étranger au fait que le groupe est issu d’un trou australien dans lequel, malheur, rien à faire autre que de tiser en écoutant du Hard (et ils trouvent le moyen de se plaindre, dans mon patois on appelle ça "année 2013-2014"). Bref, la question poignante que la chro va tenter d’éclaircir est, "The Escalation" représente-t-il le bon vomi jouissif ou la galette nerveuse nauséabonde ?

Et avant toute chose rangez la tracklist, ne matez pas cette pochette (bien que réussie) et oubliez le titre, le seul truc que vous avez besoin de savoir sur VOMITOR (et bien plus utile que n’importe quel texte qui ne pourra naturellement faire que de la paraphrase) avant de vous lancer c’est le nom de la sixième piste, "Metal Or Die". Broder sur une saillie pareille pour un chroniqueur c’est chaud donc ayez un poil de mansuétude et passons vite fait à la suite. Et dire qu’il leur aura fallu une carrière longue et quatre albums pour arriver un titre si parfait dans son dénuement, qui atteint sa cible avec tant d’élégance ! Même si avec des vieilles releases style "Violent Grave Rehearsal" on pouvait se doutait qu’il y avait des fourberies qui bouillonnaient dans ces caboches chevelues ! Celle surtout de Death Dealer (avec ce pseudo on se doute qu’il a écouté un certain groupe canadien et que ça le travaille), qui avec ce troisième full-length fait du sérieux : outre son imbibition de rigueur, l’autre grande trouvaille en 2013 c’est de se chamailler avec les curés comme avant mais en virant le satanisme et en préférant le patronage de Chtulhu, autre monstre ô combien plus pourvu niveau tentacules, même si la différence n’a pas spécialement d’importance surtout lorsqu’on se renseigne sur le processus d’écriture et d’enregistrement (Death Dealer exilé en Europe va en vacances en Australie faire coucou aux compatriotes, la logique veut que s’ensuivent quelques semaines de boisson et un album).

Enregistré en prise live, soit une excellente façon de dire fuck aux overdubs et autres bidules afin de laisser parler le Metal, en invitant les petits couacs reconnus comme des artefacts pas seulement négligeables mais qui rajoutent du charme au produit fini, même si la musique pratiquée et les décennies d’expérience de musique crade des types impliqués tendent à leur donner une expérience qui n’est pas propre à se laisser déborder par les surprises. Bref un je-m’en-foutisme qui confine à l’art, attitude et exigence paradoxalement combinées pour échafauder les brûlots les plus efficaces. Et vas-y qu’on plante le micro directement à la source du mal, la décharge délivrée directement de l’orchestre bouillant à l’oreille qu’on aura soigneusement organisée en tranchées et multiples rangées de barbelés pour résister à l’agression… en vain ! Pas de boutons bidouillés dix mille fois, un minimum de filtres entre toi et eux là plantés dans leur studio : du Metal de petit producteur, le commerce équitable australien, les circuits courts, du Metal écologiquement correct ! À la lanterne les producteurs, tout ce qu’il y a à faire c’est d’ouvrir à fond les vannes volcaniques ! Ça fera mal de toute façon donc ouvrez grand les sphincters auriculaires et dégagez le chatterton du cul, VOMITOR dégueule sa variation sur le thème de SODOM, définitivement pas un truc de mélomane ou d’audiophile, pas la peine de régler votre chaîne sur l’égaliseur jazz tout ce qui vous attend c’est un tunnel de douleur, soli qui ne méritent pas ce nom, guitares customisées avec des cordes arrachées à l’enfer (ou poils de cul de Satan), jouées évidemment les mains gluantes de sang d’ecclésiastique, VOMITOR ne prend presque pas la peine de souffler et c’est sans relâche qu’il vous maintient la tête dans la boue (blublublub).

Voilà, de même que les chros d’albums anciens sont souvent centrées sur le caractère culte de leur matériau en se passant du strict détail musical, de même ici pérorer sur les finesses (uh) de la musique de VOMITOR ne revient à rien sinon à s’attacher à décrire ce qui l’a déjà été dix mille fois - et ma mention de SODOM plus haut est déjà un signe qui ne trompe pas (d’ailleurs le groupe a participé à un tribute album), une fois le nom lâché la chro est emballée pesée expédiée, sauf à vouloir glisser quelques autres références à piocher parmi les groupes qui font mal, avec beaucoup de disto et à vitesse élevée : c’est-y-pas que le batteur Hellcunt aurait joué dans BESTIAL WARLUST, le guitariste Illogium dans PORTAL ? Après on se mettrait à gloser sur le Metal en général, pourquoi et comment le groupe du jour est symbole d’une certaine frange dure dans laquelle un style entier va se revigorer, quel que soit ce qui se passe là haut, du côté des scènes overground.

Autant couper court, comme on pouvait si attendre VOMITOR atomise la distinction bon/mauvais qui ne vaut rien, mais on est certainement du côté fertile du terrorisme sonore adopté par les ex-Australiens. Formulé différemment, si on vous donne le choix entre passer mille ans en enfer avec "The Escalation", passer sous un bus et MESHUGGAH, le choix qui s’impose est toujours VOMITOR !* En attendant lors de votre prochaine crise de foie (ouais c’est ça) oubliez pas de sortir cet album pour rendre plus aisé le trajet de votre kebab de vos entrailles à vos chiottes que vous inscrirez ainsi sous le signe d’un moment bestial et convivial qui donne du tonus pour le reste de la journée et met un sourire aux visages des bambins, plutôt que d’un moment misérable et plaintif !

*le deuxième est de se jeter sous le bus

A lire aussi en THRASH METAL par CITIZEN :


KILLERS
10:10 (2012)
Eternelle jeunesse




ABIGAIL
Sweet Baby Metal Slut (2009)
Sweet ABIGAIL


Marquez et partagez




 
   CITIZEN

 
  N/A



- Anton Vomit (basse)
- Hellkunt (batterie)
- Death Dealer (chant, guitare)
- Horror Illogium (guitare)


1. Pits Of Nightmare / Pitch Black
2. Prayer To Hell
3. Salem Witches Grave
4. Hellburst To Fight
5. The Escalation
6. Metal Or Die
7. Horrors Of Black Earth



             



1999 - 2023 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod