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DJENT  |  STUDIO

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PERIPHERY - Periphery (2010)
Par PINPIN le 6 Octobre 2014          Consultée 1764 fois

Ceci étant une des premières chroniques sur un album de Djent, un album fondateur qui plus est, je me dois de parler du sous-genre en lui-même. Les passéistes pourront remplacer le mot "Djent" par les mots "Metal Progressif Moderne", cela devrait coller à peu près…

A l’école du Djent dans la classe de Mr. MESHUGGAH, on trouve différents types d’élèves, il y a TESSERACT et MONUMENTS les bons élèves appliqués et sérieux, VOLUMES, la brute, VILDHJARTA, le turbulent schizophrène et leur ainé PERIPHERY le petit génie instable et dispersé. Je ne vais pas citer tous les élèves de MESHUGGAH, la liste serait longue, ce que vous devez savoir en revanche, c’est comment reconnaitre un groupe de Djent.

Le mouvement nommé Djent a commencé sur internet vers 2005 avec la diffusion par le guitariste Misha Mansoor, des premières démos de PERIPHERY. C’est d’ailleurs à Mansoor que l’on doit l’onomatopée Djent, qui désigne ce son de guitare gras présent tout au long de ce disque. Le bonhomme a toujours affirmé qu’il ne voulait qu’imiter le son de guitare à la bouche et non désigner un style de musique, et il n’a pas cédé aux internautes, qui eux proclament que le Djent est bel et bien né. Cependant il aime le terme, la preuve, la huitième piste de cet album décrit "Periphery" comme du Heavy Metal du futur aux sonorités Djent, et par la suite la tournée de concert s’est nommée la ligue des djentlemen. A part l’illustre ancêtre MESHUGGAH et quelques morceaux de SIKTH, les groupes Djent se sont longtemps illustrés seulement via internet. Les albums studio de Djent sont sortis bien tard (2010-2011) et cet album fait partie des premiers dans les bacs, il était donc très attendu par ceux qui avaient suivi le phénomène sur la toile, d’autant plus que John Petrucci (DREAM THEATER) avait fait la publicité du groupe.

Beaucoup d’autres artistes continuent de nier l’existence du sous-genre, mais peu importe puisqu’il existe nombres de caractéristiques dont les bases ont été posées par PERIPHERY qui relient tous les groupes de Djent. Pour les principales, on notera le fameux son de guitare à la fois gras et bondissant, une polyrythmie intense à tout instant, pas seulement à la batterie mais aussi via les guitares. On pense à MESHUGGAH quand on lit ça, non ? On ajoutera à cela un chant typé Metalcore voire Death parfois, ainsi que la présence de guitares au son cristallin avec un léger écho dont la mélodie survole les morceaux. Fait amusant, on peut reconnaitre un groupe Djent à son nom, c’est souvent un pluriel en S et/ou un mot tiré de la géométrie, et un logo écrit dans une écriture futuriste, VOLUMES en est l’archétype mais PERIPHERY n’échappe pas non plus à la règle.

Toutes les caractéristiques citées ci-dessus sont bien évidemment présentes dans cet album, mais PERIPHERY étant aussi un groupe de Metal Progressif, il ne s’est pas arrêté en si bon chemin, on pourra donc entendre des sonorités électroniques (percussions, bidouillages qui font « blioubliublouibloui », claviers), des soli de guitares alambiqués, un chant clair alternant avec les hurlements, les deux assurés par Spencer Sotelo. Autant d’éléments mélangés, vous vous doutez que ça doit être complexe, eh bien ça l’est, le CD est dense et assez difficile d’accès, et pour ne rien arranger il est très long. C’est cette profusion d’éléments qui m’empêche de mettre plus de 3.5/5, je ne vais pas reprocher à PERIPHERY de ne pas se tenir aux caractéristiques d’un genre non encore défini, c’est idiot, mais je peux quand même affirmer que ce premier disque est relativement indigeste.

C’est seulement après plusieurs écoutes qu’il est possible de comprendre le travail de Misha et de ses compères, ce phénomène est courant dans les musiques progressives, il faut que le cerveau mémorise les différents instruments au préalable afin de mieux apprécier leur superposition lors des écoutes suivantes. Mais pour ce disque, la musique est tellement alambiquée que certains passages restent obscurs, on se souviendra donc de certaines mélodies et soli mais d’autres passages paraitront complètement dispensables.

Comparé à TESSERACT, MONUMENTS ou encore aux Français de UNEVEN STRUCTURE, qui dès l’année suivante proposent un Djent plus abordable et plus groovy, ce "Periphery" est vraiment prise de tête et assez démonstratif. Cet album a donc divers mérites : poser les bases d’un genre, être agréable une fois qu’on le connait par cœur, proposer de bons passages pour headbanguer, mais assurément ce n’est pas le meilleur.

Bon, et dans le détail, ça donne quoi ? L’album commence sur les chapeaux de roues avec "Insomnia", un morceau qui part dans tous les sens -accrochez-vous à la splash, on se lâche sur les autres instruments- d’apparence farfelu, c’est finalement assez typique djent et pas désagréable. On enchaine avec "The Walk", qui m’intéresse moins, le son est plus lourd et monocorde, un peu typé Deathcore, c’est moyen. "Letter Experiment" est djent, propose de bonnes mélodies, une voix électro, disons-le, WTF, un solo très sympa. "Jetpack Was Yes" est très catchy, et plus calme, on retiendra bien le refrain. Il y a un morceau nommé "Light" ? Complètement oubliable. C’est suivi par un "All New Material" assez accrocheur, mais un peu décevant, trop linéaire sans doute… Le septième morceau, "Buttersnips" n’est pas djent pour un sou, en revanche c’est un enchainement de riffs et de soli pas vilains du tout. "Icarus Lives" n’est pas transcendant, c’est une resucée des morceaux un et trois, c’est le genre de piste que j’aurais mise de côté afin de raccourcir le disque. Le morceau se termine par la présentation du groupe, une fausse fin, puisqu’il reste une demi-heure, pour le meilleur et pour le pire.

Le pire : "Totala Mad" ou « l’occasion ratée de ne pas se la péter avec sa gratte » est beaucoup trop boursouflé à mon gout, trop de soli tuent les soli.

Heureusement que ceci est contrebalancé par "Ow My Feeling", mon préféré avec "Racecar", c’est un morceau Djent très bien équilibré entre technique et feeling. Avant d’écouter le fameux "Racecar", il vous faudra affronter "Zyglrox" le deathcoreux, que je me surprends à apprécier.

Le meilleur : "Racecar", 15 très bonnes minutes où PERIPHERY reprend tout son savoir-faire, en se concentrant surtout sur des mélodies aériennes pleines d’émotions, excellent.

Vous avez trouvé cette liste trop longue ? C'est représentatif du disque : une heure et quart ! Considérez que je vous ai rendu service en vous faisant une sélection.

Voilà, maintenant que vous avez les clefs de "Periphery", la porte du Djent, oubliez les moqueries de vos potes Death et Black et lancez-vous !

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- Spencer Sotelo (chant)
- Misha Mansoor (guitare)
- Jake Bowen (guitare)
- Alex Bois (guitar)
- Tom Murphy (bass)
- Matt Halpern (batterie)


1. Insomnia
2. The Walk
3. Letter Experiment
4. Jetpacks Was Yes!
5. Light
6. All New Materials
7. Buttersnips
8. Icarus Lives!
9. Totla Mad
10. Ow My Feelings
11. Zyglrox
12. Racecar



             



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