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2014 Vinter

HERMÒÐR - Vinter (2014)
Par MORNECIME le 9 Juin 2014          Consultée 2053 fois

Il est des albums, qui, lorsque vous les écoutez pour la première fois, ne vous marquent pas plus que cela. Et, au fur et à mesure des écoutes, vous vous rendez compte à quel point cet album possède quelque chose de particulier, que vous appréciez. Et peu à peu, il vous obsède, et vous passez une semaine, un mois, à l'écouter au moins une fois par jour, religieusement. Saisir ses subtilités, appréhender sa construction, ou tout simplement se laisser porter par sa musique. Et lorsqu'un album vous fait cet effet-là, il est difficile de nier son excellence, l'importance qu'il prend peu à peu.

Car "Vinter" est un album étrange, un Black Metal froid et doux comme la neige, qui s'insinue peu à peu en vous et vous refroidit l'âme. Un album empreint d'une mélancolie et d'un certain esprit contemplatif qui, au fil des écoutes, vous ronge et vous possède. Lorsque les notes de guitares de "Frostfödd", le premier morceau de l'album, résonnent, le soleil prend sa teinte hivernale, la température baisse, l'herbe semble jaunir, et le blanc semble dévorer le paysage. Car c'est l'hiver que cet album représente, et mon Dieu, qu'est ce qu'il le fait bien !

La production de l'album semble parfaitement adaptée à ce que l'album essaie de décrire. Les guitares sont sèches, très saturées, presque âpres, la grosse caisse se veut ample mais effacée. La caisse claire suit son exemple, et ce sont pratiquement les seuls éléments de la batterie qui se veulent audibles. La voix black est extrêmement saturée, presque voilée par un bruit blanc. Cette production lo-fi donne une saveur particulière à l'album, il en ressort un froideur extrême, que seule une voix claire tend à réchauffer un peu, bien que celle-ci soit très lointaine.

Les compositions sont assez lentes, la batterie ne fait que soutenir les chansons par des rythmiques très simples, où les blasts sont absents. Les riffs de guitare ne sont pas agressifs, ils ne font que décrire, dépeindre une atmosphère sombre et glaciale. Comme un pinceau qui viendrait déposer une couche de neige grise sur une toile d'un blanc éclatant. Comme un vent glacial qui viendrait souffler sur un paysage monochrome. Et les cris viennent accentuer cette froideur, comme pour donner une bouche à la morte saison, déversant une douceur, ô combien glaciale sur des riffs aussi tranchants que de la glace.

Il se dégage de cet album une puissance suggestive étonnante. À l'écoute des hurlements déchirants de "Den Mörkaste Dagen" qui se déposent sur des riffs quasiment processionnaires, soutenus par une basse lourde et résonnante, on sent clairement quelque chose se figer. Une lourdeur inconnue, une douce catatonie, une sorte d'endormissement conscient. Et lorsque les riffs aériens du morceau commencent à démarrer, c'est une larme de givre qui perle au coin de notre œil. La beauté de cette envolée glaciale est enivrante, surprenante, apportant un contraste net avec un début lourd et presque oppressant.

Et tout l'album se comporte de cette manière, bloc de glace homogène, où, par endroits, une rigole se forme et crée des formes aériennes et magiques : l'imbrication des guitares et de la voix claire et hurlée sur "Då Du Lämnade Mig", le pont mélodique des guitares de "Sorg" et leur rendu abrasif, la douce froideur de "Vinter" accentué par l'absence de saturation ou encore son doux chant clair, retiré, discret, qui vient envelopper la fin du morceau d'une fin duvet laiteux. Chaque morceau possède son instant, son identité, mais tous dépeignent cette froideur et ce détachement ; une douce mélancolie, la contemplation de la nature morte et figée, l'apologie d'une saison injustement décriée. Un bloc de glace taillé à coup de riffs tranchants et aériens, buriné par une rythmique lourde mais discrète, et poli par une voix froide comme la mort.

Cet album est doux, délicat, glacial. Une description parfaite d'une saison mal-aimée, transpirant un froid mordant, parfaite. Un morceau d'hiver qui refroidit l'âme et lui montre la beauté cinglante d'un froid mordant Un flocon de neige, d'une beauté subtile, résultant d'un équilibre fragile. Le plus bel hymne à la morte saison qui soit.

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- Rafn (tout)


1. Frostfödd
2. Den Mörkaste Dagen
3. Då Du Lämnade Mig
4. Månen & Skogen
5. Sorg
6. Vinter



             



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