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QUEEN - A Night At The Opera (1975)
Par JEFF KANJI le 1er Août 2012          Consultée 8363 fois

Une carrière tient parfois à peu de choses. QUEEN touche le succès du bout des doigts avec un "Killer Queen" pop concentrant les composantes du son du groupe. Les membres de QUEEN commencent à être connus à travers le Royaume-Uni mais sont quasiment à la rue ! Liés par un contrat avec Trident qui les spolie, ils se retrouvent au bord du précipice. Le sauveur du groupe s’appellera John Reid. Ce jeune homme, déjà réputé comme manager d’Elton John, va prendre en main les affaires de QUEEN, casser le contrat qui lie le groupe à son label et enjoint le groupe de composer le meilleur album possible. La genèse de "A Night At The Opera" commence donc comme un coup de poker.

Toujours curieux de défricher de nouveaux horizons, comme l’ont si bien montré leurs trois premiers opus, les Anglais, la rage au ventre, vont définitivement casser les carcans et s’imposer comme l’une des formations les plus originales du Royaume-Uni. L’album de la dernière chance va catalyser l’énergie et la créativité des quatre membres qui vont chacun dégainer quelques-uns des plus grands classiques du groupe, "I'm In Love With My Car" pour Roger, "You’re My Best Friend" pour John, "The Prophet’s Song" pour Brian, et bien évidemment "Bohemian Rhapsody" pour Freddie. Cet opéra en trois actes mériterait une chronique à lui tout seul : Freddie Mercury a rassemblé trois de ses chansons existantes pour proposer sa propre vision de l’opéra rock. Les couches d’harmonies vocales s’empilent et s’enchevêtrent dans un foisonnement tout à fait baroque avant de laisser placer à une mélodie Pop marquante accompagnée par une ligne de piano devenue mythique. Brian May profite de cet écrin pour y glisser l’un de ses plus beaux soli, entraînant la chanson dans un opéra où Freddie surjoue son récitatif ("I see a little silhouetto of a man...") contrebalancé par presque deux cent voix qu’ont patiemment enregistré et compilé Freddie, Roger et Brian sous la houlette du patient Roy Thomas Baker qui signe l’un des mixages les plus ambitieux de son époque. Il faudra attendre 1979 et le génie de Bob Ezrin pour retrouver un tel boulot sur le "The Wall" de PINK FLOYD (je pense à "Bring The Boys Back Home" qui sonne comme un clin d’œil à "Bohemian Rhapsody"). C’est la consécration pour les Anglais qui, non contents de prendre un gros risque en sortant un single de presque six minutes, vont en écouler des palettes et dépasser le million de 45 tours.

Le pari était osé, mais il est réussi, et haut-la-main ! Car si "Bohemian Rhapsody" est devenu le morceau incontournable, exprimant quasiment toutes les facettes de QUEEN (le riff bien Heavy qui suit le passage opéra en fera headbanguer plus d’un, merci "Wayne’s World"), "A Night At The Opera" ne s’y résume pas, bien loin de là. Le talent de Freddie Mercury explose avec le vicieux et vindicatif "Death On Two Legs", qui sous ses véloces arpèges dévoile un Hard corrosif au texte particulièrement agressif, fustigeant les agissements de Norman Sheffield, leur ex-manager. Contraste total avec "Love Of My Life" qui deviendra la ballade emblématique du groupe, mettant en évidence le romantisme du chanteur dont chaque note est habitée.
Brian May délivre deux compos particulièrement Heavy avec "Sweet Lady", typique de son style, mélangeant couches de guitares et mélodies à la sensibilité Pop évidentes et surtout "The Prophet’s Song" qui reprend la flamboyance de "Father To Son" ("Queen II"). Se côtoient guitare acoustique et koto Japonais, guitare saturée plombée et chœur foisonnant chantant le refrain donnant une nouvelle fois la sensation d’écouter un opéra. "The Prophet’s Song" est le pendant Heavy Metal de "Bohemian Rhapsody" et les deux morceaux partagent le même goût pour les ruptures (c’est ici le chant en canon, obtenu au moyen d’un Delay (1), qui vient apporter un nouveau souffle au morceau en son milieu). Le travail sur le son et sur la stéréo pour jouer avec le rythme est minutieux (à 5:50 par exemple) et constitue une perle du Rock Progressif si ce n’est du Metal Prog (quoique le terme n’existe pas encore à l’époque).

Mais la diversité de "A Night At The Opera" ne serait pas ce qu’elle serait sans le ternaire "I’m In Love With My Car", chanté et joué par Roger Taylor qui martèle ses fûts avec adresse. "You’re My Best Friend", rythmée par le piano électrique de John Deacon est une sucrerie Pop indispensable au milieu de l’album, tranchant avec la grandiloquence des trois premiers titres. John Deacon a toujours, par sa simplicité, contrebalancé l’extravagance et le pompe naturelle de Freddie et "You’re My Best Friend" sera son premier succès en tant que compositeur. "Lazing On A Sunday Afternoon" dans son style vaudeville où le piano sautillant nous accompagne avec un chant semblant sorti d’un mégaphone (2) tranche également, au même titre que "Seaside Rendezvous" où Roger et Freddie s’éclatent à imiter clarinettes, tubas et autres cuivres. Roger Taylor le redira souvent, ils ont tout enregistré avec cet album qui fut aussi le plus cher de son temps, de la guitare saturée au crayon tapé contre la console de mixage. "Good Company", si elle m’a toujours moins plu, démontre dans un style Skiffle, les compétences de Brian May au ukulélé, petit instant pas prise de tête avant "Bohemian Rhapsody". Pour couronner le tout, l’album est en son milieu allégé par une chanson futuriste du guitariste sur fond de musique New Orleans où la contrebasse joue un rôle prépondérant. Le chant de Roger s’y fait presque strident, contrastant avec la douceur du timbre de Brian May qui interprète lui-même cette mélopée. Les versions live de ce titre seront toujours de grands moments car le groupe en avant-scène y proposera un des premiers moments unplugged lors de ses concerts où la guitare de Brian May tire dans tous les coins ("Live Killers" donne un bon aperçu de ce contraste ou encore le récent "Live In Ukraine" de QUEEN + PAUL RODGERS).

QUEEN a réussi son pari et bascule de surcroît dans la catégorie des vedettes avec "A Night At The Opera" qui restera comme l’un de ses albums les plus aboutis. La fréquence des sorties et le bouillonnement créatif des Anglais va laisser sa créature entrer au panthéon du Hard Rock par la grande porte tout en poussant plus loin ses expériences et en maîtrisant de plus en plus son sujet et son extravagance illustrée par cette orchestration dantesque de l’hymne national Britannique.

(1) Extrait de l'album "Queen II".
(2) Il fut en réalité enregistré en deux fois en plaçant le micro dans une boîte métallique (cf DVD "Classic Albums").

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- Freddie Mercury (chant ,clavier)
- Brian May (guitare, chant, koto, harpe...)
- John Deacon (basse, piano, contrebasse)
- Roger Taylor (percussion, chant)


1. Death On Two Legs
2. Lazing On A Sunday Afternoon
3. I'm In Love With My Car
4. You're My Best Friend
5. 39
6. Sweet Lady
7. Seaside Rendezvous
8. Prophet's Song
9. Love Of My Life
10. Good Company
11. Bohemian Rhapsody
12. God Save The Queen



             



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