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FOLK / AMBIENT  |  SINGLE

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NEGURÃ BUNGET - Gïnd A-prins (2013)
Par WËN le 16 Février 2014          Consultée 1661 fois

NEGURÃ BUNGET revient de loin. On ne donnait déjà pas cher de la peau de nos hirsutes cousins roumains suite au départ, courant 2009, de Hupogrammos et Sol Faur, partis engendrer DORDEDUH après un ultime "Măiestrit" (réenregistrement de "Măiastru Sfetnic", 2000) qui clôturait bien malgré lui et assez brutalement l'âge d'or ("'N Crugu Bradului", "Om", toussa toussa) de cet emblématique fer de lance de la scène Black Metal balkanique. Laissant ainsi Negru (batterie) seul à sa tête, l'entité renaissante, devenue hydre, nous pondait néanmoins et contre toute attente un "Vîrstele Pămîntului" (2010) authentique et solide qui, n'ayant rien à envier à ses prédécesseurs sur son fond, se démarquait pourtant d'eux sur la forme et son approche humant le terroir qui l'a vu fécondée, aux doux airs de nuit étoilée, réconfortante et pourtant si froide.

Malheureusement, rebelote début 2013. Les nouveaux venus quittent à leur tour le navire laissant une fois encore le tenace batteur partir à la recherche de ses futurs partenaires tout en cogitant au devenir de la formation. Sur le plan humain, cette prospection va visiblement porter ses fruits puisque NEGURÃ BUNGET, de nouveau sur pattes, passera une bonne partie de l'année révolue à écumer les scènes européennes. Sur le plan artistique, nous y voilà, le groupe nous a planifié une trilogie au concept de prime abord bien chiadé (chaque opus sera accompagné d'un film à la trame sonore propre) et basé sur les ancestrales terres transylvaniennes (qui l'eut crû ?), dont "Tău" (synonyme de possession en roumain), à paraître prochainement, sera le premier volet et promet déjà de nous transporter vers neuf lieux uniques au travers d'autant de pièces mystiques. Ce "Gînd A-Prins" ("Pensée Incandescente"), single de circonstance, est donc le parfait prétexte pour nous en révéler, en exclusivité, les premières essences.

Sur la face A, "Curgerea Muntelui" ("L’Écoulement De La Montagne"), qui sera présente sur "Tău", nous évoquera immédiatement les atmosphères de "Pămînt" que l'on retrouvait en introduction de l'album précédent. Percussions tribales, instruments folkloriques (bucium, trompette), nappes hypnotiques et basse fantomatique sous-jacente, vocaux habités : le titre commence de façon très ambiante, nimbé de brumes toutes locales tandis qu’en émergent progressivement, au fur et à mesure de cette ascension musicale, les crêtes escarpées et dénudées des monts alentours, grises et tristes. D’abord imperceptiblement, le morceau monte néanmoins petit à petit en puissance par l'adjonction de rythmiques plus appuyées, d’une trompette possédée, puis d’un chant extrême… Et chaque nouveau pas vers les sommets le long ce sentier hasardeux se veut plus dangereux que le précédent tandis que s’obscurcissent les ténèbres environnantes. Quelque chose semble rôder dans ces Carpates a priori désolées décrites par NEGURÃ BUNGET. Quelque chose d’ancestral et de sépulcral. Quelque chose de terrifiant.

Sur "Tăul Fără Fund" ("Épouvantable Bourbier"), la face B chargée de nous livrer un aperçu des trames sonores qui accompagneront chaque métrage de la trilogie en devenir, le groupe se plait à tisser le même genre d’atmosphères que sur "Curgerea Muntelui", à la différence près que ce titre se veut encore plus ambiant et lugubre. Toujours pas de guitares, plus de batterie, plus de crescendo non plus, "Tăul Fără Fund" est l’archétype même du morceau contemplatif. Les vocalises sont ici éthérées et lointaines alors que flûtes et nappes de clavier occupent le premier plan. Assaillis par la faune nocturne bourdonnante de ce cloaque marécageux, il ne nous restera guère d’autres alternatives que de tourner bride, pataugeant à tâtons pour ne pas sombrer définitivement dans l’insalubre insanité de ce marasme ambiant et bouillonnant.

Ce qui ressort donc en priorité de ce single, c’est cette facette à fleur de roche et très fermement attaché aux terres immémoriales de ses ancêtres, dont se drape la musique du combo et dont la magnifique pochette annonce à elle seule la couleur (ou plutôt, les différentes teintes de gris). Ces paysages maintes fois millénaires, mornes et ternes, inlassablement fouettés par les vents, sont retranscrits en musique par NEGURÃ BUNGET et ce, de fort belle manière ; le combo nous prouvant ainsi, et malgré ses bouleversements de line-up, qu’il n’a rien perdu de sa capacité à nous dépayser.

En revanche, l’inconnue majeure à laquelle ce "Gînd A-Prins" n’apporte finalement aucune réponse et qui hélas passe donc, ainsi, à côté de son but, concerne la facette Black Metal du groupe. Voire même le côté Metal tout court (aucune guitare sur cet EP, rappelons-le). Quid des passages plus vindicatifs gorgés de saturation ? De cette griffe haineuse mais à la fois si onirique de "'N Crugu Bradului" (2002) et "Om" (2006) qu’arborait la formation roumaine, lui conférant son charme propre ? Gageons, espérons même, qu’elle n’ait pas totalement disparu.

L’ironie de la chose, cependant, c’est que NEGURÃ BUNGET, la ‘sombre et brumeuse forêt’, n’a en revanche jamais aussi bien porté son nom. Rendez-vous dans quelques mois.

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- Tibor Kati (chant, guitare, clavier, programmation)
- Adi 'oq' Neagoe (guitares, chant, clavier)
- Petrică Ionuţescu (flute, bucium)
- Ovidiu Corodan (basse)
- Negru (batterie, percussions, xylophone)


1. Curgerea Muntelui
2. Tăul Fără Fund



             



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