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PESTE NOIRE - Peste Noire (2013)
Par DOLORÈS le 9 Août 2013          Consultée 9111 fois

Il y a de ces albums qui prennent du temps pour être digérés. Ça a été mon cas avec tous les albums de PESTE NOIRE, vous savez, cette impression qu'un truc massif et sale essaie de vous pénétrer (et s'il y a propos implicite ici c'est encore plus évocateur). Je devine que l'approche est la même pour à peu près tout le monde, reste à savoir si ça passe finalement bien ou non. Et il faut avouer que, même si on n'apprécie pas, PESTE NOIRE reste une des plus grandes figures de la scène Black française actuellement. Je visualisais Famine comme un je-m’en-foutiste extrême, peut-être est-ce le cas, n'empêche qu'il a vraiment été exigeant pour sortir une magnifique édition format DVD un poil chère, mais tellement soignée et avec des illustrations sublimes, qu'on se demanderait presque si ça vient bien du même groupe crasseux qu'on écoute en feuilletant ce livret. Malgré tout on retrouve bien la touche KPN (Kommando Peste Noire, au cas où vous vous demandiez pour les non-connaisseurs) avec entre autres, une faucheuse au masque des médecins de peste, un portrait de Famine en habit de militaire dont je ne saurais vous dire s'il est véridique, un chevalier squelettique, le tout en bleu et or.

Toujours accompagné d'Audrey Sylvain sur cet album (même si elle n'est pas créditée à la fin du livret, on se posera pas plus de questions, les potins du Black c'était l'autre porte), Famine se sépare pourtant d'Indria à la basse, invitant Ardraos (accordéon et batterie) à entrer dans l'aventure PESTE NOIRE. Malgré ce line-up réduit, il s'entoure cependant de nombreux guests de qualité. Au programme, les suédois de WOODS OF INFINITY, Roman Saenko de DRUDKH et HATE FOREST, et d'autres figures françaises moins connues mais qu'on sait proches de Famine comme Dunkel ou Khräss.

On retrouve toujours un brin d'inspiration médiévale et folklorique propre à KPN, notamment avec des instruments comme la vielle à roue, le carnyx, le bodhran ou autres percussions et instruments à cordes. Malgré cela, les morceaux s'inscrivent dans une suite de "L'Ordure À L'État Pur", moderne et plutôt portée par les textes. Par rapport à l'opus précédent, on est tout de même largement moins du côté avant-gardiste/étrange qui avait surpris tous les fans du groupe. Il y a bien ce côté nouveau et original, comme quasiment à chaque sortie d'un album de KPN d'ailleurs. Mais on se retrouve dans le passé de la formation française, pas étonnant quand les textes du premier titre, "Le Retour De La Peste" évoquent clairement : "Nous avons à l'heure actuelle un rachat à effectuer, nous avons un rachat à effectuer dans l'honneur, si nous voulons vraiment PN, rester PN".

La production crasseuse de "Folfuck Folie", le côté expérience musicale moderne de "L'Ordure À L'État Pur", et l'atmosphère de "Ballade Cuntre Lo Anemi Francor". J'avais cru comprendre que ce dernier "Peste Noire" était un retour aux sources, vers "La Sanie Des Siècles", et pourtant c'est bien le seul album de la discographie de KPN dont je ne retrouve presque aucun écho. L'album de 2006 était certes, malsain, mais également poétique. Je ne qualifierais en rien celui de 2013 de poétique, là est l'écart le plus grand qu'on peut trouver.

Et pourtant, avec un extrait de poème d'Émile Verhaeren, on aurait pu croire. Mais non, à part la petite parenthèse de l' "Ode" acoustique et folklorique, on a droit à un album avec des vrais morceaux de KPN dedans, retraçant avec une nouvelle patte tout ce qu'on connaît de PESTE NOIRE. Est-ce ça le véritable retour aux sources ? Seconde facette de l'album, sans prise de tête, pas sérieuse, remplie d'humour, d'ivresse et de saturation. C'est le tube Punk-Blackisant de "La Blonde" qui fout bien la pêche. Ça se poursuit sur des titres comme "Niquez Vos Villes", comme un Rap métallisant extrême, entité massive de haine (avec dans les textes, l'énigme des mots "censurés" et remplacés par de l'hébreu, mais pas forcément sur les mots les plus insultants, ah ce Famine et son humour particulier...). Bref, un morceau qui aurait facilement pu se fondre dans "L'Ordure À L'État Pur" finalement, avec un petit côté DIAPSIQUIR également.

Les titres comme "Démonarque", "La Bêche Et L'Épée Contre L'Usurier" ou "Le Clebs Noir De Pontgibaud" sont plus représentatives du PESTE NOIRE habituel, guitare acoustique, riffs qui déboîtent la tête, chant dégueulasse, chant Black et chant clair même appréciable quelques fois (final de "Démonarque" par exemple), avec toujours les pointes mélodiques d'Audrey qui redonnent du pétillant à l'ensemble. Seul point original de ces titres, les interventions des invités qui se fondent pourtant parfaitement au reste.

Mais on va toujours plus loin, toujours plus extrême, toujours plus surprenant, encore plus extravagant qu'avant. Tout est revu à la hausse. Le chant n'est pas juste sale, il est fangeux et obscène, autant pour Famine que pour les invités (faut dire que c'est encore plus inaudible et incompréhensible quand les chants sont en suédois ou en ukrainien). Les riffs ne sont pas juste accrocheurs, ils sont toujours plus mélodieux, sombres et guerriers à la fois. PESTE NOIRE a appris à jouer de son atmosphère malsaine et malgré tout mélodieuse, car si le groupe se veut une image de Black sale et familier, les compositions restent bourrées de mélodies, comme une petite marque de fabrique de KPN si on veut.
On finit comme avec les autres albums sur un morceau fort, noir, malgré tout pas aussi poétique et doux que le final "Soleils Couchants" en 2009, ou que "La Condi Hu" sur le précédent opus. "Moins Trente Degrés Celsius" est le titre qui correspond à l'image de faucheuse au masque de médecin de peste, dans le livret, pour vous donner une idée. Ce serait la bande son d'une escapade dans les souterrains d'un château médiéval, où la mort aurait sévi, où les corbeaux viennent prendre leur repos après s'être battus pour quelques restes humains. Plus proche, dans l'atmosphère, du morceau "Des Médecins Malades Et Des Saints Séquestrés", seul écho aux racines de PESTE NOIRE.

Il m'aura fallu de nombreuses écoutes pour évaluer de cette manière l'album. Au premier abord, il m'aura semblé moyen, je pense simplement qu'après un album aussi surprenant que "L'Ordure À L'État Pur", on ne savait pas à quoi s'attendre, et ce son finalement habituel et commun à PESTE NOIRE dans ce qu'il sait faire de mieux a pu me décevoir lors des premières écoutes. Je m'attendais à plus grotesque, plus délirant. Finalement un bon fan de KPN s'y retrouvera dans cette belle synthèse de la carrière de Famine.

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   (3 chroniques)



- Famine (chants, guitares, basses, percussions, instruments divers)
- Ardraos (batterie, accordéon)
- Audrey Sylvain (chant)


1. Le Retour De La Peste
2. Démonarque
3. La Bêche Et L'Épée Contre L'usurier
4. Niquez Vos Villes
5. Le Clebs Noir De Pontgibaud
6. Ode
7. La Blonde
8. Moins Trente Degrés Celsius



             



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