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RATT - Infestation (2010)
Par ALANKAZAME le 21 Juin 2010          Consultée 8645 fois

Le groupe qui a composé l’album dont il est question dans cette chronique ne doit pas dire grand-chose aux jeunes chevelus de ma génération. Mais si vous avez gouté aux joies de la grande époque du Hair Metal dans les années 80, vous n’avez pas pu passer à côté de RATT. Ce groupe a fait partie des pionniers de la première vague « Glam », avant d’être balayé par l’ouragan Grunge des années 90. Pas franchement original ni vraiment transcendant, RATT, contrairement à beaucoup de ses pairs au premier rang desquels POISON et MÖTLEY CRÜE, n’a jamais compté sur les power-ballades pour alimenter sa popularité. Particulièrement hirsute et Heavy, le groupe de San Diego a écoulé des millions d’albums aux States, totalement immergé dans l’hystérie générale du contexte d’alors, en accumulant au passage l’intégralité des clichés inhérents au genre.

RATT a en effet connu d’innombrables engueulades, autant de changements de line-up et de batailles juridiques, une bonne dose d’excès de drogues en tout genre et de scandales "people" ridicules… Tout pour ne pas être pris au sérieux et pour plomber le crédit d’un Hard Rock définitivement tombé en disgrâce à l’aube des années 90. À un moment donné on a même eu droit à deux tournées parallèles avec deux line-up différents ! C’est dire à quel point RATT revient de loin. Après une éphémère reformation en 1996, qui sera le prétexte à l’enregistrement d'un album éponyme plus que moyen en 1999, qui consacrera le naufrage commercial du combo, ses membres décident de se séparer pour de bon.

De l’avis général, RATT semblait alors définitivement mort et enterré, et sa crédibilité plombée pour la postérité. Et pourtant… Onze ans plus tard, avec le retour au micro d’un Stephen Pearcy plus en forme que jamais, la coqueluche du Glam Metal anglo-saxon est de retour par la grande porte et c’est pour nous balancer un grand coup de pied au derrière à la surprise générale ! Pas de doute, l’heure de la résurrection a bel et bien sonné et personne ne pouvait honnêtement s’y attendre avant que ce septième album ne fasse son arrivée dans les bacs. Comme d’hab’, RATT profite d’un contexte favorable pour se hisser sur le devant de la scène. Le Hard Rock des années 80 faisant son grand come-back avec les retours en force hautement symboliques de légendes telles que KISS, AC/DC, MÖTLEY CRÜE et ALICE COOPER, le combo étasunien avait définitivement toutes les clefs en main pour envisager un retour gagnant. Ce n’était pas gagné, et pourtant "Infestation" est une réussite aussi surprenante qu’improbable !

Le doute n’est résolument pas permis : si vous avez aimé le dernier MÖTLEY CRÜE, si les deux premiers albums de SKID ROW continuent d’alimenter votre mange-disque et si les récents méfaits des jeunes allumés de CRASHDÏET, STEEL PANTHER et autres SISTER SIN ne vous ont pas laissé indifférent, vous allez adorer "Infestation". Le son désuet et minimaliste des succès des années 80 a cédé le pas à une production résolument moderne avec un mixage monumental : RATT a changé et compte bien disputer leurs parts de marché aux autres légendes du Hard sur le retour ! Les premières notes de l’excellent "Eat Me Up Alive", sans doute le meilleur titre de l’album, jettent les fondations d’un skeud particulièrement rock’n’roll et outrageusement Glam’. Mais attention, pas n’importe quel Glam : celui qui tâche, avec une grosse guitare bien âpre, une voix rauque et éraillée et des refrains en béton armé qui donnent envie de se jeter contre les murs comme un gros blaireau ! Gloria, enfin du bon Hard bien crade et bien mélodique à se mettre sous la dent !

Il y a fort à parier qu’"Infestation" soit consacré surprise de l’année du genre, tant il égale sans difficulté le "Saints of Los Angeles" du CRÜE et le "Sonic Boom" de KISS. Pas de temps mort, pas de ventre mou, pas d’irrégularité, même pas de ballade : que du pur Hard Rock avec une guitare endiablée et un enthousiasme formidablement communicatif. Des titres aux structures indubitablement accrocheuses se succèdent à un rythme effréné, toujours avec la même rigueur technique, le même sens de la composition et surtout le même engouement. Loin de se reposer sur leurs facilités, les membres de RATT semblent avoir donné le meilleur d’eux-mêmes et nous proposent ni plus ni moins que ce qu’ils savent faire de mieux, avec en prime une prise en compte particulièrement judicieuse du contexte de notre époque. Ca fait foutrement plaisir et c’est peu de le dire !

Porté par le talent de Michael Baskette, qui n’aurait pas pu faire un meilleur travail de production, "Infestation" regorge de sonorités brutes donnant l’impression d’un enregistrement authentique, livré tel quel, sans lissage artificiel, sans fioriture inutile. Résolument Glam sur les premières pistes, plus touche à tout avec des titres riches en samples comme "Take Me Home" et l’excellent "Don’t Let Go" qui concluent l’album sur une note particulièrement enthousiasmante, RATT ne manque jamais le coche et on se lasse décidément pas de son nouveau bébé. De retour en grande pompe sur un terrain où on ne les attendait pas, les Californiens surprennent avec un album solide et invraisemblablement efficace. L’esprit des années 80 agrémenté des moyens techniques du XXIème siècle. Rien de neuf, rien d’innovant… Mais nom de dieu qu’est ce que c’est bon !!

A la croisée des chemins entre l’audace artistique d’un CINDERELLA, l’agressivité d’un SKID ROW et l’ambiance malsaine d’un MÖTLEY CRÜE, "Infestation" contient tous les ingrédients pour permettre à RATT d’opérer un retour fracassant sur le devant de la scène Hard Rock, pour le plus grand plaisir des aficionados de bon vieux Glam crasseux. Ça donne envie d’aller applaudir le groupe en live, et ça tombe on ne peut mieux puisqu’il est au programme du Hellfest 2010. Haut les cœurs, sortez vos jarretières et vos permanentes, ça va sleazer !

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   (3 chroniques)



- Stephen Pearcy (chant)
- Warren Demartini (guitare)
- Carlos Cavazo (guitare)
- Robbie Crane (basse)
- Bobby Blotzer (batterie)


1. Eat Me Up Alive
2. Best Of Me
3. A Little Too Much
4. Look Out Below
5. Last Call
6. Lost Weekend
7. As Good As It Gets
8. Garden Of Eden
9. Take A Big Bite
10. Take Me Home
11. Don't Let Go



             



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