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BLACK DÉPRESSIF  |  STUDIO

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- Style : Khonsu, Saligia
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SHINING - Iii - Angst (2002)
Par MEFISTO le 9 Juin 2009          Consultée 3823 fois

C’est avec "Angst" que SHINING entre officiellement dans le cercle des groupes Black respectés. Après deux albums plutôt moyens, dont un à la limite d’être indigeste, Niklas Kvaforth s’est regardé sérieusement dans le miroir et lui a demandé qui était le meilleur. La réponse se fait entendre sur ce troisième volet d’une longue quête, un opus qui se distingue aisément des deux premiers de la lignée par une production nette et une maturité surprenante qu’on ne retrouvait pas sur "Within Dark Chambers" et "Livets Ändhallplats".

Ouais, on ne sait ce qui s’est passé entre 2001 et 2002, mais SHINING a dû prendre des hormones de croissance pour accoucher d’un tel opus. Rappelons que les petites abeilles ouvrières du roi de la ruche Kvaforth avaient enregistré leurs deux premiers opus en autant de printemps. Et voilà qu’elles répètent l’expérience malgré la déception encaissée avec "Livets Ändhallplats" ! Faut croire que les années se suivent et ne se ressemblent pas…

Alors qu’est-ce qui explique ce son immense, ces pièces encore interminables dont on apprécie maintenant les mélodiques longueurs (honnêtement, on ne voudrait pas qu’elles s'achèvent tant elles enflamment), ce chant maîtrisé et bien dosé ? En fait, tout ce qui manquait à SHINING pour vraiment éclore et être libéré de l’étiquette de band de gamins frustrés qui jamment dans leur garage. Réponse plausible : "Angst" (peur ou anxiété, en allemand) a été composé par un nouveau line-up. Tusk et Wedebrand se sont barrés et ont laissé la place à Inisis et Phil A. Cirone aux cordes et à… Hellhammer sur le petit siège en cuir. Parlant de renfort, c’est du béton tout ça ! Surtout que l’album, comme tous les suivants, a été distribué sous la bannière d’Avantgarde Music, ce qui n’est pas de la merde.

Ainsi supporté, Kvaforth pouvait partir en guerre contre ses démons sans se retourner. C’est ce qu’il a fait et, sans l’ombre d’un infime doute, il pouvait clamer "Veni Vidi Vici" après le fade out sur la merveilleuse "Fields Of Faceless". Les six morceaux de ce gâteau forêt noire sont savoureux. Rien à jeter, alors qu’auparavant, on aurait pu amputer les albums de SHINING de moitié sans regrets tant les faiblesses étaient abondantes. Pas ici. Cristallines, les notes se laissent écouter facilement et rapidement. Le brouillard s’est dissipé dans le studio et le voile s’est levé sur un style dorénavant défini.

Finie aussi l’explosion de souffrance exagérée du suicidaire qu’incarnait Kvaforth sur "I" et "II", le leader n’ambitionne plus sur la quasi publicité de l’hara-kiri. Dieu que ça fait du bien. Et ça n’empêche pas SHINING d’être le porte-étendard d’un Black Dépressif engourdissant. Au contraire, le message passe mieux, car il n’est pas placardé à toutes les deux minutes.

"Angst" est parsemé d’une quantité bonifiée de mélodies et d’une guitare dont on entend tous les accords. La bouillie opaque et farouche des débuts a été matée au profit d’une musique plus accessible, compréhensible et mûre. Tout ça en un an et des poussières, difficile à croire ! On se retrouve avec des pièces bien structurées telles que "Mörda Dig Själv" et "Submit To Self-Destruction", d’une qualité qu’on n’attendait franchement pas. La surprise et le plaisir n’en sont que décuplés.

SHINING innove aussi avec "Till Minne Av Daghen" : le diable en personne nous joue un petit air au clavecin sous une pluie torrentielle. Instrumentale qui tranche avec le reste de l’album et avec toute la discographie du groupe. Original et subjuguant comme idée !

Petit mot sur le jeu de batterie de Hellhammer, qui est évidemment jouissif à l’extrême. Il alterne savamment la balade à la mitraille ("Självdestruktivitetens Emissarie") d’une manière dont lui seul connaît le secret. Sa technique a notamment permis à Kvaforth d’orchestrer de fréquentes variations dans les tempos, de ne plus craindre de se payer un ou deux ponts entre des parties plus agressives, mais sans débordements. Enrichissement absolu.

SHINING atteint sa majorité en 2002 avec "Angst". Il a trouvé simultanément sa personnalité, la sonorité spécifique qu’il nous servira sur les albums à venir et un alignement de musiciens ultra talentueux. La majorité d’entre eux demeureront d’ailleurs sur "IV".

Au risque de me répéter, il est captivant de songer à ce qui a bien pu arriver à la chenille pour qu’elle devienne papillon à une vitesse aussi vertigineuse. Parions qu’avec plus d’outils en mains, Kvaforth aura trouvé le moyen de s’envoler vers l’excellence plus tôt que prévu. Ce n'est pas nous qui allons nous plaindre...

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   (2 chroniques)



- Kvarforth (voix, guitare)
- Hellhammer (batterie)
- Inisis (guitare)
- Phil A. Cirone (basse, clavier)


1. Morda Dig Sjalv
2. Svart Industreill Olycka
3. Sjalvdestruktivitetens Emissarie
4. Submit To Self Destruction
5. Till Minne Av Daghen
6. Fields Of Faceless



             



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