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FOLK METAL EXTREME  |  STUDIO

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SVARGA - Ogni Na Kurganakh (2005)
Par POSSOPO le 16 Octobre 2008          Consultée 2551 fois

Après avoir fouillé tous les coins et recoins de sa demeure actuelle, l'étonnant "Там, Где Дремлют Леса...", impossible de ne pas visiter l'année 2005 du talentueux СВАРГА. СВАРГА, un groupe qui reprend quelques arguments de ses plus grands compatriotes, BUTTERFLY TEMPLE ou ТЕМНОЗОРЬ, pour leur apporter une couche supplémentaire de folklore national. Et comme SKYCLAD utilisait le violon comme instrument permanent dès son deuxième ou troisième effort, СВАРГА appuie sur les touches de son bayan comme il gratte les cordes de ses guitares, c'est-à-dire tout au long des 45 minutes que dure cette galette. Le bayan, version russe de l'accordéon, et qui diffère notamment de ce dernier par une meilleure restitution des graves, caractéristique qui éloigne définitivement l'objet des bals populaires à l'esprit baguette, picon bière et mamies teintes en orange. Preuve d'une texture sonore véritablement singulière, l'emploi du bayan dans de nombreuses pièces classiques, aujourd'hui comme avant.

Il suffit déjà pour imprégner СВАРГА d'un caractère fort dont l'artiste se sert pour écrire ses chansons d'une patte tout à fait originale. La parenté plutôt floue avec BUTTERFLY TEMPLE et ТЕМНОЗОРЬ permet une affiliation viking slave, néo-païenne, folk extrême, un truc qui fonctionne à plein en ce moment dans une région du monde toujours nimbée d'un certain mystère et propulsée sur le devant de la scène artistique par le poids d'une histoire dont ne connaît généralement rien mais qu'on imagine héroïque par cagettes. A côté, un air de fête et la slavitude garde la voile bombée. Cette fête slave empreinte de gravité et qui se termine la plupart du temps par des pleurs éthyliques. Et on arrose le tout d'une bonne dose de rock soviétique.

C'est ce dernier ingrédient, dont СВАРГА se débarrassera en partie pour accoucher d'un successeur glissant, je l'espère, vers l'approbation des foules metalliques, qui risque de gêner. Car "Oгни Ha Kургaнaх" risque de se voir offrir quelques chachliks d'épithètes dissonants. Kitsch, artificiel, mal fagoté. Vu d'occident, ce sont bien ces quelques senteurs plastique qui plomberont un disque pourtant plein de saveur. Mais quoi, la Russie, l'Union entière, aussi désagrégée soit-elle sur le plan politique, vit encore dans son retard de vingt années, dans ses envies de consommation facile et immédiate. Les Soviets les ont trop longtemps privés de culture pop pour qu'ils résistent à la facilité. Les plus grands eux-mêmes sont passés par là. Et ce qui, toujours vu de chez nous, s'appelle mauvais goût et senteur agraire relève aujourd'hui autant du folklore local que les matriochkas, la faucille, les bulbes d'église colorés, le marteau et la rente pétrolière. Minijupes fluos très mini et très fluo, chemises en soie et gourmettes en argent vont si bien avec les airs de КИНО, d'АГАТА КРИСТИ, de БИ-2, d'AKBAPИУM et de tant d'autres. Du rock dans tous les styles mais toujours cette odeur de renfermé qui picote tellement le nez quand on écoute APИЯ, le MAIDEN du coin (et que tous les fans de heavy à la papa se lèvent, СВАРГА pourrait bien les intéresser). En russe, on appelle ça l'esprit chansonnier, en français, certains en rigolent. Ils ont tort !!!

Dans tous les styles, c'est "Oгни Ha Kургaнaх". Un chant black, un chant païen, une basse qui parle fort, une guimbarde profonde, le fameux bayan roi de la place, un peu de thrash, des refrains hard radio, des solos heavy metal et d'infimes passages couleur variété que ne remarqueront que ceux qui auront longtemps tripoté la culture du pays… "Oгни Ha Kургaнaх", ça danse, ça crie, ça frappe, ça boit, ça cogne et ça pleure, petit tour de la jeunesse russe dans tous ses excès. СВАРГА, c'est le barde, le punk, l'animateur de soirées, le roi de la nuit, le confident des petites vieilles, l'intellectuel cultivé…

СВАРГА, peut-être le plus russe de tous les Russes du metal, plus naturellement authentique que la plupart des confrères qui l'ont précédé (BUTTERFLY TEMPLE) ou succédé (APKOHA) et très largement supérieur a tout pour devenir un grand, un très grand. Un futur SKYCLAD et peut-être plus encore. Dommage qu'il soit aussi mal distribué et que son âme si intense le rende un peu difficile d'accès quand on s'est fait l'oreille sur le plastique mou des groupes précités.
Très dommage même…

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Par POSSOPO




 
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- Ilya Wolfenhirt (chant)
- Evgeniy Zhen (guitares)
- Vadim Saint (guitares)
- Igor Hurry (bayan)
- Mikhail Mike (basse)
- Sergey Zahaar (batterie)
- Masha Scream (chant)


1. Nachalo
2. Sjech
3. Woyna
4. Smotri
5. V Noch Volhoval
6. Duren
7. Kogda Razveyalsa
8. Tayna
9. Ogni Na Kurganach
10. Na Moem Beregu
11. Cherez Mertvuyu Reku
12. Konec



             



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