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DEATH METAL  |  STUDIO

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2017 Kingdoms Disdained
 

- Style : Death, Savage Annihilation, Mithras, Sarpanitum, Insidious Disease
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MORBID ANGEL - Domination (1995)
Par POSITRON le 20 Mars 2019          Consultée 1020 fois

"Domination" est-il le premier mauvais album de MORBID ANGEL ? Une accusation qui en choquera certains, une réponse ("non, mais") qui frustrera les autre. Si modulo quelques olibrius, le monde du Death Metal encense les trois premiers MORBID ANGEL, "Domination" est le premier album du débat, de la division. Pourquoi donc ?

Car, pour distribuer du cliché à la douzaine, c'est un album où le groupe se cherche, un album de transition, d'évolution, de mutation et plein de mots en -ion. Si cela n'est pas obligatoirement synonyme de baisse de qualité (*) c'est bien malheureusement le cas sur "Domination" par l'intermédiaire d’éléments que je vais vous exposer. Il serait bien facile de s'arrêter à déclarer qu'il s'agit d'une simple perte d'inspiration : ce n'est pas entièrement faux mais ce n'est pas suffisant.

Si une telle transition peut s'effectuer avec une cohérence lumineuse, de manière parfaitement claire et naturelle (au moins rétrospectivement), "Domination" est l’œuvre d'un groupe qui ne sait pas trop où il va. On sait aujourd'hui qu'il allait plus ou moins vers la période Steve Tucker c'est-à-dire une mutation du riffing qui l'éloigne définitivement de ses racines Thrash et d'une orthodoxie old-school au profit d'une interprétation monolithique et toute personnelle de cette évolution du Metal américain vers le rythme et le saccadé.

Mais sur "Domination" MORBID ANGEL est hésitant, bredouillant. Il s'emmêle entre ses restes de riffs A B C, ses ralentissements doomy version B mais sans le bizarre, ses incursions dans la modernité tous chugs dehors, et ses tentatives d'intégrer les interludes au clavier de Trey au reste des compositions. Mais surtout MORBID ANGEL s'emmêle essentiellement entre deux visions, presque deux groupes différents, qui peinent à cohabiter sur le même album quant ce n'est pas sur la même piste : la vision Vincent et la vision Tucker (**).

La vision Vincent est old-school dans son esthétique, rapide, thrashy, foncièrement et délicieusement datée, elle impose de dériver subtilement autour de la structure ¨Pop sans abandonner le refrain et de mêler avec fluidité les riffs Deathrash en compositions intelligibles. Malgré sa violence et son côté iveul, c'est une vision fondamentalement "fun", se prêtant facilement à la régression malgré l'intelligence de l'écriture.

La vision Tucker est énorme, labyrinthique, cryptique et Lovecraftienne, alterne écrasement mid-tempo et brutalité moderne et n'atteint réellement son potentiel que par contraste entre le moment brutal primaire et le riff Azagtothien alambiqué. Mais malgré les breaks pied-bouche direct chez le dentiste et le biceps musclé, c'est une vision qui ne possède pas ce côté fun et humain. Impossible de hurler "death metal till i die metalhead for life" à la fin de "Gateways To Annihilation" à moins d'être à mon humble avis passé à côté du disque (enfin, faites comme vous voulez, je ne vous juge pas hein).

Comme en politique, la cohabitation ne ne semble pas réellement fructueuse.

Tu pourrais croire, lecteur, que je m'abandonne entièrement au riff et à la composition, négligeant tout ce qui pourrait habiller et entourer ceux-ci : la production – très appréciable –, le chant – à bout de souffle –, le jeu de batterie – solide sans plus – et le jeu lead qui enrichit considérablement son vocabulaire mélodique dans une audace qui aboutira, encore une fois, au jeu lead des albums Tucker. Il n'en est rien. Je n'ai juste pas vraiment grand chose de plus à en dire.

Si "Domination" est un de tes albums préférés de MORBID ANGEL tu pourras sentir ton sang bouillir à la lecture de cet outrage discontinu à l'objet de ton culte. C'est que pour parler du MORBID ANGEL d'avant la chute il me paraît bien plus nécessaire de justifier l'abaissement de la note que d'en justifier le relèvement – ce serait par ailleurs bien chiant d'écrire six fois de suite que Trey est l'un des meilleurs compositeurs de l'histoire du Metal. Par ailleurs si je me suis plaint de cette cohabitation que je trouve peu commode je peux très bien concevoir que celle-ci puisse plaire et après tout, il y a bien pire disque à aimer.
_ _ _ _

(*) citons "A Blaze In The Northern Sky" ou "Symphonies Of Sickness"
(**) visions qui malgré les noms que je leur donne sont essentiellement deux visions de Trey.

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   (3 chroniques)



- Trey Azagthoth (guitares, claviers)
- Pete Sandoval (batterie)
- David Vincent (basse, voix)
- Erik Rutan (guitares, claviers)


1. Dominate
2. Where The Slime Live
3. Eyes To See, Ears To Hear
4. Melting
5. Nothing But Fear
6. Dawn Of The Angry
7. This Means War
8. Caesar's Palace
9. Dreaming
10. Inquisition (burn With Me)
11. Hatework



             



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