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2019 1 Par Le Sang Versé
2022 1 Ordalies
 

- Membre : Grylle

VÉHÉMENCE - Ordalies (2022)
Par T-RAY le 21 Août 2022          Consultée 1578 fois

"Et au rythme où va le projet de Tulzcha, on ne voit pas très bien ce qui pourrait l'empêcher de décrocher la Lune, lorsque ce héraut émérite du Black Médiéval nous reviendra pour une troisième magnifique et épique fresque guerrière." Ainsi achevais-je, en 2019, ma chronique du deuxième album studio de VÉHÉMENCE, "Par Le Sang Versé", avant de propulser celui-ci en Sélection du site. Résultat mille fois mérité pour un disque aussi conquérant, qui ne récoltait certes pas la suprême note de cinq étoiles mais qui s'en approchait diablement. Aussi me montrais-je optimiste pour l'arrivée d'un nouveau longue-durée de la formation auvergnate… À tort.

Parce que "Ordalies" est presque en tout point inférieur à son brillant prédécesseur. Seule sa durée est supérieure de plus d'une minute à celle de "Par Le Sang Versé". Une broutille, me direz-vous, sauf que lorsque l'on étire ses compositions autant que le fait VÉHÉMENCE sur ce L.P., chaque dizaine de secondes supplémentaires peut-être la dizaine de trop. Or, des dizaines de secondes de trop, il y en a un paquet sur ce disque. Interludes exceptés, absolument tous les titres de l'ouvrage semblent avoir été délayés au maximum. Et leurs riffs, répétés jusqu'à plus soif.

Quand le riff est marquant, l'on peut se laisser embarquer avec plaisir malgré tout, comme sur le très accrocheur "De Feu Et d'Acier" qui chante les exploits artisanaux d'un forgeron face à l'épée d'exception qu'il est en train de concevoir. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que ce morceau a été choisi pour seul extrait de l'album avant sa sortie officielle : d'entrée de jeu, VÉHÉMENCE s'attache à captiver l'auditeur par des arpèges de guitare classique avant de l'entraîner à sa suite dans les méandres de son Black Metal mélodique et médiéval. Dommage que cela ne prenne pas tout du long, les chœurs de bonhomme en voix claire venant d'une certaine façon désépaissir la belle atmosphère épique générée dès les premières notes du morceau. Alors qu'ils sont justement là pour participer au caractère épique de la composition.

Quand le riff est moins marquant - voire beaucoup moins - VÉHÉMENCE marque forcément le pas, lui qui compte beaucoup sur le tremolo picking de Tulzcha pour saisir et découper l'auditeur. Parmi les six authentiques morceaux de Black Metal que contient l'album - "La Danse Des Pluies" et "Quand L'Hiver Viendra" exceptés, donc - c'est le très (trop) long "Notre Royaume… En Cendres" qui en pâtit le plus. Dommage parce qu'avec ses paroles clairement inspirées de l'incendie de Notre-Dame de Paris en avril 2019, il y avait de la matière pour créer un morceau fédérateur, voire exaltant. Or, tout ou presque est pénible sur ce titre, en particulier le long passage lent au cœur du morceau, ou les twin guitars sont de sortie. En outre, la peine et la souffrance qu'il est censé nous évoquer sont tout bonnement absentes…

Manifestement branché sur courant alternatif, VÉHÉMENCE s'avère très frustrant sur "Ordalies", capable du meilleur comme du moins bon (le pire restant exclu de l'équation car le savoir-faire des compositeurs et interprètes est bien trop élevé pour ça). Le meilleur, c'est l'entame frénétique et héroïque de "Au Blason Brûlé", vraie réussite de Black Mélodique d'inspiration médiévale qui, malgré ses plus de huit minutes, s'écoute quasiment comme un Single tant il est efficace et captive l'oreille quasiment de bout en bout. Le meilleur, c'est aussi la première moitié de "La Divine Sorcellerie", composition au long cours qui ne tient certes pas ses promesses jusqu'au bout mais dans lequel VÉHÉMENCE sait nous embarquer tout de même avant de nous perdre. Le meilleur, c'est enfin le côté épique de "Par Le Glaive", qui démarre mid-tempo comme une brigade de cavalerie au trot avant d'accélérer pour l'assaut puis de se disperser méthodiquement une fois la victoire remportée.

Le moins bon, outre "Notre Royaume… En Cendres", s'intitule "Un Contre Mille". Malgré sa "courte" durée de 6 minutes et 55 secondes, le morceau est presque de trop sur ce disque tant il contribue à l'alourdir. Si encore son riff était génial ou même juste catchy, l'on s'en accommoderait parfaitement, mais pour du VÉHÉMENCE, il s'agit d'un riff tout ce qu'il y a de plus générique, que l'on pourrait retrouver sur d'autres albums de Meloblack Épique. En plus, les lignes vocales n'aident pas à passer outre le côté passe-partout des parties de guitare, dont le niveau s'élève toutefois quelque peu en cours de morceau et surtout sur son final tendu. Pas suffisant, cependant pour faire de "Un Contre Mille" autre chose qu'un filler, ce genre de titre juste bon à faire le nombre.

Malgré ces défaillances, VÉHÉMENCE n'a toutefois pas perdu les ingrédients qui firent, naguère, la suprématie de son Black Médiéval. La voix Black hargneuse et habitée de l'excellent Hyvermor est toujours au rendez-vous. Et lorsque sa fureur est au sommet, comme sur "De Feu Et d'Acier", et chevauche aussi ardemment les riffs ciselés par Tulzcha, difficile de ne pas se laisser aller à brandir le poing bien haut. De leur côté, les passages acoustiques où guitare sèche, vielle à roue, fifre, violoncelle, flûte voire nyckelharpa font surface, agrémentent eux aussi les accalmies de manière élégante et souvent inspirée. Sans oublier les instrumentaux "La Danse Des Pluies" et "Quand L'Hiver Viendra", qu'il serait trompeur de réduire à de simples interludes tant ce sont de vrais morceaux qui contribuent à redonner du souffle à "Ordalies" quand celui-ci s'essouffle.

Une nouvelle fois, après "Par Le Sang Versé", l'Autrichien Stefan Traunmüller (GOLDEN DAWN, RAUNÅCHT, WALLACHIA) s'est chargé du mixage et du mastering. Et il a su capitaliser sur son expérience trentenaire du Black Médiéval ainsi que sur ses antécédents auprès de VÉHÉMENCE pour donner à "Ordalies" le son qu'il mérite. Puissant mais pas bodybuildé, brillant mais pas rutilant, aiguisé mais pas comme un scalpel : juste comme l'épée fraîchement sortie de la forge de "De Sang Et d'Acier". Les fans du genre y reconnaîtront l'œuvre de l'un des leurs et cela s'avère inestimable lorsqu'il s'agit de faire sonner aussi bien des riffs tremolo pickés sauvages que des arpèges de guitare classique et que des notes issues d'instruments anciens. Ce qui fait que VÉHÉMENCE happe régulièrement son auditoire. Même si celui-ci décroche de temps à autre, Tulzcha et ses compagnons parviennent ainsi à le retenir jusqu'au bout. Et à lui faire achever l'écoute sur un sentiment somme toute positif.

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Par ISAACRUDER




 
   T-RAY

 
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   (2 chroniques)



- Tulzcha (guitare, claviers, fifre)
- Thomas Leitner (batterie)
- Hyvermor (vocaux, chœurs)
- Léo Dieleman (basse)
- Eirik Val De Rance (nyckelharpa)
- Geoffroy Dell'aria (flûte)
- Raphaël (violoncelle)
- Sparda (vielle à roue, chœurs)


1. De Feu Et D'acier
2. Notre Royaume... En Cendres
3. La Danse Des Pluies
4. Au Blason Brûlé
5. La Divine Sorcellerie
6. Quand L'hiver Viendra
7. Un Contre Mille
8. Par Le Glaive



             



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