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DEATH SYMPHONIQUE  |  STUDIO

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SEPTICFLESH - Codex Omega (2017)
Par WËN le 15 Janvier 2018          Consultée 2891 fois

2003. Tandis qu’en un râle féroce empreint de terreur et de souffrance, elle accouchait de la plus sombre créature qu'il lui ait été donné d’engendrer, SEPTIC FLESH, la Bête grecque, s'éteignait en un ultime soubresaut. Sous ces plus noirs auspices naquit "Sumerian Deamons", dont longtemps, les ignobles hurlements hanteront nos nuits. Épilogue d'une grosse décennie passée à terroriser la faible humanité, l’abomination nous y délivrait toute sa plus sourde et primordiale fureur, en un rite plus brutal et déshumanisé que jamais, qui la consumera finalement de l’intérieur, dévorée par ses propres démons. Imperturbables, les années s’écoulèrent, laissant aux suppôts de cette dernière - ainsi libérés d’un si lourd fardeau - le loisir de vaquer à leurs divers projets (CHAOSTAR, arts graphiques, etc.) avec le succès qu’on leur connaît. Cependant… En ces infernales abysses où le temps n'a aucune prise, la sombre entité sommeillera près de cinq ans. Cinq longues années passées à ruminer sa haine et à rassembler ses fidèles sous sa noire bannière en vue de son retour prochain. C’est sous l’égide d’un Season Of Mist, constatant son sommeil s’agiter frénétiquement, que lui sera donc accordée une seconde chance, lors d’une impie communion. Ainsi réanimée, sa nauséabonde dépouille, dévastant le vieux continent, ne tardera guère à regagner son dû, par la force de faits d’armes bravaches.

Seul revers à la médaille, son séjour aux royaumes d’Hadès semble avoir irrémédiablement profané sa mémoire d’antan. Ainsi, de ses années occultes aux mélodies finement pernicieuses et fermement ancrées dans l’extrême des 90s (à la fois vaguement Black et Death) ne subsistent que peu d’éléments, ces arts sombres dont nous la savions coutumière se traduisant dorénavant par une grandiloquence toute orchestrale. Et c’est pour cette raison, qu’à l’aune de ce quatrième opus sous sa moderne incarnation, nous ne saurions comparer intelligemment cette nouvelle offrande à ces œuvres chronologiquement trop éloignées.

Par contre, ce que nous savons faire, c’est remettre en contexte ce qu’elle sait nous proposer là et – en le comparant à ses trois dernières livraisons - ainsi affirmer sans risque que 2017 risque d’être indéniablement marquée de sa griffe noire. Chahutée ses dernières années par toute une clique d’anciens et affamés apprentis aux dents longues (FLESHGOD APOCALYPSE, EX DEO, ODIOUS, ou même CARACH ANGREN dans un registre différent), voici donc l’occasion de reconquérir un trône laissé vacant suite à un "Titan" (2014) en demi-teinte car manquant cruellement de caractère à quelques titres près !

Sous ces oripeaux symphoniques qui drapent sa carcasse maintenant desséchée, se laisse plus que jamais deviner une ossature lourde, foncièrement Death Metal, forgée à même les bouillonnantes forges volcaniques d’Héphaïstos. Dès l’entame de l’œuvre et jusque dans ses plus reculés recoins, le retour d’un riffing diabolique et habité ("Dante’s Inferno", "3rd Testament", "Our Church, Below The Sea", "The Gospels Of Fear") s’annonce donc réellement salvateur suite à la relative déconvenue accordée à son prédécesseur sur ce point. L’arrivée de Krimh (ex-DECAPITATED, live pour BEHEMOTH et VESANIA) en remplacement de Fotis Benardo à la batterie (la position délicate chez SF), apportant un peu de sang frais, n'est déjà sans doute pas étrangère à ce regain de puissance. Mais il est fort à parier que la prod' (et le mastering) d'un Jens Bogren qu'on ne présentera plus, claire et hyper puissante, idéale pour ce type d’œuvre, non plus. L’orchestre philharmonique de Prague (toujours lui), ainsi équilibré de main de maître sans jamais prendre l'ascendant sur la partition Metal, n’a jamais aussi bien sonné. Et peut-être tenons-nous là l'une des premières clés de cette réussite, à savoir que SEPTICFLESH arrive, définitivement, à synthétiser son art sombre. Que ce soit au niveau de l‘importance accordée à chaque pièce de son orchestre infernal ou, plus généralement, de l’agencement de ses idées.

Car abordée comme un nouveau défi, l'écriture de ce nouveau codex, va venir aspirer la substantifique moelle de chacun de ses prédécesseurs pour n'en conserver que le plus précieux nectar. D'un "Communion" ainsi vampirisé, elle saura par exemple absorber les mélodies et les atours accrocheurs (quelques riffs aussi, cf. "Martyr"/"Faceless Queen" vs "Anubis", non ? Personne ?). De "The Great Mass" en revanche, c’est sa soif prononcée pour les célébrations occultes et grandiloquentes qui refera surface, tandis qu’elle saura soutirer de "Titan" ce soin tout particulier apporté aux arrangements symphoniques ("Enemy Of Truth", "Dante’s Inferno", "Portrait Of A Headless Man"). En découle un disque sombre, de bout en bout et qui, sans atteindre non plus l’extrême et poisseuse noirceur d’un "Sumerian Deamons" en son temps, parvient néanmoins à considérablement obscurcir l’atmosphère environnante. De plus, en s'affranchissant de titres parfois kitchouilles ou inutilement bourrins, le tout en devient extrêmement homogène.

Certes, cette volonté de vouloir bien faire est une chose, mais encore faut-il que la réalisation tienne la route. La prod’ est ici idéale, nous l’avons vu. Mais ce n’est pas tout, bien au contraire, puisque la richesse de cette offrande se joue réellement sur plusieurs partitions. Déjà, tous les éléments propres à la musique de SEPTICFLESH s’assemblent en une inspiration renouvelée, qu’il s’agisse de refrains sachant faire mouche, de chœurs solennels, du grunt d'outre-tombe de Seth Siro (basse) ou des interventions chantées de Sotiris (guitare) qui s’avèrent toutes judicieuses, de l’univers graphique lui aussi signé Seth Siro autrement plus imposant que celui de son aîné, ou encore de ce concept basé sur un méconnu troisième testament de chair et de sang. Ensuite, l’antique Bête, assurant sa survie, n’hésite pas à l’emploi de quelques machiavéliques nouveaux atours via une poignée d’instruments moins conventionnels (guitares acoustiques, oud, un tragique duduk (hautbois arménien), l’intro-piano - voire les fulgurants refrains - de "Dark Art", conférant une imprévisibilité salvatrice à ce dernier testament (ce codex omega), là où "Titan" souffrait d’un balisage parfois trop systématique. Enfin, si ce disque, plus que de coutume, saura nous enflammer de l’intérieur, c’est sans doute aussi par sa fange épique insoupçonnée. Car après un début d’album de qualité mais au demeurant convenu, c’est quelque part entre les majestueux chœurs finaux de "Enemy Of Truth" et l’intro-piano, voire les fulgurants refrains de "Dark Art", que la gargouille grecque déploie ses ailes, prenant soudainement une ampleur démesurée, tandis qu’elle nous distille ses plus noirs secrets ne manquant de révéler quelques menaces mondiales nous interpelant tous, à la manière de toute bonne trame du genre (qu’on soit paysan-Jedi, hobbit rondouillet, agent secret amnésique ou pauvre orphelin enfanté par un arbre).

En 2017, SEPTICFLESH frappe donc un grand coup et répond à toutes les attentes placées en lui (meilleures préventes jamais enregistrées dans l’histoire du label). Mieux, il arrive à offrir un album imposant, véritable étalon de sa décennie passée, tout en renvoyant sournoisement la concurrence réviser ses classiques. Il est fort à penser que comparer une prochaine progéniture à ses autres travaux post-résurrection deviendra caduque, tant ce "Codex Omega", se suffisant à lui-même, semble poser et imposer les bases des années qui se profilent. Par contre, une crainte bien sournoise mais légitime ne manquera pas de se profiler. Car, alors qu’il marque sa dorénavant vaste discographie d’une nouvelle pierre angulaire, ne nous retrouvons-nous pas face à un monstre ayant une nouvelle fois tout donné ? Peut-être pas dans l’immédiat (nous espérons secrètement tous un DVD-Live avec orchestre), mais en concluant ainsi sa seconde décennie de la même manière que la première (1991-2003), ne risque-t-il pas de s’en retourner hiberner pour à nouveau rêver à de lointains carnages et destructions ? Espérons que non…

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   (3 chroniques)



- Seth Siro Anton (chant, basse, artwork)
- Christos Antoniou (guitare, orchestrations)
- Sotiris Anunnaki V. (guitare, chant clair, textes)
- Kerim 'krimh' Lechner (batterie)


1. Dante's Inferno
2. 3rd Testament
3. Portrait Of A Headless Man
4. Martyr
5. Enemy Of Truth
6. Dark Art
7. Our Church, Below The Sea
8. Faceless Queen
9. The Gospels Of Fear
10. Trinity



             



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