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1972 Styx
1976 Crystal Ball
1977 The Grand Illusion
2005 Big Bang Theory
2017 The Mission
 

- Membre : Damn Yankees, Spinal Tap, Bad English, Coverdale - Page, Ted Nugent
 

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STYX - The Mission (2017)
Par DARK BEAGLE le 11 Décembre 2017          Consultée 2159 fois

STYX n’est pas un bel exemple de régularité. Depuis les années 90, le groupe se fait très rare, comme en atteste les quatorze années qui séparent "The Mission" de "Cyclorama" ("Big Bang Theory", en 2005, est un disque de reprises et ne présente donc pas de matériel original), leur précédente offrande, la première sans Dennis DeYoung. À l’instar de KANSAS, le groupe se rappelle à notre bon souvenir avec un disque que l’on n’attendait pas, ou plutôt que l’on n’attendait plus. Mais contrairement à KANSAS, STYX va nous faire un beau retour gagnant et ce, en utilisant sournoisement une formule classique de chez classique pour eux. Mais comme le dit l’adage, c’est dans les vieux pots…

Pourtant, à la base, il n’y avait pas de quoi être rassuré. Un concept-album, ce n’est pas forcément une chose étrange avec STYX, le groupe est assez coutumier du fait. Mais Tommy Shaw le disait à qui voulait bien l’entendre, l’histoire tournerait autour d’une expédition spatiale vers Mars. Là, difficile de savoir comment cela allait sonner avec le style délicat de la formation, entre Rock Prog et Hard FM très léché, aux influences Pop indéniables. L’artwork en lui-même n’est pas des plus fantastiques non plus (mais c’est tant mieux, la carotte géante de "Cyclorama" me provoque encore des cauchemars où des vegans règnent sur le monde façon SS pas contents. Chaque fois que je me réveille après ces rêves, j’ai un goût de chou de Bruxelles en bouche). En revanche, l’intérieur du livret est déjà plus sympa.

Parlons un peu du livret, tiens ! C’est toujours intéressant de s’y intéresser. Celui-ci possède deux rabats où l’on découvre des photos du groupe lors de la phase d’enregistrement le plus souvent et quand on les ouvre, nous avons droit à des images de Mars qui sont fort à propos vu que c’est le sujet de l’album ! Mais le carnet attire l’œil avec son style très document officiel, avec le logo du groupe télescopé dans celui de la NASA pour lui donner un petit côté officiel. Les textes nous sont expliqués de façon très (trop ?) formels, mais ils nous permettent de rentrer dans l’histoire, où l’on suit l’intrigue SF assez classique, qui met en avant les aléas des voyages spatiaux, avec une fougue propre aux Américains.

Mais parlons de la musique si vous voulez bien. Si vous aimez le STYX de "Pieces Of Eight" ou de "Cornerstone", cet album est pour vous ! Alors effectivement, les natifs de Chicago ne proposent absolument rien de neuf ici. On pourrait presque se sentir insulté qu’un disque finalement bien formaté nous soit vendu comme un très bon album de STYX. Mais c’est ce qu’il est. Plutôt que de tenter de sortir des sentiers battus, ou de proposer une musique plus aseptisée en adéquation avec l’âge de certains des membres, le groupe se penche sur ce qu’il sait faire de mieux : un Hard Rock bien ficelé, aux connotations FM parfaitement assumées, avec des élans Prog du meilleur effet, qui permettent de mettre en opposition les mélodies suaves et les phases plus explosives, plus furieuses, qui émaillent ce disque.

Certes, la théâtralité n’est plus aussi marquée, mais cela était le terrain de chasse préféré de Dennis DeYoung, tandis que l’approche plus sucrée prise par la formation dans les années 80 provenait plus de Tommy Shaw. Celle-ci est toujours bien présente, on la retrouve sur plusieurs ballades, mais il n’y a pas que ça. Il y a une espèce de mise en scène aux sonorités joyeusement vintage qui se détache tout du long, comme sur l’intro de "Radio Silence", magnifique. Les mélodies vocales sont encore une fois très réussies, les chœurs sont précis, soignés, ils dégagent de l’émotion ou renvoient à un passé que l’on a connu glorieux ("Mission To Mars"). La voix de Shaw fait toujours mouche, malgré le poids des années, tandis que Lawrence Gowan, qui a la lourde charge de succéder à DeYoung, s’en sort de mieux en mieux derrière le micro. Il est plus assuré que sur "Cyclorama" (pas les choux de Bruxelles ! Noooooooon !) et ses parties de claviers sont tantôt nostalgiques ("The Greater Good"), tantôt virevoltantes ("Overture", "Khedive") et offrent de belles opportunités pour les guitares de Shaw et de James Young.

Ces derniers interviennent toujours de façon très propre. Cela peut également être un défaut, pour de nombreuses formations cela le serait, mais cela contribue à l'élégance que développe STYX depuis des décennies. Les soli sont souverains, souvent courts, mais d'une justesse rare. Là encore, on peut sentir l'osmose avec le clavier, toujours présent, prenant parfois le dessus ou au contraire, se laissant engloutir par le travail des guitaristes qui tricotent des riffs francs à défaut d'être massifs. Mais est-ce vraiment ce que l'on attend d'un groupe comme STYX ? Il n'empêche, "Gone Gone Gone" est un petit bijou d'équilibre entre les musiciens, avec des harmonies vocales à se damner !

Et on se laisse facilement prendre par cet album, on embarque avec le groupe pour un voyage que l’on sait périlleux et qui aurait pu s’avérer catastrophique, "Cyclorama" n’étant pas le disque le plus rassurant de STYX, loin de là. À écouter "The Mission", on a vraiment cette impression de retour en arrière, comme si le temps n’avait pas d’emprise sur les musiciens, comme si le groupe s’apprêtait juste à donner un successeur à "Cornerstone", le tout avec une classe et une facilité impressionnante pour un groupe d’une telle longévité. Bien sûr, ce n’est pas le disque le plus original de 2017, ni même de la carrière de STYX ! Et alors ? Vous aurez compris à la note attribuée à ce "Mission" que je préfère que le groupe joue dans un registre qu’il connaît et qu’il maîtrise plutôt que de sonner moderne à tout prix, risquant ainsi d’y laisser des plumes, et surtout son âme.

"The Mission" est assurément une des grandes surprises de cette année 2017, dans son registre, bien évidemment. Le retour au premier plan d’un groupe que l’on croyait mort. Comme KANSAS avec son "Prelude Implicit" l’année dernière justement, sauf que STYX a mieux négocié son comeback et que "The Mission" pourrait fort bien devenir une référence pour le groupe. Un grand cru donc, qui ouvre de nouvelles perspectives pour une formation qui n’a de toute façon plus rien à prouver depuis longtemps.

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   DARK BEAGLE

 
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- Tommy Shaw (guitare, chant)
- James Young (guitare, chant)
- Lawrence Gowan (claviers, chant)
- Chuck Panozzo (basse)
- Ricky Phillips (basse)
- Todd Suchermann (batterie)


1. Overture
2. Gone Gone Gone
3. Hundred Million Miles From Home
4. Trouble At The Big Show
5. Locomotive
6. Radio Silence
7. The Greater Good
8. Time May Bend
9. Ten Thousand Ways
10. Red Storm
11. All Systems Stable
12. Khedive
13. The Outpost
14. Mission To Mars



             



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