Recherche avancée       Liste groupes



      
MATHCORE/JAZZ/BALEK  |  STUDIO

Commentaires (2)
Metalhit
L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

- Membre : Killer Be Killed

The DILLINGER ESCAPE PLAN - Dissociation (2016)
Par ISAACRUDER le 20 Décembre 2016          Consultée 1943 fois

Dans une interview donnée à des confrères Pusciato et Weinman listent leurs meilleurs souvenirs de concert. Et Pusciato avoue regretter une seule chose dans sa carrière avec THE DILLINGER ESCAPE PLAN : avoir balancé sa propre merde sur le public.

Autant vous dire que le reste craint aussi, mais qu'il s'en fout pas mal.

Car THE DILLINGER ESCAPE PLAN est un des groupes les plus tarés de notre génération. Je ne vous parle pas des groupes japonais bizarroïdes ou des plumeaux en slim qui montent les amplis à 11. Je vous parle de faire du Mathcore depuis 1997, en se servant des têtes des spectateurs pour se déplacer, en dégageant les slammeurs à coups de guitare et en foutant tellement le bordel sur scène que Chino Moreno s'est barré d'un de leurs lives avec la même panique dans le regard que s'il avait vu Donald Trump lui demander ses papiers !

Ces types sont des monstres, des légendes absolues. Ils ont donné des années de leur vie à ce projet, et chaque album est un bout de tripes, une tranche de leur vie. Plus que jamais THE DILLINGER ESCAPE PLAN est un symbole de Rock'n'roll, mais qui a décidé d'arrêter face à ce qui est une injustice : la non-reconnaissance définitive du monde de la musique à leur talent.

Non que le groupe ne soit pas culte pour les connaisseurs, mais simplement qu'il est, justement, un groupe de connaisseurs. Malgré "Option Paralysis" et "One Of Us Is The Killer", plus accessibles, THE DILLINGER ESCAPE PLAN n'a pas réussi à conquérir le mainstream. Et cela dit il s'en foutait. Mais s'en foutre ne veut pas dire ne pas être las des cachets faibles, des conditions encore trop légères pour un groupe de cette trempe. Si les américains s'étaient rendus plus écoutables sur leurs derniers albums, il n'en reste pas moins qu'ils continuaient à jouer avec les mathématiques et à proposer les parties de chant parmi les plus intéressantes de la scène. "Dissociation", lui, est là pour signifier que THE DILLINGER ESCAPE PLAN tire sa révérence, et qu'il assume tout son héritage. De fait, saluons la noblesse du groupe qui part alors qu'il est toujours au top niveau, loin devant les prétendants. "Dissociation" est un sacré album. Sacré parce qu'il est le rejeton d'une discographie exemplaire, la quintessence du style de THE DILLINGER ESCAPE PLAN. Et qu'il se permet même d'être surprenant. Encore.

Ce ne sont pas des titres convenus mais efficaces comme "Limerent Death" qui illustrent mon propos, mais les tueries absolues type "Low Feels Blvd", avec son incroyable partie Jazz et son chant de star de Las Vegas. Une interlude comme "Fugue", qu'on croirait sortie d'un artiste Electro, ou "Honeysuckle", ballet subtil entre le Mathcore dont ils ont la suprématie et le Jazz toujours plus habile et tordu. Plus que jamais THE DILLINGER ESCAPE PLAN abat ses cartes en roi du Bruel jeu, avec une force de frappe type Ali, et une énorme dose d'assurance et d'impertinence façon Jésus. De quoi faire suer toutes les formations versées dans l'art de créer de la violence, sans aucune réflexion sur leur musique. Le Mathcore sans âme peut aller grignoter les quelques parts de marché restantes, THE DILLINGER ESCAPE PLAN est le Balkany de la scène.

Les forces assumées dans "One Of Us Is The Killer" (en particulier ce chant plus Pop excellent et ces refrains efficaces) sont poussées jusqu'au bout de la logique dans des titres qui peuvent aussi bien retourner le cerveau par leur démence texaveryenne qu'accrocher le temps d'une mélodie parfaite et placée avec éclat ("Wanting Not So Much As To" reconfirme Pusciato en maître). "Dissociation" est incroyable car il est l'alliance entre le génie traditionnel de THE DILLINGER ESCAPE PLAN (mélange des genres, technicité et complexité rythmique sans égal) et ses parti pris les plus audacieux et discutés. Sans être leur meilleur disque (coucou "Ire Works"), et parfois convenu sur certaines parties Mathcore (les gimmicks sont évidents), "Dissociation" est un excellent album du groupe, meilleur selon moi que les deux précédents. Car le mélange dont je parlais tout à l'heure fonctionne, et c'est ce qui fait qu'un morceau comme "Dissociation", presque Trip-Hop, peut habiter sur la même planète que "Limerent Death". Cette planète que THE DILLINGER ESCAPE PLAN a dynamité pendant des années et qu'il revient une dernière fois savater,la quarantaine passée, en enchaînant les sauts périlleux comme à la grande époque.

La première fois que j'ai vu THE DILLINGER ESCAPE PLAN j'étais en overdose de gâteau de weed. Les lumières créaient des formes hallucinées tandis que Pusciato faisait péter ses muscles en frappant dans des ampoules accrochées au plafond, suspendues par des câbles avec lesquels Weinman s'étranglait entre deux sauts périlleux depuis sa tête d'ampli. Ce groupe a changé ma vision de la musique, et a défini en grande partie ce que j'ai pu accomplir personnellement dans ce domaine. Je m'en vais donc pleurer encore la disparition de ces légendes et leur dire merci, même si ce mot est bien trop faible pour saluer leur départ.

Va bien crever 2016.

A lire aussi en HARDCORE par ISAACRUDER :


COILGUNS
Commuters (2013)
La pétoire et le mohawk




BIRDS IN ROW
Cottbus (2010)
Dans la sueur, la rage et le sang


Marquez et partagez



Par ISAACRUDER




 
   ISAACRUDER

 
  N/A



- Greg Puciato (chant bg)
- Ben Weinman (guitariste de génie)
- Kevin Antreassian (guitare)
- Liam Wilson (basse)
- Billy Rymer (batteur d'exception)


1. Limerent Death
2. Symptom Of Terminal Illness
3. Wanting Not So Much To As To
4. Fugue
5. Low Feels Blvd
6. Surrogate
7. Honeysuckle
8. Manufacturing Discontent
9. Apologies Not Included
10. Nothing To Forget
11. Dissociation



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod