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COBALT - Slow Forever (2016)
Par MEFISTO le 25 Juillet 2016          Consultée 2318 fois

Pour être lent, c'est lent ! Près d'une heure trente de musique qui déroule comme une bête boiteuse, "Slow Forever" est une œuvre intimidante et foutrement atypique.

Divisée en deux disques, la quatrième offrande du multi instrumentaliste Erik Wunder (qui officie désormais avec le chanteur au timbre unique Charlie Fell, anciennement de mon chouchou déjanté LORD MANTIS) est à déguster comme un bon scotch assis sur une vieille galerie craquante du Colorado. COBALT est issu de cet état américain montagneux et incarne véritablement l'indomptable bison qu'on entend sur "Slow Forever" ; un gros mammifère sale nourri aux OGM contre son gré, lui qui aspire avant tout à demeurer près de ses racines.

COBALT l'expérimental nous avait surpris avec "Eater Of Birds" et surtout, "Gin", très root et axé beaucoup sur les percussions et respirations éthérées. "Slow Forever" se rapproche des débuts démentiels du groupe sur "War Metal" avec son caractère incontestablement offensif et sa production plus crasseuse. Il y a aussi quelques semences de "Eater Of Birds", mais pas au même niveau et pas à la même intensité/vélocité. Disons que ce nouveau brûlot rend justice à la puissance de "Gin", mais avec une essence plus western/blues américain dans la débâcle. Enfin, dirons-nous, Wunder rend-il hommage à son coin de planète plutôt qu'essayer de battre les géants de l'extrême sur leur propre terrain…

Oui, car dès "Hunt The Buffalo", on sait que COBALT a pris un tournant. Le nouveau-venu Charlie Fell fait sentir sa présence. On sait que "Slow Forever" sera américain avant tout, pas international. Et c'est tant mieux, car c'est ce que j'adore d'une entité comme PANOPTICON, qui en plus de s'inspirer des contrées étrangères, ne manque jamais de sceller ses créations avec le drapeau étoilé. Certes, COBALT peut être entendu partout, les fans nordiques ou sudistes accrocheront à ce virus, mais vous verrez après plusieurs heures d'écoute parfois épuisantes que "Slow Forever" est orienté vers le cœur de l'Oncle Sam et de sa population désabusée. Trêve de vaines tentatives politiques, entrons de plein fouet dans cet univers à cheval entre le Black, le Sludge, le Hardcore, le Prog, le Doom et… le ranch.

Erik Wunder pousse son exploration des tourments humains encore plus loin avec "Slow Forever" en tournant le fer dans chaque plaie que ses instruments provoquent. La musique nous évoque peut-être les plaines américaines et la solitude morbide venant avec, mais les propos que COBALT tient sur cette galette ne s'adressent pas aux éternels optimistes. C'est la déchéance totale, l'étouffement, la dépravation, la frustration généralisée. Les riffs tantôt coupants, tantôt boueux de Wunder (écoutez celui de "Elephant Graveyard" et essayez de ne pas headbanguer !), ciselés dans l'onyx le plus noir, les percussions tribales, la guitare sèche aux sonorités inquiétantes et énigmatiques, combinés aux hurlements démentiels de Fell, instaurent un climat absolument génial. Pas facile toutefois d'y respirer, mais si vous êtes habitués à glisser sur les marécages à la tombée de la nuit, vous adorerez.

Je suppose aussi que ce disque peut se révéler sous différents jours, dépendamment du contexte dans lequel il est écouté. Et non, ce n'est pas le cas pour tous les albums, ne vous moquez pas de moi ! "Slow Forever" s'avère horrifique sous la houlette de la noirceur à certains endroits, en raison du timbre agressant de Charlie Fell (qui a permis à LORD MANTIS de s'imposer comme un des leaders de la scène Sludge grâce à son penchant gore) et du talent de fou de Wunder pour brosser des portraits cauchemardesques sans tomber dans le Black crado ou le Death Impérial. Non, le maître de piste demeure coolos avec ses riffs costauds et dégoulinants de sueur, qui font spinner l'imagination comme une dynamo. Un vrai buffle nourri au blues couillu je vous dis ! Aucune clôture, aussi solide soit-elle, ne résistera à ses assauts.

Je vous fais grâce de l'analyse de cette œuvre en fonction des deux disques sur lesquels elle est gravée, car les deux faces se ressemblent et se complètent. Disons seulement que COBALT réussit à garder notre attention pratiquement du début à la fin avec d'impressionnants pavés tels que "Beast Whip", "Final Will", "Cold Breaker" ou "Hunt The Buffalo". Seul bémol : environ 15 minutes de trop, qui auraient pu être coupées dans les passages atmosphériques ou quelques répétitions qui ne subliment en rien ce gros plat de résistance.

"Slow Forever" porte tellement bien son nom en fin de compte ; il s'incruste dans notre esprit comme une tortue et y demeure durant une longue période, qui pourra paraître infinie pour plusieurs. COBALT a le talent pour accoucher d'œuvres transcendantales et il y arrive à force de travailler dur, malgré les embûches et les changements dans la vie personnelle de Wunder.

Le renvoi de McSorley n'a pas handicapé du tout Erik Wunder, qui a trouvé avec Charlie Fell un alignement d'astres parfait. Les deux comparses ont réussi à fusionner leur folie et leur rage pour nous offrir un album d'une grande qualité. Un album perfide, subtil à certains détours et nullement à d'autres, lourd et hypnotisant.

Soyez prêts à vivre une expérience qui vous assènera un putain de punch dans la tempe.

Note : 4,5/5.

Podium : (or) "Elephant Graveyard", (argent) "Slow Forever" et "Hunt The Buffalo", (bronze) "King Rust".

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- Erik Wunder (tout)
- Charlie Fell (chant)


1. Hunt The Buffalo
2. Animal Law
3. Ruiner
4. Beast Whip
5. King Rust
6. Breath
7. Cold Breaker
8. -
9. Elephant Graveyard
10. Final Will
11. Iconoclast
12. Slow Forever
13. Siege



             



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