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PLEBEIAN GRANDSTAND - False Highs, True Lows (2016)
Par ISAACRUDER le 8 Avril 2016          Consultée 1163 fois

Dans cet immense bal des faux culs et des minables qu’est l’existence il faut savoir se faire un trou. Ce bon vieux Shakespeare avait raison, la vie est un théâtre. Mais il a omis de dire que c’était un bouge bien dégueulasse, une scène sur laquelle s’amoncellent les détritus. Sur les planches il y a une brochette d’incapables qui s’entraînent à proposer le sourire le plus faux, à jouer un rôle trop grand pour eux. Il ne faut pas jouer les riches quand on n’a pas le sou disait Brel. Mais sur cette planète l’être humain est environné de ces désespérés qui tentent de se faire une place sur le grand échiquier, ou qui prétendent en avoir déjà une alors qu’ils sont simplement des bouffons.

Une petite pensée pour le concours de la connerie avec les élections américaines. Le pronostic est simple. Il y aura d’un coté un mégalomane imbécile qui se croit le roi du monde avec son fric alors qu’il baigne dans la médiocrité, et de l’autre la reine des girouettes, sponsorisée par le gratin des financiers les plus infâmes, ceux dont Patrick Bateman est l’avatar le plus représentatif. "False Highs, True Lows" comme le dit l’excellent titre de l’album de PLEBEIAN GRANDSTAND.

Depuis "How Hate Is Hard To Define" les toulousains sont l’incarnation concrète de notre époque malade. De la violence, du bruit, du chaos, du désespoir. Il n’y a pas d’échappatoire dans ce long passage de la vie où nous sommes entourés de minables qui nous dirigent avec leur faux génie. On en pleure tous les jours et pourtant on avance. Moi le premier. Tenez, j’enseigne dans une école privée où les patrons sont un frère et une sœur qui se disputent sans cesse, où le premier n’a aucune compétence mais te fait des rapports sur ton enseignement basés sur une visite annuelle de trois minutes (et il se croit génial) et l’autre a le fric et pense avoir une vision alors qu’elle ne pige rien en matière d’éducation. Et concrètement si l’on excepte quelques éclats de rébellion je me force à dire amen à ces gros abrutis de classe internationale.

Alors maintenant je peux comprendre que "Lowgazers" ait marqué les esprits. C’était un "Paracletus" 2 pour moi, la transcendance en moins, mais qu’importe. Je n’étais pas encore bien plongé dans l’aberration de la vie pour bien saisir ce que raconte le Black Urbain de PLEBEIAN GRANDSTAND. Ça tombe bien, "False Highs, True Lows" est là pour me donner une piqûre de rappel, avec son atmosphère de fin du monde annoncée ("Mal Du Siècle"). Il n’y a rien de plus dans cet album que de la violence sans interruption. Un climax glacial dans lequel s’abandonner, nettoyer son âme et son esprit trop chargés de ces questions et de cette culpabilité de se savoir soumis aux pires raclures.

PLEBEIAN GRANDSTAND est notre époque sale, vile, injuste et absurde. Il ne doit pas y avoir de questionnements sur le pourquoi de ce déluge dissonant. Il est là, comme toi tu es là pour te faire chier au travail ou sortir en ville pour consommer et te dire que fichtre, c’est bon d’être dans un pays libre. Devine quoi ? Si on enlève la famine et le sous-développement global, il n’y a pas de paradis sur cette Terre, le Royaume n’est pas de ce monde. Il n’y a pas de pays libre. On survit tous en voyant les moments de bonheur comme l’enfant les premiers flocons de neige. La majeure partie du temps on supporte.

Et PLEBEIAN GRANDSTAND dans tout ça est l’enfant qui a tout compris et qui ne cherche pas à proposer une alternative. "Volition" avec ses relents d’AEVANGELIST n’est pas là pour montrer une autre vision du monde. De même qu’"Eros Culture", faite de cris et de souffrance. DEATHSPELL OMEGA est toujours là, ombre morte planant derrière eux, mais les toulousains ont repris le flambeau, sauf qu’ils refusent la transcendance. C’est du Black Orthodoxe Urbain, véloce, fou, malade. Peu de riffs épiques ("Low Empire" semble sorti des délires mélodiques de BLUT AUS NORD), beaucoup de dissonances héritées du passif Hardcore Chaotique des français (incroyable "Oculi Lac"). Le reste n’est que blasts, cris étranglés, guitares sauvages ou rampantes.
Dans tout cela il y a des bribes d’émotions, comme la fin du superbe "Tributes And Oblivions", dans laquelle le chant semble représenter l’individu inondé sous la violence, ne pouvant plus tenir, et implorant de l’aide. Ce chant est bien plus Black Metal, moins Hardcore, même s’il y a toujours ce ton supplicié délicieux, qui colle des frissons d’horreur. "False Highs, True Lows" est de toute manière ce genre d’album dont l’ambiance dingue hante les nuits. Il n’invente rien, mais il est diablement maîtrisé. C’est une contre-ode souffrante, dopée aux drogues les plus dures, la bande-son de jeunes baudelairiens de la classe moyenne blasés de ce monde minable et je-m’en-foutiste, comme les héros décadents du "Moins Que Zéro" de Bret Easton Ellis.

En cette veille de Pâques "Tame The Shapes" résume tout. Le long parcours ardu, le calvaire, la croix que chacun porte, lentement, en tombant, en s’écorchant les genoux raillé de tous. La vie du Christ est de toute manière cette illustration : humiliation. Humiliation de la part des puissants qui se croient sur les hauteurs alors qu’ils ne sont rien. Et pourtant de cette humiliation le Christ est en gloire, vainqueur. Mais il a souffert, il a rampé, comme le dernier des hommes que Nietzsche méprisait. Car à la fin le Royaume n’est pas de ce monde. Dans ce monde, il nous faut effleurer du bout des doigts l’image floue du paradis, en supportant sur notre dos un nain obèse, le fouet en main, avatar suprême de nos élites décadentes.

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Par ISAACRUDER




 
   ISAACRUDER

 
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- Simon (guitare)
- Adrien (chant)
- Olivier (basse)
- Ivo (batterie)


1. Mal Du Siècle
2. Low Empire
3. Tributes And Oblivions
4. Volition
5. Mineral Tears
6. Oculi Lac
7. Tame The Shapes
8. Eros Culture



             



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