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ROSETTA - Quintessential Ephemera (2015)
Par ISAACRUDER le 6 Octobre 2015          Consultée 2817 fois

Le parcours particulier de ROSETTA est celui du groupe qui avance seul, sans aide, toujours motivé et impassible. Revenus sans label avec "The Anaesthete" ils ont eu la surprise de voir que les fans les suivent et continuent de leur donner la possibilité de poursuivre. Avec une promotion auto-gérée et une fréquence de sortie d'albums constante, les américains forcent le respect même si leur discographie oscille entre l'excellence et le moyen, et même s'ils ne sont malheureusement jamais revenus au niveau des cultes "The Galilean Satelites" et "Wake/Lift". Leur dernier album, "The Anaesthete" justement, s'il a permis de les relancer après des questionnements proches de la séparation, reste au contraire une mauvaise blague, entre artwork hideux et refonte du logo façon Black Metal cliché. La sensation que ROSETTA se perd, a besoin de sang frais, de continuer à trouver du sens, lui qui navigue loin des mers empruntés par les autres de la scène.

Mais au lieu de se réinventer, ROSETTA a décidé d'aller plus loin dans son art, cet art qui fait que son public le suit depuis tant d'années avec tant de fidélité, encore une fois sans moyens de promotion. Aussi "Quintessential Ephemera" est-il à la fois un retour aux sources et une tentative de variété. En premier lieu, ROSETTA conserve ce qui le détache du lot des groupes Post-Hardcore : un jeu de basse incroyablement riche, mis en avant dans la production, un batteur dont les parties ressemblent à un long solo magistral et des mélodies aériennes divinement belles et percutantes. Ce "Metal pour astronautes" tant vendu et qui n'a été qu'effleuré sur disque, bien que souvent donné en live. Les nouveautés injectées dans ce que l'on connaît et aime de ROSETTA viennent montrer une face plus mélodieuse encore. Couplé au chant traditionnel de Mike le chant clair d'Eric, nouveau membre du groupe, vient apporter un aspect plus Pop souvent très bon, même si certaines parties peuvent parfois agacer, la faute à trop de mièvrerie (je pense à la partie centrale de "Untitled V" notamment).

Plus solaire, plus positif et bien moins sombre que par le passé, ROSETTA perd certainement de sa verve, de son poids dans la mécanique du cœur. "Quintessential Ephemera" a ses moments de grâce qui font vibrer ("la fin d'"Untitled II" ou la beauté d'"Untitled VI", dont le remix de la version bonus est excellent) mais on est loin de l'impact d'un "Wake/Lift". Les américains, en se lançant dans un projet plus calme finalement, s'interdisent presque une tristesse musicale qui a toujours fait leur charme. Aussi cet album est il moins poignant que d'autres de leur discographie, mais il dégage un sentiment puissant de travail réfléchi, de parcours, de voyage, qui semblait perdu depuis longtemps. Aussi "Quintessential Ephemera", parfaitement cohérent, est bâti comme un fleuve. Son déroulement est limpide, à l'instar du titre de ses morceaux, qui à l'exception du début et de la fin, ne sont que des étapes chiffrées d'un voyage spatial dans lequel il est bon de se plonger.

Pour autant cette volonté de retrouver la beauté triste de leurs précédents albums n'est que la conséquence d'un confort de lecteur qui ne sied pas à la démarche de ROSETTA sur cet album, emporté par le souhait d'ouvrir sa musique. Une fois cet horizon d'attente dépassé, il est grisant de constater que "Quintessential Ephemera" est différent. Différent et vraiment bon. Bon parce qu'il montre le visage le plus mélodique de ROSETTA, groupe qui a toujours donné l'impression d'être une explosion de leads ; bon parce que ce chant clair amène une variété et un équilibre au chant de Mike, surtout lorsqu'ils se complètent avec brio (la fin d'"Untitled VI", superbe). Et bon parce que ROSETTA retrouve son atmosphère spatiale, irréelle, magique et planante, grâce à davantage de virages vers le Post-Rock.

Loin de se révolutionner ni de dynamiter le genre, ROSETTA continue son chemin sans se soucier des autres mais se fait audacieux. Il est certainement enfermé dans ses codes, depuis des années qu'il erre seul dans l'immensité de l'Espace, mais il rappelle toujours qu'il est là, renvoyant des messages de loin, des messages toujours suivis et lus avec plaisir. A l'instar du dernier ENVY, ce "Quintessential Ephemera" est un très bon album mais sans éclat, agréable sans être spectaculaire, beau sans être magnifique. Mais en regardant les messages récents envoyés, il est d'un seul coup bien plus que tout cela. Il est la confirmation que ROSETTA avance et qu'il est en voie de renouveau. Il me vient à espérer que le prochain soit cet album incroyable que l'on peut attendre de l'artiste qui questionne son art et cherche l'audace.

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   ISAACRUDER

 
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- Mike Armine (chant, samples)
- Dave Grossman (basse, chant)
- Eric Jernigan (guitare, chant)
- B.j. Mcmurtrie (batterie, chant)
- Matt Weed (guitare, piano, chant)


1. After The Funeral
2. Untitled I
3. Untitled Ii
4. Untitled Iii
5. Untitled Iv
6. Untitled V
7. Untitled Vi
8. Untitled Vii
9. Nothing In The Guise Of Something



             



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