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SÓLSTAFIR - Ótta (2014)
Par DOLORÈS le 7 Novembre 2014          Consultée 3286 fois

SÓLSTAFIR s'en est toujours très bien tiré. Sincèrement, quand on regarde le nombre de groupes qui choisissent une nouvelle voie, qui sortent un nouvel album avec comme idée de s'assagir, on observe dans la majeure partie des cas que cela est perçu d'un mauvais œil. Il y a toujours une certaine méfiance, malgré la curiosité et la confiance. Et en dehors des quelques personnes qui arrivent à trouver leur compte, on finit souvent avec des avis plus négatifs que positifs.
Et pof, voilà que le double "Svartir Sandar" est parvenu jusqu'à nous en 2010, et que SÓLSTAFIR devient le messie qu'on attendait tous, bravant vents et marées pour finir dans tous les coups de cœur de l'année. Et pourtant, les Islandais ont fait la chose la plus interdite : passer d'une musique qui avait encore une influence Black bien présente à des titres complètement Post-Rock et planants.

Hérésie ! Et non, c'était finalement le fruit d'une jolie transition assez lente et pas forcée pour un sou. Aucun étonnement alors, avec "Ótta". Bon, si, un peu quand même. Quelques changements sont au rendez-vous et, en effet, on retrouve bien sûr des compositions typiques du groupe mais également de nouvelles influences (Neil YOUNG en première ligne avec SIGUR RÓS, et une teinte Country sombre renforcée).
Pour donner un simple élément de comparaison, celui-ci est encore plus doux que "Svartir Sandar" qui proposait déjà une forme modérée de repli vers le calme. Cependant, avec le précédent opus, on avait encore une certaine hargne, du crescendo qui déborde de partout, et des compositions inattendues jusqu'au bout puisqu'on ne savait pas plus où le groupe souhaitait fixer ses limites.
Il manque à "Ótta" cette hargne. On reste dans la retenue, il y a toujours la patte pluvieuse et lumineuse à la fois, propre à SÓLSTAFIR, mais on perd toute l'intensité qu'on avait grâce aux contrastes. La tendance à partir en montagnes russes s'efface, et le groupe se rattache plutôt à une même dose d'émotion constante pour la majorité des titres, qui gardent la même longueur d'onde du début à la fin (ce qui expliquerait qu'ils restent si bien en tête, en tout cas). De plus, "Miðaftann" c'est à dire la ballade de l'album, ne m'a pas touchée. Je m'attendais à les voir enfin démarrer, à l'ancienne. Mais non.

À cela s'ajoute qu'il est toujours décevant de s'apercevoir que le titre le plus intense (l'éponyme, parce que le banjo c'était quand même la meilleure idée qu'ils aient pu avoir) fut le premier écouté, dévoilé en teaser d'album, quand on s'aperçoit que le reste n'est finalement pas à la hauteur. Ça n'empêche pas l'album d'être bon : clairement, tout est carré et extrêmement propre, avec un son juste merveilleux qui reste la cerise sur le gâteau. SÓLSTAFIR est quand même un de ces groupes qui ont le don de vous transmettre la petite mélodie qui s'étire et reste en tête, une ambiance complètement inattendue menée par des synthés ("Náttmál") ou la complainte harmonieuse en islandais d'Aðalbjörn qui perce doucement ("Rismál").

À l'inverse, des titres comme "Dagmál" ont pu me sembler beaucoup plus faciles. On change deux ou trois petits détails et on a une chanson de Pop Rock de la dernière décennie, ce qui se retrouve encore davantage sur la suivante, "Miðdegi". Le second CD comporte au moins son lot d'originalité, avec une version ré-enregistrée de "Til Valhallar" qui nous ramène tout droit en 1996, avec cette puissance qui fait quand même du bien à entendre. Et, pour conclure, "Ótta" en version musique d'ascenseur. Oui, tout à fait.
Non, à vrai dire, c'est simplement une version acoustique si on peut dire, concerto pour instruments à cordes frottées et voix.

Les membres de SÓLSTAFIR ont beau prendre une autre direction, ils auront éternellement derrière eux cette aura de rockeurs mélancoliques sortant du fjord avec leur belle chemise de bûcheron et des truites à la main... qu'ils prennent finalement le temps de développer complètement. On se rend compte que si l'étiquette Post-Rock pouvait être un peu débattue pour le précédent opus, elle prend tout son sens ici. Et pour les quelques morceaux qui valent vraiment le coup, les gars de SIGUR RÓS ont du souci à se faire sur leur domaine et leur propre terre.

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   (2 chroniques)



- Aðalbjörn Tryggvason (guitare, chant)
- Guðmundur Óli Pálmason (batterie)
- Svavar Austman (basse)
- Sæþór Maríus Sæþórsson (guitare)


1. Lágnætti
2. Ótta
3. Rismál
4. Dagmál
5. Miðdegi
6. Nón
7. Miðaftann
8. Náttmál

1. Tilberi
2. Til Valhallar
3. Ótta



             



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