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FESTIVAL DE VOUZIERS 2019
Par DARK SCHNEIDER le 26 Octobre 2019
Publié le 23 Février 2020 Consulté 1065 fois

Vous n'êtes sans doute pas sans savoir que SORTILÈGE s'est reformé depuis quelques mois, et comme je suis fan depuis de nombreuses années et que rien pour l'instant ne garantit que cette reformation puisse durer très longtemps, je voulais donc à tout prix voir le groupe dès l'une de ses premières dates annoncées. Pour des raisons pratiques, c'est la date prévue au 29ème festival de Vouziers qui me convenait le mieux. Tant mieux, car si l'affiche n'était pas aussi alléchante que celle du Pyrenean Warriors Open Air, elle était quand même très aguichante, surtout avec TITAN que je n'avais pas non plus eu l'occasion de voir depuis sa reformation en 2017.



En route donc vers les Ardennes ! On m'avait prévenu que ce fest donnait un peu l'impression d'être au milieu du nulle part et on ne m'avait pas menti, c'est le moins que l'on puisse dire. Situé en pleine diagonale du vide, vous traversez des kilomètres de champs et quelques villages où l'on cherche désespérément âme qui vive (et on était un samedi, pas un dimanche). La ville de Vouziers en elle-même est assez symptomatique de ces communes rurales qui semblent quelque peu laissées à l'abandon. À proximité même de la salle des fêtes où avait lieu le festival se trouvait d'ailleurs quelques maisons en piteux état. Je ne connaissais pas ce coin de France, et ma foi le voyage en valait la peine.

Une fois entré dans la salle des fêtes, tout à fait convenable d'ailleurs, et avoir pu se rendre compte que le fest semblait bien organisé, tenu par des personnes accueillantes, mon regard se portait alors surtout sur les festivaliers présents. Il y a dix ans j'avais pu faire quelques festivals de Heavy français qui faisaient clairement dans le revival 80s, on y croisait toujours les mêmes personnes, bon bah force est de constater que tout cette vieille garde des Heavy metalleux français était toujours présente ce soir là à Vouziers, quelques cheveux gris en plus. Très amusant en tout cas de reconnaître des têtes de personnes que je ne connais pas vraiment et que j'avais vu il y a une décennie ou presque. Heureusement il y avait aussi des plus jeunes, et aussi des filles, et aussi MaxYme qui passait par là avec son attirail de youtubeur, et Farid Medjane en train de causer avec Zouille au milieu de la salle, mais que faisait-il donc là ?

Bon, passons aux groupes. Arrivé trop tard, on manquera le set de TENTATION, dommage j'aurais bien voulu découvrir les Catalans à cette occasion, d'autant qu'ils jouent sur scène ce chef d'oeuvre de PONCE PILATE qu'est "Les Enfants De Balthazar". Tant pis.
On passe donc directement à EXISTANCE, groupe que je ne connaissais que vaguement de nom, et encore. Et ce sont des jeunes au look glameux qui investissent la scène, plein d'enthousiasme. Mais leur musique était moins Glam que leur look, plus accès Heavy traditionnel finalement. Ils vont délivrer un show plein d'énergie, très bien mené, avec un son convenable et un chanteur/guitariste qui ne se ménage pas, doté d'une belle voix capable de monter assez haut dans les aigus. Bon après, on n’a pas vraiment l'impression que le groupe pourra se hisser très haut dans la hiérarchie du Metal français, il leur manque encore des compos vraiment à la hauteur, même si on sent un potentiel tubesque dans l'écriture ("We Are Restless" notamment, qui fera bien participer le public). Pour conclure le set, le groupe va interpréter ce petit chef d'oeuvre d'H-BOMB qu'est "Gwendoline", ça tombe bien, c'est mon titre préféré du groupe de feu Didier Izard... Et pour cause car le chanteur d'EXISTANCE n'est autre que son fils, bel hommage !

Place maintenant à MANIGANCE, et là on entre dans les groupes qui ont une certaine envergure. Hélas, je fais partie de ceux qui ne sont absolument pas convaincus du remplacement de Didier Delsaux par Carinne Pinto. Et mes craintes seront complètement confirmées ce soir là. Pourtant, on sent que Carinne Pinto est à l'aise au sein du groupe, cette nouvelle formation est désormais parfaitement rodée et va délivrer un set musicalement parfaitement exécuté avec une bonne set-list assez orientée oldies, même si l'on regrettera l'absence de claviers (ce qui constitue une régression artistique qui tend à se généraliser chez pas mal de groupes d’ailleurs). Mais je suis désolé, même bien en place, Carine Pinto ça ne le fait pas. Sa voix est bien trop limitée pour réellement donner vie aux compos de MANIGANCE, déjà que les paroles du groupe palois posent souvent problème (syntaxe étrange, sens approximatif), mais interprétées par une chanteuse qui n'aurait sans doute pas sa place dans un groupe de bal pro, ça ne le fait pas du tout. Et visuellement, sa gestuelle n'est pas vraiment non plus très agréable. Pour moi le groupe va droit dans le mur à vouloir persévérer avec cette chanteuse, mais il semble qu'une partie du public ne leur en tienne pas rigueur, tant mieux pour eux.

On relève le niveau ensuite, et pas qu'un peu, avec TITAN. Revoilà nos vétérans du Speed français, totalement ragaillardi, avec un sosie de Dave Mustaine à la basse, et des gratteux et un chanteur qui se sont laissés pousser la barbe, ce qui ne les rajeunit pas mais on s'en fout. Car TITAN va envoyer un set d'un peu plus d'une heure débordant d'énergie, et le tout avec une certaine précision ce qui n'est pas forcément évident lorsque l'on joue ce style sans être pro (ouais car le Speed Metal ça demande quand même beaucoup d'endurance, donc beaucoup d’entraînement et de répétitions). Le set est logiquement composé de morceaux de KILLERS et de TITAN, mais le groupe interprète aussi des nouveaux morceaux qui tiennent la route (mais évidemment sont moins fédérateurs que les vieux classiques), et un "Délire De Mort" dantesque joué pour la deuxième fois seulement. Fabrice Le Calvez est impérial et chante à mon avis peut-être mieux maintenant que dans les 80s (parfois perdre des aigus ça peut être bénéfique). Dommage qu'un problème de guitare viendra un peu gâcher la dynamique du show pendant quelques minutes. Petite surprise pour conclure sur "Maître Du Metal", Fred Leclercq (désormais bassiste de KREATOR) viendra jammer à la gratte avec le groupe, dans la bonne humeur.

Passons ensuite à FREEDOM CALL. On sent de suite la différence : là on a des vrais pros, habitués aux tournées internationales. C'est donc un show parfaitement calibré et exécuté que vont délivrer les Allemands. Après il faut aimer le Power très Happy du groupe. Sur album ça passe à petites doses. Sur scène, ça passe moins bien. Chris Bay ne cessera de causer, causer, toujours causer entre les morceaux. Il parle beaucoup trop et ça en devenait lourdingue. De plus le groupe jouait pour promouvoir son nouvel album et ce dernier met en exergue son title-track moisi (dommage car le reste de l'album n'est pas si mal), donc entendre sans arrêt pendant le concert des « Give me a M, Give me a E, give me a T [...] Metaaaal ! » etc... C'est très pénible à la longue. Dommage car avec moins de blabla et plus de zic le show aurait été plus agréable, car quand le groupe joue, bah il joue bien, très bien. Même si Chris Bay a un look pour jouer dans MANOWAR.

Après les Allemands, les anglais de SATAN. En fait, il n'y pas grand chose à dire des Anglais : ils sont venus en patrons du Heavy de tradition anglaise et ont parfaitement tenu leur rang. Certes Brian Ross ressemble de plus en plus à une vieille sorcière et sa nonchalance habituelle pourrait peut-être en agacer certains, mais vocalement il est toujours aussi impressionnant (il chante exactement comme sur album). Mais surtout il y a Russ Tippins, et là il y du niveau guitaristique !! Un régal que de le voir et de l'entendre jouer en live, tout simplement. Et puis forcément un mec qui joue avec une strat red candy ne peut que être quelqu'un de bon goût, et Steve Ramsey et sa SG rouge n'était pas en reste non plus. Bref, un excellent concert de Heavy Metal tout simplement.

Et enfin, ceux pour qui la majorité du public est venu, le clou du spectacle : SORTILÈGE. J'avais quelques craintes à leur sujet suite à quelques retours mitigés de leur prestation au Pyrenean, contrebalancés par des retours plus enthousiastes pour leur concert marseillais, de quoi être un peu circonspect. Et malheureusement je ressortirai mitigé de ce concert. Les bruits courraient que le groupe ne répétait que peu, et malheureusement cela s’est ressenti fortement sur scène ce soir-là. Bob Snake ayant d'ailleurs quitté le groupe pour des raisons de divergences musicales (et non pas d'argent), qualifiant ses ex-comparses d'amateurs sur Facebook, et il semblerait qu'il y ait peut-être une part de vérité dans tout ça. De plus, ce sera bien Farid Medjane derrière les fûts, voir l'ancien TRUST est pour le moins ironique quand l'on sait les problèmes de batteurs qu'a eu le groupe de Bernie et Nono. SORTILÈGE semble connaître la même chose en alignant ainsi son troisième batteur depuis la reformation, bon depuis, Farid a été officialisé au sein du groupe. Zouille qui n'a plus toutes ses capacités dans les aigus, logique vu son âge, est accompagné au chant de Linda Bastards (FURIES), ce qui est une très bonne idée s'agissant des chœurs et des parties les plus hautes, mais pourquoi lui laisser des couplets entiers que Zouille peut parfaitement chanter alors qu'il est clairement la star de la soirée et que le public est venu pour lui ? Incompréhensible. Musicalement le concert sera parsemé de quelques flottements, Farid Medjane parfois pas dans le bon tempo, Linda en retard sur le second couplet de "D'Ailleurs", un Didier Demajean parfois surmixé ce qui tournera au massacre à l'entame de "Amazone" (le riff originel n'étant interprété que par Bruno Ramos, Dem ne jouant qu'une déclinaison rythmique plus simple, mais on entendait que lui) dommage... Mais surtout, le plus regrettable c'est la courte durée du concert : même pas une heure dix alors qu’il était bien prévu 1h30 sur le papier !! Là ça frise quand même un peu l’arnaque. C’est donc avec un peu d’amertume pour moi que va s’achever ce concert. Certes heureux d’avoir pu enfin voir ce groupe culte, qui délivre toujours de grands moments ("Quand Un Aveugle Rêve" est sublime), mais les concerts de ZOUILLE & HANTSON était clairement mieux maîtrisés. Soulignons tout de même la très bonne prestation de Bruno Ramos à la lead guitare, qui a donc assuré deux concerts dans la journée.

Saluons quoi qu’il en soit la persévérance des organisateurs du festival de Vouziers, qui donnent sans aucun doute tout ce qu’ils peuvent. J’aime le vieux Heavy français, mais le constat de ce genre de fest qui mélange groupes français et internationaux est sans appel : le fossé reste énorme entre le professionnalisme de vieux routards anglais et allemands qui tournent sans cesse, et l’amateurisme français déjà critiqué dans les années 80.


Le 28/02/2020 par FRANTIK

Merci pour cette belle chronique.
Je n'ai jamais autant été en adéquation avec un live report !

TENTATION et EXISTANCE, déjà vu, très bien !

MANIGANCE : incroyable erreur de casting de la chanteuse... À en pleurer tellement j'aime ce groupe. Gestuelle, chant, rien à garder. Mais elle fait tout son possible et c'est ça qui est le plus triste... Persévérer avec elle serait à mon avis une terrible erreur pour ce groupe.

TITAN : vu il y a peu au Rising Fest. Ça avait été une vrai gifle pour moi. Je ne l'ai pas vu venir.
Titres accrocheurs, chanteur puissant et impérial. Mieux qu'à l'époque, c'est fou ! J'ai hâte de les revoir avec leur nouvel album à la prochaine édition. Et "Délire De Mort" était à deux doigts de me faire chialer. Bref, génial.

FREEDOM CALL : Alors j'adore ce groupe que j'ai eu la chance de voir plusieurs fois en concert mais là ça n'est vraiment pas passé. Le chanteur commence à se prendre pour Joey De Maio. La communication c'est bien mais expliquer pendant cinq minutes entre chaque morceau qu'on aime le Metal et que nous sommes une grande famille, à quoi bon... J'ai toujours soupçonné ce groupe de carburer aux extas. À suivre, mais de loin. J'espère qu'il s'agit d'une mauvaise passe.

SATAN : en un mot : Superbe. Les zicos, le chanteur gentleman (j'adore sa façon de parler), tout est parfait. Un très bon set bien énergique.

SORTILÈGE : Alors oui ce groupe fait un peu semi-pro mais difficile d'attendre plus d'un groupe disparu depuis trente ans. Perso j'ai passé un bon moment. La voix de Zouille n'est plus ce qu'elle était mais les compos sont toujours là et franchement j'adore. Carton jaune par contre sur la durée. Pourquoi réduire la durée prévue avec autant de titres accrocheurs dans sa besace. On parle beaucoup d'un retour pour le fric avec ce groupe, j'espère qu'on en est pas là. Ça ne m'empèchera pas de retourner les voir Chez Paulette dans deux semaines !

Un mot sur l'orga pour finir : Top ! Des gens passionnés et investis. Ça transpire la générosité.
Merci à eux et à l'année prochaine, j'ai déjà ma place !


Le 26/02/2020 par VILE

Excellent live report, merci à Dark Schneider et surtout Nightfall pour ce partage!

Question de fan: à quand le live-report du Monsters of Rock 1991 ?



             



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