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KNOTFEST 2019 (Clisson, 44)
Par CHAPOUK et JEFF KANJI le 20 Juin 2019
Publié le 19 Août 2019 Consulté 727 fois

Chapouk Cette année 2019 le Hellfest proposait un before aux plus motivés (et aux plus fortunés aussi…) d'entre nous : le Knotfest !
Ce festoche itinérant monté par SLIPKNOT en 2012 propose sa première édition européenne à Clisson ce 20 Juin 2019 (Corey Taylor nous le répétera d'ailleurs cinquante fois par morceau le soir même). L'affiche est plutôt "Mainstream" mais globalement ça fait plaisir de voir certains noms.
Jeff Kanji L'été sera chaud ! Béni des dieux depuis l'année de la boue qui avait sérieusement secoué le fest en 2007, l'édition 2019 après quelques incertitudes notamment sur le temps du dimanche, a été une édition parfaite d'un point de vue climatique. Nouveauté cette année, le site du festival s'ouvre en partie une journée plus tôt pour accueillir la première édition européenne du Knotfest. Voilà ce qu'il se passe quand on est obligé de signer ses têtes d'affiche assez tôt mais qu'on ne veut pas passer à côté de l'opportunité d'accueillir SLIPKNOT. Ben Barbaud, le président de l'association Hellfest Productions l'a toujours clamé : un festival fait par des fans pour des fans.

SICK OF IT ALL (16h30-19h10)

Affiche qui sans aucun doute valait bien le déplacement ne serait-ce que pour la journée, avec un pass au prix symbolique de 66,6 €. Et quoi de mieux, sous le soleil éclatant aux portes de la Bretagne que la légende du NYHC pour inaugurer la Mainstage 1 (seules les scènes principales seront ouvertes aujourd'hui). Hélas l'affluence pour le Knotfest est conséquente et notre difficulté à nous repérer dans la file d'attente presse sème la confusion chez pas mal de monde et donc forcément… On perd un peu de temps. Nous profiterons avec Chapouk de tout peine vingt minutes de show pendant lesquelles la vitalité des Ricains ne pourra qu'impressionner les metalheads déjà dans la place.


Chapouk C'est donc sur les coups de 16h30 que l'on arrive devant SICK OF IT ALL pour assister… Aux deux derniers morceaux du set ("Scratch The Surface" et "Step Down")… Et merde ! Faut dire que le timing a été serré entre le départ le matin même, l'arrivée dans les bouchons, le temps de déposer les affaires, la queue pour rentrer sur le site, la queue au bar… C'était trop juste… Bon tant pis je me doute que SICK OF IT ALL repassera bien dans les parages, on en profitera à ce moment-là.

AMARANTHE (17h15-17h55)

Go sur la Mainstage 2 pour AMARANTHE. Normalement ce groupe ne m'intéresse pas du tout, mais bon on était accompagné d'une pote qui est ultra fan (puis c'était son premier Knotfest / Hellfest) donc why not ? Puisqu'on est là autant jeter un coup d'œil. Et bien bizarrement c'était pas mal comme expérience ! Beaucoup plus dansant que sur les albums studio et surtout les mecs (et la nana !) étaient très énergiques sur scène, donc je pense que ça a beaucoup joué. Je suis pas devenue ultra fan pour autant mais j'ai été agréablement surprise. Pour la petite anecdote rigolote : au milieu du set ça a été un peu la confusion puisque le groupe entendait dans ses retours les balances de MINISTRY sur la scène d'à côté. Un des chanteurs était bien véner visiblement et nous a demandé de gueuler "Stop fucking playing!" en direction de la mainstage pour appuyer son discours, mais tout s'est arrangé en quelques minutes et le groupe a pu finir normalement.

Jeff Kanji La configuration du jour, à savoir les deux mainstages jouant en alternance, donne la possibilité d'assister à tous les concerts de la journée… Et comment dire… Même si je suis accompagné d'une huge fan des Suédois, je ne pars pas avec un souvenir ému des deux représentations précédentes que j'étais plutôt ravi d'écourter si vous voulez… Voyons donc dans de nouvelles conditions, quelques années plus tard (je les avais vu deux fois sur la tournée "The Nexus"). Le show est déjà balaise, entre projections vidéo (les écrans arborant les fonds de scène sont ahurissants niveau taille), séquences bien pêchues et un line-up généreux avec son public (particulièrement son trio de vocalistes), le groupe se montre pro, soudé et communicatif, même si leur musique ne respire pas la spontanéité. Il se dégage néanmoins une sympathie et une énergie qui alimentent la réputation de très bon groupe de scène d'AMARANTHE.
En revanche, les sons Trance/Dance à outrance, les poses lascives d'Elize Ryd façon gogo-danseuse, c'est juste pas possible. Je sais bien qu'il faut vendre, mais là non, on est à l'opposé de l'esprit Metal, surtout qu'au vu de sa pêche, de sa performance vocale impeccable et de son physique gracieux, elle n'a pas besoin d'aller si loin. D'autant qu'on sent bien que cela est certes très bien exécuté, mais absolument pas naturel. C'est en tout cas mon ressenti. Le pompon intervient quant, à l'issue d'un problème de raccordement les balances vrombissantes de MINISTRY viennent perturber l'écoute des Suédois qui jouent tous équipés de ear-monitors, ces écouteurs qui permettent une écoute ultra confortable et précise mais qui vous coupe du public et de tout retour sonore sur scène autre que la batterie… S'ensuit de longues minutes où les roadies s'affairent pour régler le problème, pendant qu'Elize Ryd tente a cappella le refrain du morceau suivant pour faire participer les fans. Moment gênant car le groupe se retrouve dans l'incapacité totale d'improviser et se raidit, le hurleur du groupe finissant par gueuler dans son micro pour demander que MINISTRY arrête son putain de bruit. La fin de ce set écourté d'un morceau aura indéniablement cassé l'élan d'AMARANTHE qui s'en tire avec les honneurs. C'est divertissant et catchy mais également très "plastoc" avec une DLC courte.


MINISTRY (18h00-18h40)

Les trouble-fêtes menés par Al Jourgensen prennent immédiatement le relais, avec une mise en son aussi chaotique que sa musique. C'est simple, la consigne du tout à fond est appliquée, le système son peinant à tout restituer, l'une des guitares faisant des aller-retours dans les enceintes… Pas si déstabilisant que ça tant les machines et l'imposant mur de son acolyte six-cordiste servent le propos Punk d'un Al Jourgensen qu'on a un peu de mal à croire sobre. La magie (façon de parler) opère pour moi qui gardais un souvenir mitigé de mon dernier concert au son pas terrible mais pas aussi clair qu'aujourd'hui étrangement. Une légende de l'Indus peut être plus au top de son rendement mais qui a apposé sa marque de fabrique à Clisson.
Chapouk MINISTRY j'avais déjà tenté l'expérience live durant l'édition 2017 du Hellfest, mais le son était affreux et j'avais opté pour une pause repas à la place. Du coup j'appréhende un peu cette année et… Rebelote en fait ! Le son est beaucoup trop fort, le volume "saute" sur la façade, c'est peut-être pas pire que 2017 mais c'est pas mieux non plus. Allez ! Allons boire un coup à la place et faire un tour sous le chapiteau qui se dresse devant la Altar et la Temple.

BEHEMOTH (18h45-19h30)
On y fera qu'un court passage (notre pote étant coulrophobe #TrueStoryBro) mais ça nous a quand même laissé le temps de voir, de pas trop loin mais trop près non plus, quelques reliques SLIPKNOT-iennes telles que des combinaisons, des masques, des objets sortant des clips… Et même la basse de Paul Gray ou encore des trucs ayant appartenu à Joey et Chris (fair-play les Knots) !

Retour devant les mainstages pour BEHEMOTH (notre fan d'AMARANTHE tient également à les voir). Show impeccable ! On secoue bien fort la tête sur une setlist best of et on fait plein de triangles avec les doigts pour fêter ça ! Même si on a trouvé qu'ils étaient un peu radins sur les vomitos sanguinolents et que leur heure de passage les desservait un peu sur l'aspect pyrotechnie, c'était quand même bien sympa de voir ou revoir ce groupe !

Setlist BEHEMOTH : "Solve" (intro), "Wolves Ov Siberia", "Ora Pro Nobis Lucifer", "Bartzabel", "Ov Fire And The Void", "Conquer All", "Sabbath Mater", "Blow Your Trumpets Gabriel", "Chant for Eschaton 2000", "Coagvla" (outro)

PAPA ROACH (19h35-20h20)

Là notre groupe commence à se scinder en deux : d'un côté les trois qui veulent aller se placer devant la Mainstage 2 pour POWERWOLF et au passage fusionner avec un autre groupe de copains déjà là-bas. Et de l'autre ma petite personne qui est partagée entre voir PAPA ROACH de pas trop loin et suivre mes amis… Au final j'ai pas vraiment choisi, je me suis mis au milieu des mainstages me rapprochant de l'une ou de l'autre selon mon intérêt pour les titres du groupe. Parce qu'en vrai ce concert c'était un peu l'ascenseur émotionnel, c'était rigolo de demander à mes accompagnateurs si ça leur plaisait car en posant plusieurs fois la question aux mêmes personnes durant le set j'ai eu des réponses totalement différentes selon le morceau qui passait. Le groupe démarre fort avec un enchaînement "Last Resort"/"Blood Brothers" qui fait jumper de partout et puis paf ! Un morceau des derniers skeuds fait son apparition, l'ambiance Neo / Rap Metal s'évanouit d'un coup, écrasée par le côté sucré de ce Pop Metal Electro. S'en suivent deux titres du dernier album (dont le morceau éponyme) et bizarrement on commence presque à s'y faire ! C'est dansant et si sur album c'est pas transcendant, en live c'est bien sympa en fait ! Faut dire depuis le début Jacoby Shaddix saute partout, discute avec le public entre les morceaux et communique son énergie à celui-ci (qui lui le rend bien d'ailleurs). Et puis "Between Angels And Insects" fait son apparition et vient déchaîner les passions ! Et étonnamment "Elevate", lui aussi issu de "Who Do You Trust?" et qui est le titre suivant, continue d'enthousiasmer le public ! À partir de là je crois que même ceux qui avaient du mal à supporter au début en avait au pire rien à foutre et au mieux s'étaient laissés prendre au jeu. Du coup le reste du set composé uniquement de morceaux sortis après "Infest" est quand même globalement bien passé, la petite reprise complètement survoltée de "Firestarter" de PRODIGY ayant bien aidé à défouler tout le monde avant les deux derniers titres issus de " Getting Away With Murder".

Jeff Kanji L'une des meilleures surprises de la journée va indéniablement venir de PAPA ROACH qui, fort d'une activité dense depuis quelques années, et d'une musique qui hésite entre retour sur des racines Punk et volonté de marier son Metal aux sonorités actuelles, va sortir le grand jeu et prendre des risques aussi. En envoyant dès l'ouverture son plus gros classique "Last Resort" le pari semble risqué, mais il est l'occasion pour Jacoby Shaddix de se mettre le public dans la poche, d'autant que SLIPKNOT organisant l'évènement, il y a fort à parier que les amateurs de Neo sont dans la place. Alternant ensuite avec un dynamisme et une bonne humeur communicative toutes les facettes de son registre, PAPA ROACH pêche bien entendu sur les morceaux les plus ouvertement actuels d'un point de vue sonore, sur lequel il n'est pas nécessairement le plus inspiré d'ailleurs, mais propose pour le coup un set bien articulé et qui sait trouver son public. À défaut d'être fan de PAPA ROACH, on ne pourra que tirer notre chapeau à cette prestation de qualité.

Setlist PAPA ROACH : "Last Resort", "Blood Brothers", "Help", "Feel Like Home", "Who Do You Trust ?", "Between Angels And Insects", "Elevate", "Not the Only One", "Scars", "Born for Greatness", "Firestarter", "Getting Away With Murder", "...To Be Loved"

POWERWOLF (20h25-21h10)

Mais bon, vous me connaissez, je suis déjà en place dans les premiers rangs, vite rejoint par une Chapouk sautillante et ma pote Mag (qui couvre le Wacken pour moi depuis quelques années), pour assister à la Messe de Metal ! Attila Dorn est un frontman fabuleux même si quiconque a déjà vu plus d'une fois les Allemands en concert, aura remarqué que les ficelles sont toujours un peu les mêmes et que POWERWOLF manque un peu de renouvellement à ce niveau. Là où il n'en manque pas (de renouvellement), c'est au niveau scénique, les claviers de Falk Maria prenant à peu de choses près autant de place que la batterie sur les hauteurs, laissant les Greywolf croiser le fer énergiquement entre deux tirs de flammes et aller-retours de son vocaliste face aux premiers rangs. POWERWOLF n'a que peu de temps pour faire ses preuves (même si une bonne partie de la fosse est déjà largement acquise à sa cause) et propose ainsi un set calibré sur sa setlist de tournée (dommage pour qui les a déjà vu plus tôt, c'est le cas d'une de nos potes… Oui la fan d'AMARANTHE) amputée correctement, plusieurs gros classiques de la bande manquant à l'appel, "Resurrection By Erection" étant le grand absent selon moi. POWERWOLF en live, c'est vraiment de qualitay, même si le côté machine allemande bien huilée apparaît un peu trop à mon goût, les interactions créées par Attila Dorn (qui s'exprime dans un français correct pendant quasi tout le show bravo !) sauvant la mise.
Chapouk Petit pivot sur la gauche pour se retrouver face à la Mainstage 2 pile au bon moment pour voir un joli bureau de Mac projeté sur les écrans géants… Oups ! On va encore blâmer le stagiaire qui est pas au point avec la vidéo… Après une panique totale du mec qui tenait la souris le fond scène apparaît ainsi que les mecs de POWERWOLF qui attaquent avec "Fire And Forgive". L'ambiance est rigolote, bon enfant, ça saute partout, ça chante, ça tape dans les mains, ah ça slame aussi tiens ! Attila est jovial, toujours très bon communicatif avec le public. Il se foutra bien de notre gueule d'ailleurs quand un peu dissipé on répondra avec un "OUH !" bien franc à son propre "OUH !" (auquel on devait normalement répondre par "AH !", comme il l'avait demandé au départ) juste avant de lancer "Werewolves Of Armenia". Et bien sûr le tubesque "We Drink Your Blood" vient clôturer un set qu'on a pas vu passer !


ROB ZOMBIE (21h15-22h15)

ROB ZOMBIE enchaîne tout de suite sur la Mainstage 1 mais on sacrifie une bonne partie de son set pour aller chercher un petit quelque chose à grignoter. De ce que j'ai pu voir ça avait l'air d'être encore un gros show à la ricaine (lol il en profitera même pour faire la pub de son prochain film "3 From Hell" en passant le trailer), John 5 était là et j'ai entendu des classiques ("Superbeast", "Dragula", "Living Dead Girl"), deux tubes de WHITE ZOMBIE ("Thunder Kiss '65", "More Human Than Human"), des reprises ("Helter Skelter", "Blitzkrieg Bop") et même "House Of The 1000 Corpses" ! Une setlist pot-pourri / best of qui même entendue de loin faisait plaisir ! J'imagine que devant avec tous les jeux de lumière et jeux de scène ça devait être encore mieux.
Jeff Kanji Désolé Rob, même si tes visuels sont toujours aussi soignés et qu'un "Living Dead Girl" ou un "Dragula" sont toujours aussi jouissifs, et que les œillades du côté de WHITE ZOMBIE nous rappellent que t'as une sacrée carrière derrière toi, et qu'objectivement on est deux crans au-dessus de MINISTRY niveau prestation scénique (comment ne pas y parvenir quand on a un John 5 dans son équipe), il faut bien manger ! C'est que nous sommes partis depuis 7h du mat' nous !

Setlist ROB ZOMBIE "Meet the Creeper", "Superbeast", "Living Dead Girl", "More Human Than Human", "In the Age Of The Consecrated Vampire We All Get High", "Dead City Radio And The New Gods Of Supertown", "Helter Skelter", "Get Your Boots On ! That's The End Of Rock and Roll", "Well, Everybody's Fucking in a U.F.O.", "House Of 1000 Corpses", "Thunder Kiss '65", "Blitzkrieg Bop", "Dragula"

AMON AMARTH (22h20-23h20)

Le battage médiatique autour d'AMON AMARTH m'a quelque peu détourné du groupe je dois dire, tant le folklore qui l'entoure semble aux yeux de beaucoup avoir pris le pas sur sa musique. Il faut dire que "Surtur Rising" n'apportait guère d'eau au moulin, et que "Deceiver Of Gods" m'en a touché une sans faire bouger l'autre (et le dernier ne fait guère mieux). Si bien que je ne sais pas à quoi m'attendre… Et AMON AMARTH, qui profite de la nuit tombante et de jeux de lumière soignés, va vite me rappeler qu'il est une référence en live. Setlist équilibrée, jeu de scène toujours aussi démonstratif, avec force drakkars et guerriers, pyrotechnie au poil, sympathie évidente d'un Johann Hegg qu'on a néanmoins un peu de mal à ne pas trouver cliché dans ses interventions parfois, alors même qu'il peut, quand il se laisse aller à la spontanéité, monter ce qu'est un véritable frontman. Et puis certains passages obligés font un peu sourire après vingt ans de carrière, comme la traditionnelle descente de bière dans une corne, que j'ai bien eu du mal à prendre pour de la bière en gros plan sur les écrans géants. Les références du groupe ont un poil bougé avec les albums s'accumulant, de même que sa fan-base, mais AMON AMARTH ça reste très costaud en live et je me suis éclaté.


SLIPKNOT (23h25-00h55)

Chapouk Personnellement je zapperai AMON AMARTH pour recharger un peu les batteries et aller me placer bien dans la zone où je suppose que ce sera le bordel devant SLIPKNOT. Et j'ai eu raison, car pendant que je me faufilais tranquillement entre les gens, j'entends tout à coup de vieux sons qui font écho à mes oreilles et me ramènent tout de suite à mes onze ans. Mais ? Serait-ce "(515)" ? L'intro de "Iowa" ? Ces hurlements et inspirations d'asthmatiques me le confirment tout de suite. Oh putain mais alors ça signifie que normalement après c'est… Vite ! Courons ! Je me faufile le plus vite possible dans le pit et j'entends "People=Shit" démarrer comme prévu ! Yahou ! Ça pouvait pas mieux commencer ! Inutile de vous dire qu'on devient tous débiles, surtout avec l'enchaînement sur "(Sic)" et "Get This". Morceau au cours duquel Corey s'arrêtera pour demander à ce qu'on relève le mec qui était tombé et lui demandera si tout va bien. Ce à quoi la personne répondra par un pouce levé et Corey reprendra le fil. Par contre le single du nouvel album, "Unsainted", a complètement cassé l'ambiance, faisant drastiquement retomber la pression. Du coup j'en ai profité pour regarder un peu plus ce qui se passait sur scène. Ah tiens ils ont volé la scène de RAMMSTEIN ? Bon c'est minimaliste mais les jeux de lumière sont jolis, le tapis roulant amuse bien Sid, les kits de percus sont agencés de façon ingénieuse et permettent à Shawn de passer d'un côté à l'autre facilement. Mais par contre les nouveaux masques sont vraiment pas fous, ils sont communs, ont perdu tout le côté glauque qu'ils pouvaient avoir auparavant et pour certains font vraiment "plastique". Je suis tirée de mes pensées quand retentit "Disasterpiece" et je re-pose mon cerveau dans un coin pour headbanguer comme une furieuse. Les morceaux des trois premiers albums s’enchaînent (j'aurais même le plaisir d'entendre "Prosthetics") entrecoupés seulement par "Psychosocial" et les deux tubes du "Gray Chapter". Le groupe choisit de terminer sa première partie de set sur deux morceaux plutôt moyens et disparaît.
Puis les mecs reviennent, Corey nous dit pour la énième fois qu'on entre dans l'histoire ce soir avec la première édition du Knotfest en Europe (motherfuckers), qu'il est content d'être là (motherfuckers), qu'on est complètement crazy (motherfuckers) et que maintenant ça va chier (motherfuckers). Et en effet ils achèvent le public en assénant "Spit It Out" où on aura droit au fameux passage "jump the fuck up" toujours impressionnant quand il y a un peu de monde qui joue le jeu et à un "Surfacing" contractuel qui met une dernière baffe à tout le monde avant de partir. Dans l'ensemble c'était vraiment cool de revoir les KNOTS mais j'avais clairement préféré les voir en salle. Là le côté mécanique que peut avoir une machine bien huilée comme ce groupe se faisait un peu trop sentir et quand la setlist était pas à mon goût je le remarquais beaucoup plus.

Jeff Kanji Et là gros morceau forcément… SLIPKNOT est en tête d'affiche de son propre fest et il compte mettre tout le monde d'accord dès le premier titre. Et ils rigolent pas dans l'Iowa, c'est avec "People=Shit" qu'on se fait ravager la tronche d'emblée, avec son refrain de décérébré qui fait gueuler la foule du Knotfest tel un troupeau de gorets affamés. Scène ultra chiadée, avec les tapis roulants volés à RAMMSTEIN sur lequel Sid va et vient, quand ce n'est pas Shawn le clown qui vient terroriser les coulrophobes. La section rythmique est prodigieuse, ayant gagné en groove et en impact ce qu'elle a un peu perdu en brutalité depuis le départ de Joey Jordison. Mais les yeux sont rivés sur Corey Taylor, qui je trouve, mais c'est un peu inévitable quand on entretient ce niveau de popularité mainstream, en fait franchement des caisses, soignant sa réputation de gossebeau cool (bon même si avec le masque c'est pas flagrant), ne collant pas franchement au discours musical haineux et cathartique du groupe, dont c'est la principale force. Néanmoins c'est de la grosse machine même si le milieu de set marque un réel coup de mou, avec la livraison de "Unsainted" premier extrait du nouvel album (pas encore sorti à cette période) et le passage obligé par le débilifiant "Psychosocial". Le concert ne semble pas finir, le temps de jeu de SABATON s'en trouvera affecté, mais SLIPKNOT est le boss et il s'en cogne. Puisant majoritairement sur ses deux premiers opus et l'ébouriffant "Gray Chapter", SLIPKNOT sait viser juste et son public repart sur les rotules mais ravi. Je ne les avais plus vus depuis leur première partie de METALLICA au Parc des Princes en 2004, et le chaos de l'époque m'avait davantage marqué. Néanmoins SLIPKNOT est une grosse machine qui vaut le coup.

Setlist SLIPKNOT "(515)" (intro), "People = Shit", "(Sic)", "Get This", "Unsainted", "Disasterpiece", "Before I Forget", "The Heretic Anthem", "Psychosocial", "The Devil in I","Prosthetics", "Vermilion", "Custer", "Sulfur", "All Out Life", "Duality", "Spit It Out", "Surfacing", "'Til We Die" (outro)

SABATON (01h00-02h00)

Mais bordel, j'attends SABATON depuis trop longtemps, et la fatigue de la route me gagne… Et pourtant comme à son habitude le charme opère d'entrée, les Suédois agitent leurs longues crinières, le riff marteau-piqueur de "Ghost Division" fait son travail de sape et l'énergie scénique est communicative. Pourtant je trouve le public moins engagé dans le combat que lors du dernier passage au Hellfest du groupe. Entre-deux qui va se confirmer à travers la prestation honnête de Joakim Brodén qui semble dans la gestion la plupart du temps, accentuant l'impression que SABATON est devenue une grosse machine où la place à l'improvisation est quasi nulle. On comprendra le lendemain que le frontman perdait sa voix, et on peut se réjouir qu'il ait tenu bon malgré tout, l'arrivée d'une dizaine de choristes en uniformes de tous pays renforçant la puissance évocatrice de certains titres, notamment "The Price Of A Mile" qui s'affirme comme l'un de mes titres favoris du groupe. Setlist garnie de surprises, notamment le majestueux "Bismarck" avec ses vidéos géantes et le single du futur "Great War", "Fields Of Verdun" qui ne peut que recevoir un écho positif sur notre territoire. Carré et puissant, SABATON n'aura pas failli à sa réputation, même si j'en viens à regretter l'époque où il ne pouvait compter que sur le 100% live de l'ère "Art Of War", les chœurs samplés me posant de gros problèmes, sachant que cet aspect déterminant de la musique du groupe savait très bien se passer de ces artifices sur la tournée "Carolus Rex". On ne le sait pas encore, mais le public de Clisson n'en a pas encore fini avec les Suédois qui ont explosé leur temps de jeu ce soir, laissant les festivaliers repartir avec la banane, les "oh oh oh" de "Swedish Pagans" étant encore scandés par les gorges de festivaliers heureux s'en retournant vers le camping.


SABATON setlist "Ghost Division" - "Winged Hussars" - "Resist And Bite" - "Fields Of Verdun" - "The Price Of A Mile" - "Shiroyama" - "Bismarck" - "The Lion From The North" - Carolus Rex" - "Night WItches" - The Lost Battalion" - "The Last Stand" - "Primo Victoria" - "Swedish Pagans" - "To Hell And Back"

Chapouk Je m'extirpe de la foule et vais me poser tranquilou contre des barrières pour récupérer après cette boucherie. Je regarderai le set de SABATON de loin en attendant les copains qui ont profité du show précédent pour aller se placer devant, reviennent.
Du coup bilan de ce before du Hellfest, ou premier Knotfest en Europe (motherfuckers) : comme l'affiche le laissait présager on trouvait un peu de tout pour toutes les oreilles (dans la catégorie Mainstream quand même pour rappel) et globalement j'ai bien kiffé ! Même si j'avais déjà vu pas mal de groupes qui étaient présents sur l'affiche (ou alors que je m'en tapais complet de certains), c'était quand même agréable de les revoir sur un site aussi sympa que celui du Hellfest et puis ça m'aura permis de voir PAPA ROACH et d'être agréablement surprise par leur performance, alors c'est cool !
Jeff Kanji Une édition du Knotfest réussie sans aucun doute, même si notre heure d'arrivée nous aura fait manquer une bonne partie de SICK OF IT ALL qui a cartonné en lever de rideau, mais les choses sérieuses commenceront dès le lendemain avec hélas une mauvaise nouvelle du matin…



             



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