Recherche avancée       Liste groupes



    

7 Albums pour tes funérailles, par ANGELLORE
Par VOLTHORD le 21 Février 2013 Consulté 4577 fois

VOLTHORD : Si opérer dans un groupe de Doom est certainement un élément clé à ajouter sur son CV pour devenir fossoyeur, avoir une connaissance approfondie de la musique ténébreuse pour ballades du dimanche entre les pierres de marbre n’est pas non plus négligeable. Et c’est dire, les trois lurons d’ANGELLORE, non content d’avoir sorti un excellent premier album (et NON, je ne dis pas ça par pur copinage, écoutez-le !), sont également chroniqueurs : Walran prête sa plume à Rock Hard, Rosarius opère dans l’ombre chez Obskure (et il n’est autre que notre Orphanage de Nightfall, ne l’oubliez pas !). Quant à Ronnie, il est éduqué et sait correctement formuler des phrases, ce qui est déjà pas mal pour un batteur (blague à part, le bonhomme a quand même opéré chez nos collègues des Eternels).

Après avoir posé devant un bâtiment de pompes funèbres municipales pour leur photo promo, le groupe ANGELLORE s’accapare la rubrique des sept-listes pour partager sa passion funeste, et si possible vous donner envie de creuser votre connaissance du Doom tel un fossoyeur ne sachant pas par quel coin de cimetière commencer. Si le froid et la pluie vous inspirent une petite communion avec le morts, voici 7 albums parfaits pour quelques symboliques funérailles, et pour revenir également sur les influences de ce groupe fort sympathique.


DARK SANCTUARY
De Lumière Et D'obscurité
1 - De Lumières Et D’obscurité

ROSARIUS : J’ai beau reconnaître les excès qui marquent la discographie de DARK SANCTUARY, hyperbole funéraire, ténèbres abusives et froufrouteuses, tout ce que vous voudrez, je les aime. Et plus encore quand ils sont "De Lumières Et D’obscurité", pour moi leur plus belle réussite. C’est un plaisir certain de pouvoir à nouveau parler de cet album, que j’ai pourtant chroniqué longuement sur NIME il y a... Seigneur ! Presque six ans ! Je ne me lasse pas du charme et de la tristesse de ce somptueux memento mori dark atmosphérique. Valeur affective ? Peut-être, et peu importe. J’écouterai toujours cet album, peuplé d’anges en larmes et d’austérités tombales, avec le même abandon ; je lui trouverai toujours la même magie, la même grâce mortifère.


ESTATIC FEAR
A Sombre Dance
2 - A Sombre Dance

RONNIE : Matthias où es-tu ? Peut-on t'invoquer d'une quelconque façon ? L'homme a disparu dans la nature, non sans laisser une pierre angulaire (voire deux si l’on compte le premier album) du Doom/Black/Goth. Le "Beauty And The Beast » saupoudré de Black. J'ai du mal à trouver les mots tellement la synthèse et l'équilibre des trois styles évoqués plus haut frôlent la perfection. La tristesse et la mélancolie sont palpables tout au long de l'écoute de cet opus. La dualité des riffs, des voix et des mélodies ne font que mettre en valeur la sensibilité de l'œuvre. Ce moment où l'on se sent bien dans la tristesse, où le sourire revient malgré la vive émotion.
Les bouquins d'histoire devraient être revus. Selon la légende un certain Matthias Kogler aurait déclaré à juste titre : Veni vidi vici.


MY DYING BRIDE
Turn Loose The Swans
3 - Turn Loose The Swans

RONNIE : D.É.P.R.I.M.E. de l'hiver anglais. Voix possédées, violons touchants à souhait, pluie de riffs parfaits, batterie équilibrée, tout est excellemment dosé et l'ensemble est empaqueté dans un mix des plus parfaits que j’aie jamais entendus, et qui rend réellement justice à ce style. L'ensemble respire, et l'émotion des musiciens est physiquement palpable à chaque écoute.
Certes, il est difficile de choisir un album de MDB, mais celui-ci est celui qui, dans la discographie du groupe, nous inspire le plus ; l'album absolu et accompli de Doom/Death/Goth aux accents de gentlemen British. La grande classe tout simplement. L'énergie générale connote un doux écrin de dépression dans lequel on a envie de se blottir… tout en se sentant relativement mal à l'aise. Le syndrome de Stockholm, assurément.


PANTHEIST
O Solitude
4 - O Solitude

WALRAN : Impossible, au moment de constituer une sélection pour des funérailles, d’oublier les Belges de PANTHEIST, dont les premiers opus s’avèrent d’étonnants mais superbes recueils d’atmosphères solennelles et chagrineuses. Si "Amartia" fait preuve de plus de maîtrise et pousse plus loin la dimension religieuse du groupe, "O Solitude" possède une ambiance particulièrement personnelle et évocatrice. En dépit de quelques petites maladresses, difficile de rester de marbre (comme les pierres de nos dernières demeures !) à l’écoute des arrangements de contrebasse de l’inquiétant titre éponyme, du piano de "Envy Us" (qui se fonde sur l’opus 24 de Chopin) ou des mélodies de clavier, de chant et de guitare acoustique du majestueux "Don’t Mourn", pièce maîtresse de cet opus aux teintes grisâtres. Aucun regret : ne nous pleurez pas…


SATURNUS
Veronika Decides To Die
5 - Veronika Decides To Die

WALRAN : En plus d’être l’album qui a permis la rencontre entre Rosarius et moi, et par extension la naissance d’ANGELLORE, "Veronika Decides To Die" s’est vite révélé comme l’un des plus beaux albums de Doom Mélodique de tous les temps, rien de moins. Dès la sortie de "Paradise Belongs To You" en 1996, SATURNUS s’élevait au rang d’intouchable grâce à son identité sonore proprement unique. " Veronika Decides To Die " va plus loin encore et se montre à ce jour comme la plus noble illustration du talent du groupe, qui excelle dans la création de leads de guitares d’une beauté désarmante et d’une mélancolie incroyablement profonde. SATURNUS, ou l’art du solo larmoyant porté à son paroxysme. À la fois plombé et élégiaque, incroyablement inspiré, empli d’une véritable force et d’un pouvoir addictif sans précédent, " Veronika Decides To Die " est l’un des disques les plus importants de nos existences. En somme, le compagnon idéal pour recueillir notre dernier souffle.


SHAPE OF DESPAIR
Angels Of Distress
6 - Angels of Distress

ROSARIUS : "Angels of Distress" représente ma véritable entrée dans le monde du Doom. Pour moi, à l’époque, ce n’était pas CANDLEMASS, ni SOLITUDE AETERNUS, ni REVEREND BIZARRE. Tout ça, c’est venu plus tard. Avec SHAPE OF DESPAIR, j’ai associé le Doom au lyrisme des claviers, à l’humeur froide, à cette manière d’écrire les mélodies comme on écrirait des élégies. Une expérience profondément sensorielle, une porte ouverte sur le monde de la mort ; voilà ce qu’a été, pour moi la découverte de cet époustouflant album. Le thème du morceau titre est un diamant. La partie centrale de "…To Live For My Death…" – joyau suprême – ne m’arrachera jamais rien d’autre que de purs sanglots. Même l’inaugural "Fallen", roche grise, regard détruit, déjà un adieu quand tout devait commencer, me cloue sur place. Un album de mort et de renaissance, séminal dans mon imaginaire personnel, et donc, par extension, dans celui d’ANGELLORE.


TRISTANIA
Widow's Weeds
7 - Widow’s Weeds

ROSARIUS : Le groupe et l’album auxquels ANGELLORE doit son nom. Bien plus que son nom, même ; on a voulu lui emprunter sa sensibilité chair pâle et velours noir ; sa parfaite élégance, son extraordinaire force visuelle. Tout est si grand, dans ce monde endeuillé, tout est si beau et si triste… Morten Veland au sommet de son art, Vibeke comme un spectre affligé, perdu sous les voûtes de ce metal architectural, d’onyx et de cristal. "Evenfall", "Midwintertears", "December Elegy", "Angellore", sont des pierres précieuses, dont le temps n’a fait que décupler l’incommensurable éclat. TRISTANIA n’a pas manqué de réitérer ses premiers exploits, par la suite ; mais "Widow’s Weeds", apex funéraire, tout en grâce, passion et détresse, est dans nos cœurs son plus beau mariage du ciel et de l’enfer. À la mesure du poème de Blake ? Qui sait…

VOLTHORD : Avant de fermer le rideau et de vous laisser vaquer à vos obscures occupations (qui je l’espère, incluent l’achat ou l’écoute des albums cités en haut), je vous rappelle une dernière fois que la sortie ‘physique’ d’ "Errances" se fera le 18 mars 2013 : vous êtes prévenus !

Le 24/02/2013 par KINGKILLING

Un gros merci pour ce top, Volthord (et ANGELLORE) !
Moi qui cherchait un bon truc dépressif (c'est toujours l'hiver quand même), je suis gâté. Très bonne découverte que ce "A Sombre Dance" d'ESTATIC FEAR ! Les parties acoustiques sont très jolies.

En espérant avoir un prochain top "spécial été"... "7 albums pour serrer de la gonzesse" par exemple.



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod